La couronne ne s’est pas opposée à la remise en liberté du jeune père qui aurait secoué son bébé de six semaines.

Le père du bébé secoué reste en liberté

Le père qui aurait secoué son bébé de six semaines reste en liberté malgré la mort du poupon mercredi. C’est ce que le juge Conrad Chapdelaine a décidé lors de la comparution où le jeune homme de 19 ans a été accusé d’homicide involontaire coupable au palais de justice de Sherbrooke jeudi.

La couronne ne s’est pas opposée à cette remise en liberté.

« En matière d’homicide involontaire, la règle générale, c’est la remise en liberté et on a jugé que c’était une situation où l’accusé pourrait en bénéficier moyennant un encadrement avec des conditions serrées compte tenu des circonstances », explique Me Marie-Ève Phaneuf, procureure aux poursuites criminelles et pénales.

Les conditions restent les mêmes que lors de sa remise en liberté à la suite de l’accusation de voies de fait graves déposée la semaine dernière.

Il ne pourra communiquer avec la mère de l’enfant ainsi que sa famille immédiate. Il ne pourra se trouver seul en présence de mineurs et devra respecter un couvre-feu de 22 h à 7 h. 

« Ces conditions visent à assurer la protection des témoins et des gens impliqués », souligne Me Phaneuf.

L’ordonnance de non-publication de l’identité de l’accusé a également été conservée malgré la mort de l’enfant.

« Cette ordonnance vise à protéger l’identification de la victime, mais aussi des personnes qui devront témoigner dans ce dossier, mentionne Me Phaneuf. Elle sert à éviter tout risque de préjudice avant les témoignages et assurer la sécurité des témoins. Elle sert aussi à encourager la dénonciation et la participation au système judiciaire. Ce n’est pas une situation facile pour les témoins. »

Le dossier a été reporté au 25 avril.

Le bureau du coroner a reçu également le mandat d’étudier le dossier.

C’est un signalement fait par les autorités médicales qui a mené à une enquête du Service de police de Sherbrooke, puis au dépôt des accusations. Selon l’acte d’accusation, les gestes qui sont reprochés au père auraient été posés le 26 février.
Une perquisition avait eu lieu au domicile de l’accusé dans l’arrondissement de Brompton. Plusieurs témoins avaient été interrogés par les policiers de l’escouade des enquêtes criminelles du Service de police de Sherbrooke, dont des membres de la famille du jeune père, qui n’était pas connu des services policiers.

Tout indique que la mère du poupon n’a rien eu à voir avec le tragique événement.

Le bambin avait été transporté au CHUS et présentait des séquelles « très graves ». Des hématomes au cerveau ont été trouvés. - Avec René-Charles Quirion