Louis Maltais, le premier homme sage-femme au Québec, a reçu son diplôme des mains du recteur, Daniel McMahon.

Le premier homme sage-femme diplômé

TROIS-RIVIÈRES — C’était jour de fête, vendredi à l’Université du Québec à Trois-Rivières, pour des centaines d’étudiants qui prenaient part à l’une ou l’autre des cérémonies de collation des grades. Des 2449 étudiants ayant complété avec succès un programme d’études cette année, 1147 avaient accepté l’invitation de l’UQTR à cette cérémonie haute en émotions, qui aura permis de mettre en lumière les efforts de chacun pour compléter un parcours universitaire, parfois en faisant tomber de nombreuses barrières.

C’est le cas de Louis Maltais, qui est devenu, vendredi matin, le premier homme au Québec à diplômer du programme de pratique sage-femme. Le parcours scolaire peu commun de ce jeune homme fera d’ailleurs l’objet d’un documentaire télévisé qui sera présenté l’automne prochain.

«Tout le long (de mon parcours scolaire), on me disait que j’allais faire tomber des murs. Pendant que je faisais le parcours, je n’avais pas cette impression. Mais avec le recul, je constate que oui, c’est vrai qu’il y a des réflexions qui se sont faites par des sages-femmes, par des familles et qui ont permis de voir que c’était possible. Il y avait un espace qui était là, et il fallait que quelqu’un le fasse», croit Louis Maltais, qui rappelle que les revendications de reconnaissance de la pratique sage-femme demeurent tout de même identiques pour les hommes que pour les femmes. «Ce n’est pas si différent que ce que mes collègues ont à vivre aussi, car la pratique sage-femme est encore très marginalisée, méconnue, même avec les professionnels qui travaillent avec nous. Il y a encore beaucoup de chemin à faire», croit le diplômé.

Dès lundi, Louis Maltais débutera sa carrière à la Maison des naissances Colette-Julien, dans la région du Bas-Saint-Laurent. Et pas question pour lui de revendiquer le titre de «sage-homme». «Au contraire, je veux continuer de revendiquer qu’on garde le titre de sage-femme. Ça n’empêche pas un homme de participer à toute cette période importante de la maternité, de la parentalité. Mais ça reste que ça appartient aux femmes, ce sont les femmes qui mettent au monde les bébés», martèle-t-il.

Jessyca Marchand a complété son baccalauréat malgré son handicap.

Pour sa part, Jessyca Marchand avait de quoi être fière de son parcours scolaire, elle qui a enfin reçu son baccalauréat en communications sociales et ce, malgré un lourd handicap qui a passablement ralenti son parcours scolaire. La jeune femme souffre en effet d’une maladie des os qui lui occasionne fréquemment des fractures. «Tout au long de mon baccalauréat, j’ai eu plusieurs fractures qui m’ont occasionné des abandons de session parce que je devais rester au lit ou à l’hôpital. J’ai dû arrêter pendant quelque temps. Mais après tout ce temps, j’ai terminé», a-t-elle clamé, visiblement fière.

Jessyca est maintenant à la maîtrise en communications sociales et rêve de devenir journaliste sportive. «Il y a peu de femmes dans ce domaine, et encore moins qui vivent avec un handicap. J’aime dépasser des frontières et prouver qu’on peut le faire. C’est une bonne façon de montrer l’exemple et de dire à d’autres qui veulent faire des choses comme ça, mais qui n’osent pas, que c’est possible», lance la jeune femme.

Les belles histoires étaient d’ailleurs nombreuses à défiler sur scène, vendredi matin, allant des étudiants ayant complété leurs études universitaires malgré un trouble du déficit de l’attention, à ceux et surtout celles qui ont complété un programme d’études en conciliant l’université et la vie de famille. La plupart de ces étudiantes n’ont d’ailleurs pas hésité à monter sur scène avec leurs enfants pour venir chercher leur diplôme, soulevant à chaque fois des applaudissements chaleureux et bien sentis.