Étienne Lavoie

Le psychologue Étienne Lavoie restera détenu

Avec 14 accusations liées au proxénétisme et à des délits sexuels concernant trois victimes alléguées qui pèsent contre lui, le psychologue sherbrookois Étienne Lavoie devra rester détenu pour la durée des procédures judiciaires.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a rendu sa décision, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

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« Vous faites face à de nombreux chefs d’accusation. L’enquête policière évolue de jour en jour. Les accusations les plus graves concernent trois plaignantes », a signalé le juge Chapdelaine qui ne se base que sur les accusations déjà portées pour rendre sa décision.

L’homme de 47 ans, qui réside à Sainte-Catherine-de-Hatley, est accusé de proxénétisme, d’agression sexuelle, d’agression sexuelle armée, de trafic de stupéfiants, d’avoir obtenu des avantages matériels provenant de service sexuel, d’avoir fait de la publicité de services sexuels, de distribution d’images intimes sans consentement, de menaces de mort et de voies de fait.

Lavoie aurait fait trois victimes, des femmes majeures et vulnérables, entre janvier 2018 et février 2019, et certains crimes auraient été commis sur son lieu de travail.

Six nouvelles victimes se sont manifestées au Service de police de Sherbrooke depuis le dépôt des accusations.

Le juge estime que la détention de Lavoie est nécessaire tant pour la protection du public, des victimes et pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice étant donné qu’il s’agit de victimes vulnérables.

Le juge a rappelé que l’enquête concernant Lavoie avait commencé en septembre 2018.

Lavoie a été arrêté une première fois en janvier 2019, mais l’examen de la preuve a permis de le relier à la prostitution et la consommation de crack.

Des crimes concernant deux autres victimes ont alors été autorisés.

Victimes vulnérables

Le juge a noté la vulnérabilité des victimes alléguées de Lavoie.

« L’utilisation de votre statut de psychologue ajoute à la gravité des crimes qu’on vous reproche. Vous consommez des drogues depuis l’âge de 17 ans avec certaines périodes d’abstinence », signale le juge Chapdelaine.

Le juge a noté les antécédents judiciaires de Lavoie, dont une période d’incarcération en 2017, et les manquements à sa probation. Il a noté que Lavoie avait été surpris à consommer du crack avec des résidents à la maison ReNasci d’East Angus, où il était directeur clinique en 2015.

Lavoie a été vu à plusieurs endroits liés à la prostitution et à la consommation de drogue à Sherbrooke au cours des deux dernières années.

« Les crimes qu’on vous reproche constituent de l’abus envers des personnes vulnérables impliquant de la domination tant sexuelle, physique que psychologique envers celles-ci », indique le juge Chapdelaine.

Le juge rappelle que la seule garantie que Lavoie offrait était sa parole de se rendre en thérapie externe.

« Il ne s’agit pas d’une garantie sérieuse vu votre comportement malhonnête au cours des deux dernières années. Vous avez fait preuve de mépris des règles tant judiciaires que sociales. Malgré votre capacité et vos talents, vous vous êtes enfoncés. Votre dangerosité va bien au-delà de vos problèmes de dépendance », estime le juge Chapdelaine.

Malgré sa détention, des conditions ont été imposées à Étienne Lavoie.

Il ne pourra communiquer avec les victimes alléguées de même que les six nouvelles plaignantes.

Étienne Lavoie prendra position dans son dossier le 5 avril.

Me Christian Raymond défend l’accusé, alors que Me Marie-Ève Phaneuf représente le ministère public.

La semaine dernière, Lavoie a été suspendu par l’Ordre des psychologues du Québec. Cette suspension renouvelable est effective pour une durée de 120 jours.