André St-Cyr

Le motocycliste aux mains baladeuses plaide coupable

TROIS-RIVIÈRES — André Saint-Cyr, cet individu de 59 ans de Nicolet connu comme le «motocycliste aux mains baladeuses», a plaidé coupable mardi à l’ensemble des chefs d’accusation qui avaient été déposés contre lui, au palais de justice de Trois-Rivières. L’homme devra maintenant purger une peine d’emprisonnement de 18 mois dans la collectivité, une suggestion commune des deux parties qui a été entérinée par le juge Pierre Lortie.

On se souviendra qu’André Saint-Cyr avait été arrêté à l’été 2018, après avoir été filmé par un passant qui avait observé son manège dans le quartier Sainte-Cécile à Trois-Rivières. L’homme se promenait à motocyclette et s’arrêtait près de passantes afin de leur demander son chemin. Toutefois, il s’assurait de parler à voix basse, ce qui faisait que les femmes s’approchaient de lui pour mieux entendre. À ce moment, il faisait mine de perdre pied et s’accrochait à la poitrine des femmes pour reprendre son équilibre.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux aura vite fait d’identifier le suspect, qui a été arrêté. À la suite de la diffusion des images et de la médiatisation de l’affaire, d’autres victimes se sont manifestées aux policiers. Au final, ce sont 24 victimes qui ont porté plainte contre André Saint-Cyr, pour des gestes identiques qui ont été commis dans deux quartiers différents de Trois-Rivières entre 2016 et 2018.

Lors de son arrestation, André Saint-Cyr avait fait des déclarations incriminantes aux policiers durant son interrogatoire, indiquant que ce n’était que pour un «petit feeling, pas plus que ça. Ce n’était que pour toucher, rien de plus». Après sa comparution, il s’était également adressé aux médias afin de présenter ses excuses aux victimes et à sa famille. «Je tiens à m’excuser auprès des victimes, des parents des victimes, de leur entourage, de leurs chums. Je m’excuse aussi auprès de mes collègues de travail, de ma famille et de tout mon entourage. Je le sais bien que ce n’est pas la fin du monde ce que j’ai fait mais ce n’est pas correct. Je le sais et je m’excuse beaucoup. C’est la seule affaire que j’ai faite de mauvais dans ma vie. Je devrais être correct; j’espère que le monde va continuer à me faire confiance», avait-il alors déclaré.

La Couronne, représentée par Me Catherine Lacoursière, et la défense assurée par Me Pénélope Provencher, ont pris connaissance des déclarations des victimes qui ont été fournies par écrit. La plupart d’entre elles ont déclaré au tribunal demeurer craintives depuis les gestes, méfiantes de se promener seules dans la rue, ou encore envers les hommes et les inconnus. Plusieurs ont indiqué avoir rehaussé les mesures de sécurité dans leurs domiciles, et deux d’entre elles ont également indiqué avoir été choquées de la déclaration faite aux médias par l’accusé, retenant qu’il minimisait la portée de ses gestes.

Les parties ont en outre rappelé au juge que l’homme est sans antécédent judiciaire, qu’il avait fait un suivi sexologique de douze rencontres et qu’il avait également cessé sa consommation de cannabis. La médiatisation de l’affaire lui a également causé un grand stress et lui a fait perdre son emploi de cuisinier à l’époque. 

Le juge Lortie a donc entériné la suggestion commune des deux avocates au dossier, et condamné l’homme à une peine d’emprisonnement de 18 mois dans la collectivité. André Saint-Cyr aura l’obligation de se trouver à son domicile 24 h par jour les six premiers mois, puis devra respecter un couvre-feu entre 20 h et 7 h du matin les six mois suivants, et enfin un couvre-feu entre 22 h et 6 h du matin pour le reste de la peine. Il devra aussi se soumettre à un suivi sexologique.

Il a l’interdiction de communiquer avec les 24 victimes dans cette affaire, ni même de se rendre à leur lieu de travail en connaissance de cause. À cette condition, son avocate Me Provencher a émis un bémol, étant donné que l’homme affirme qu’il ne serait en mesure de reconnaître aucune de ses victimes, étant donné qu’elles étaient choisies au hasard et qu’il n’a pas connaissance de leur identité.

L’homme devra aussi se soumettre à une probation de deux ans qui comprendra un suivi sexologique et l’interdiction de posséder des armes ou de consommer de la drogue.