Chantal Royer, photographiée en compagnie de ses fils il y a quelques années dans le cadre d’un article publié dans La Voix de l’Est

Le deuil d’une mère dévouée

Chantal Royer doit réapprendre à vivre. Un jour à la fois. Atteints de la dystrophie musculaire de Duchenne, ses fils Danny et Maxime Lussier, dont elle a pris soin jour et nuit toute leur vie, sont récemment décédés.

La maman de huit enfants est cette femme de Farnham qui a fait des pieds et des mains pendant des années pour être reconnue aidante naturelle. Jour et nuit, elle prenait soin de ses deux fils qui étaient confinés à un fauteuil roulant en raison de leur maladie et qu’elle avait décidé de garder à la maison, refusant catégoriquement qu’ils soient hébergés dans un CHSLD. « J’en ai déplacé des montagnes », confie-t-elle.

Pendant des années, elle leur a prodigué les soins que requérait leur état de santé : prise de médication, changement de pansements, déplacements et alimentation ne sont que quelques exemples. « Il n’y a rien que je n’ai pas fait. J’ai été leur pharmacienne, leur ergothérapeute, leur secrétaire, leur cuisinière, dit-elle. C’était de l’amour inconditionnel. »

À l’âge de 31 ans, Danny est décédé le 12 octobre dernier. Quelques mois plus tard, le 4 janvier, c’est son frère cadet Maxime, âgé de 29 ans, qui a été emporté par la maladie. « On ne pouvait rien faire contre la maladie », explique la mère de famille.

Les deux frères ont toutefois fait mentir les pronostics qui estimaient leur espérance de vie à la jeune vingtaine. « Les gars savaient qu’ils vivaient sur du temps emprunté », affirme Mme Royer, qui a été présente aux côtés de ses fils jusqu’à leur dernier souffle. « C’était mon désir d’être là, de les accompagner. »

La maman et ses deux garçons étaient très soudés. Leur départ entraîne un grand vide dans le quotidien de la femme. « Il faut que je réapprenne à vivre. Ma vie était pour les gars. Ils avaient une bonne maman qui prenait soin d’eux », confie-t-elle, ajoutant qu’elle chemine « un jour à la fois ».

Chantal Royer raconte qu’elle a beaucoup de sommeil à récupérer après ces « montagnes russes » des dernières années.

Campagne de financement

La mère endeuillée a souvent organisé des activités pour subvenir aux besoins de ses fils. Elle s’est aussi impliquée, à titre de chanteuse, dans différents spectacles-bénéfices. Cette fois-ci, le meilleur ami de son fils Maxime a décidé de lancer une campagne de sociofinancement Funérailles de Maxime Lussier sur Facebook.

L’argent permettra d’acquitter les frais funéraires pour donner un coup de pouce à la mère de famille. « Je suis en déficit, dit-elle, et je ne peux pas aller travailler tout de suite. »

Mme Royer poursuivra son implication dans différentes causes. Elle participera à un spectacle présenté à la Maison de la culture de Waterloo le 21 février au profit des personnes autistes.