La Grande cheffe du conseil tribal de la nation algonquine anishinhabe, Verna Polson

Le prochain Sommet des Premières Nations sera à Gatineau

Après Montréal, en 2018, et Wendake, à Québec, l’an passé, Gatineau a été nommé comme hôte du 3e Sommet des Premières Nations et des municipalités sur la réconciliation en août prochain. L’information a été confirmée au Droit par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

L’événement a attiré plus d’une centaine de personnes lors des deux premiers sommets. Des maires et conseillers municipaux de plusieurs dizaines de villes de la province et des chefs de plusieurs nations autochtones ont participé. Le sommet de Wendake, en août dernier, avait donné lieu à la réconciliation entre le maire d’Oka, Pascal Quevillon, et le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, alors que les deux hommes étaient publiquement à couteaux tirés depuis plusieurs mois. 

« Les deux premiers sommets ont très bien fonctionné, ils ont donné lieu à des discussions très constructives, franches et ouvertes sur les enjeux qui touchent les communautés autochtones et les municipalités, a affirmé Patrick Lemieux, porte-parole de l’UQM. Le 3e sommet aura lieu à Gatineau. »

Questionnée à ce sujet, l’attachée de presse du maire, Laurence Gillot, a indiqué que « des approches sont en cours avec les acteurs concernés », sans toutefois confirmer la tenue du 3e sommet en sol gatinois. Elle a ajouté que le maire n’accorderait pas d’entrevue à ce sujet parce qu’il n’avait pas suffisamment de détails. À l’issue du dernier sommet, la Grande cheffe du conseil tribal de la nation algonquine anishinhabe, Verna Polson, et le maire Pedneaud-Jobin, en concertation avec Kitigan Zibi, ont proposé la candidature de Gatineau pour accueillir le 3e sommet. 

En 2016, un peu plus de 10 000 personnes autochtones habitaient à Gatineau, soit 3,8 % de la population, un des taux les plus élevés parmi les grandes villes du Québec. Depuis 2014, Gatineau entretient des relations officielles avec la communauté algonquine de Kitigan Zibi et le Conseil tribal de la nation algonquine anishinhabe. De cette relation est notamment née la Place Abinan réalisée sur un site archéologique aux abords de la rue Jacques-Cartier. 

En revenant du premier sommet, en 2018, le maire Maxime Pedneaud-Jobin avait affirmé que « Gatineau est une des villes au Québec avec la plus grande population autochtone, et cela vient avec une responsabilité de mieux se connaître et de pouvoir mettre en valeur cette présence et son histoire ». 

Enjeux

Les deux premiers sommets ont donné lieu à des échanges sur des enjeux comme la jeunesse, la main-d’œuvre, le logement et la promotion culturelle. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait affirmé, en 2018, qu’il était temps que les actions symboliques mènent à des gestes concrets en employabilité des travailleurs autochtones, en habitation, en programme de lutte à l’itinérance et à des outils permettant aux communautés autochtones qui s’établissent ne milieu urbain de participer pleinement à la vie collective. Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, avait pour sa part déploré le manque d’action pour améliorer l’employabilité de la population active autochtone alors que le Québec vit une grave pénurie de main-d’œuvre.