La différence entre les prix de l’essence et du diesel ne cesse d’augmenter, à Saguenay. Le prix de l’essence connaît une baisse depuis plusieurs semaines, tandis que celui du diesel stagne.­

Le prix du diesel fait des mécontents

Alors que plusieurs se réjouissent de la baisse du prix de l’essence, de nombreux camionneurs sont déçus de voir que le diesel ne suit pas cette tendance et continue d’augmenter son écart avec le carburant ordinaire. La demande plus forte, en automne et en hiver, ainsi que la moins grande popularité du produit expliquerait l’importante différence entre les deux prix.

Vendredi soir, le prix de l’essence ordinaire était à 111,4 ¢/litre, à Saguenay, comparativement au prix du diesel qui est de 130,9 ¢/litre.

Selon le site de la Régie de l’énergie du gouvernement du Québec, depuis la semaine du 29 octobre, le prix de l’essence ordinaire est passé en moyenne dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean de 123,3 ¢/litre à 115,5 ¢/litre, pour la semaine du 19 novembre.

Depuis ce jour, il a poursuivi sa descente. Pour ce qui est du prix moyen du diesel dans la région, il a commencé à 133,4 ¢/litre dans la semaine du 29 octobre, pour se rendre jusqu’à 133,1 ¢/litre quatre semaines plus tard.

C’est ce qui a fâché plusieurs camionneurs qui doivent continuer à débourser des montants élevés alors qu’ils voient que le prix de l’essence, lui, continuer de baisser.

Plusieurs explications

CAA-Québec tient à jour des registres sur les prix de l’essence partout au Québec afin de conseiller les consommateurs. Le conseiller en communication chez CAA-Québec, Pierre-Olivier Fortin, a expliqué les raisons de cet écart dans un entretien téléphonique avec Le Progrès. « Il est important de savoir que ce sont plusieurs mécanismes qui régissent les prix de l’essence et du diesel et qu’ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon », a souligné le responsable des communications.

Selon ses observations, l’écart entre les prix de l’essence ordinaire et celui du diesel est souvent plus grand à l’automne et à l’hiver. Quand la demande devient plus forte, cela cause une rareté sur le marché et fait augmenter les prix. « À l’automne, c’est une période très active chez les agriculteurs, qui utilisent du diesel. Pour l’hiver, puisque le diesel est très proche de l’huile à chauffage, les températures froides font augmenter la demande », a expliqué le conseiller.

Mais ce n’est pas la seule raison. Il y aurait aussi moins de compétition chez les détaillants, pour ce qui est du diesel, comparativement à l’essence ordinaire. Puisque c’est un produit qui est moins en demande, les stations-service ne se font pas concurrence, donc une variation n’est pas notée sur les prix.

Aussi, les détaillants, puisque c’est un produit qui se vend moins, remplissent moins souvent leur réservoir à diesel que leur réservoir à essence. « Certains dépanneurs remplissent leurs pompes deux fois par année, par exemple, et mettent le prix en fonction du moment où ils l’ont acheté. Les prix varient donc moins que ceux de l’essence », a terminé le responsable des communications.