À l’exception de Sherbrooke, qui est passée aux mains de Québec solidaire, l’Estrie s’est massivement rangée du côté du pouvoir caquiste.

Le PLQ rayé de la carte en Estrie

À l’exception de Sherbrooke, qui est passée aux mains de Québec solidaire, l’Estrie s’est massivement rangée du côté du pouvoir en faisant élire quatre candidats de la Coalition avenir Québec (CAQ) parmi les cinq circonscriptions que détenait le Parti libéral (PLQ), dont certaines depuis plus de quatre décennies.

Seule représentante de Québec solidaire en Estrie, Christine Labrie a promis de demeurer vigilante : « Le travail fait juste commencer. On va avoir besoin de rester mobilisés, surtout face à un gouvernement majoritaire de la CAQ. Il faudra leur rappeler constamment leur engagement pour la réforme du mode de scrutin », a-t-elle souligné.

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Sherbrooke devient orange

En l’emportant, Mme Labrie a défait le député et ministre de la Famille Luc Fortin, qui était visiblement ébranlé par le résultat du vote : « C’était un rêve de devenir député à l’Assemblée nationale et les Sherbrookois m’ont permis d’accomplir ce rêve (...) Je tiens à vous dire merci, les Sherbrookois, pour ces quatre belles dernières années. Je vous aime du fond du cœur et je vous dis à la prochaine », a exprimé M. Fortin.

Considérée par François Legault comme « une région-clé »  vers la formation d’un gouvernement caquiste majoritaire, l’Estrie a rapidement répondu à l’appel du chef de la CAQ en raflant très tôt en soirée les circonscriptions de Saint-François, Richmond, Mégantic et Orford.

Dans le cas d’Orford, Gilles Bélanger a permis à la CAQ de rompre l’omniprésence libérale qui durait dans cette circonscription depuis 1973. L’homme d’affaires a récolté 40 % des voix devant son adversaire libéral Guy Madore, qui a obtenu 25 % des voix exprimées.  

« Nous avons senti la grande volonté de changement de la population, et c’est un vent de renouveau dans notre circonscription qui vient de se lever. Remporter la victoire dans un fief libéral comme Orford avec plus de 4000 voix d’avance, c’est tout simplement incroyable. Je vais tout faire pour bien représenter tous les électeurs de ma circonscription », a lancé Gilles Bélanger.  

Autre château-fort libéral détenu successivement par Yvon Vallières et par sa fille Karine, la circonscription de Richmond est passée dans le giron de la CAQ en faisant élire le candidat vedette André Bachand. L’ancien député fédéral a obtenu deux fois plus de votes que la candidate libérale et conseillère municipale de Sherbrooke, Annie Godbout.

Dans Saint-François, la caquiste Geneviève Hébert a elle aussi arraché la circonscription au PLQ en devançant le candidat libéral Charles Poulin. En tant que députée de Saint-François, Mme Hébert représentera une partie des électeurs de la ville de Sherbrooke, tout comme Christine Labrie, de Québec solidaire, avec qui elle entend collaborer :

« À la Coalition avenir Québec, on est un parti de coalition. On est prêt à travailler avec les autres. On est prêt à travailler avec des gens qui arrivent de divers horizons politiques. Ça va me faire plaisir de travailler avec madame Labrie. On s’est déjà croisé à plusieurs reprises. Je sais que c’est une femme qui est ouverte, c’est une femme de cœur, qui veut le bien des citoyens de Sherbrooke. Je pense qu’on va faire une belle équipe, elle et moi. »

Même scénario dans Mégantic où le candidat caquiste François Jacques (11 184 voix) a obtenu presque trois fois plus de votes que le libéral et ancien maire d’East Angus, Robert G. Roy (4432).

Le vent de changement en faveur de la CAQ s’est aussi fait sentir dans les circonscriptions limitrophes à l’Estrie alors que Brome-Missisquoi et Lotbinière-Frontenac ont elles aussi basculé du côté de la Coalition avenir Québec.