Le chercheur et musicien Jérôme Dupras en compagnie du recteur de l'UQO, Denis Harrisson.

Le cowboy Jérôme Dupras obtient une chaire de recherche en économie écologique

Déjà bien connu pour son rôle de bassiste du groupe Les Cowboys fringants et son statut de militant, le professeur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) Jérôme Dupras vient d’ajouter une corde à son arc. Il est désormais titulaire d’une nouvelle chaire de recherche en économie écologique.

Chercheur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l’UQO, M. Dupras s’est joint en 2014 au département des sciences naturelles de l’établissement, où il a fondé le Laboratoire d’économie écologique.

Une nouvelle étape de sa carrière s’inscrit maintenant avec l’obtention de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique, dont la création est assortie d’un financement de 600 000$ sur cinq ans.

Le recteur de l’UQO, Denis Harrisson, a salué jeudi l’engagement de M. Dupras à faire une place aux enjeux environnement dans l’économie.

«C’est la première chaire de recherche du Canada qui va s’intéresser à ce sujet qu’on trouve toujours polarisé, parce qu’on essaye toujours d’opposer l’écologie à l’économie, comme si c’était deux extrémités d’un pôle et que c’était irréconciliable, a souligné M. Harrisson. Les travaux de Jérôme Dupras, jusqu’à présent, tendent à nous montrer que quand on s’intéresse au problème du développement durable et au problème environnemental, on s’intéresse aussi à l’économie et qu’il est possible de concilier les deux, mais il faut en faire la démonstration scientifique.»

Comptant déjà une trentaine de publications scientifiques à son actif, le principal intéressé note pour sa part qu’avec l’obtention de la chaire de recherche, il souhaite «partager ce message-là, qu’on peut réconcilier économie et environnement en pensant à nos enfants».

«Avant d’être un écologiste, je suis un père de famille, a-t-il souligné. Je pense à mes enfants, je pense au monde qu’on leur lègue.»

La chaire de recherche en économie écologique concentrera ses travaux sur trois grands axes. Le premier vise une «modélisation socioécologique» du lien intime qui unit l’environnement aux activités humaines.

Le deuxième axe est celui de la théorie économique. «Quand il y a des débats publics […], on a souvent tendance à confronter environnement et économie, a mentionné M. Dupras. […] Malheureusement, cette lecture économique est très biaisée. Elle est basée sur des paradigmes d’une économie qui, à mon sens et au sens de plusieurs de mes collègues, est d’une autre époque.»

Le dernier axe abordera la gouvernance environnementale, dans l’objectif de «prendre des modèles plutôt techniques et des approches théoriques et en faire quelque chose de digeste et applicable, qu’on peut transformer en programmes et en politiques publiques», a expliqué le chercheur.

La «mission première» de la chaire sera de faire connaître les résultats des recherches. «Tout ça est désincarné si on n’est pas capable de toucher nos concitoyens», expose M. Dupras, qui espère donner de nouveaux «éclairages» sur diverses questions de société. La dimension touchant la gouvernance environnementale sera donc «très, très importante», assure-t-il en soulignant que «dans une dynamique d’effondrement climatique», il s’agit d’«un enjeu jusque dans notre cour arrière».

«Il faut être réaliste, mais aussi optimiste, ajoute-t-il. On peut changer le monde, on l’a déjà fait dans le passé. La science, ce n’est pas le monopole du savoir, mais c’est un allié fantastique.»