La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont
La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont

Le CISSSO affichera 460 postes à temps complet

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) affichera 460 postes le mois prochain, la grande majorité en soins infirmiers. En offrant la totalité de ces emplois à temps complet et en faisant la promotion de sa nouvelle mission universitaire, l’organisation espère résorber une partie de la pénurie qui s’éternise dans la région.

La présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, France Dumont, a souligné en entrevue avec Le Droit qu’une «tendance» favorable est observée dans les embauches depuis la création de l’organisation.

En 2015-2016, le CISSSO a procédé à 958 embauches. Ce nombre est passé à 1582 en 2019-2020.

Les premiers mois de l’année en cours sont aussi encourageants, avec 1356 embauches en cinq mois. Ces données sont évidemment teintées par les embauches réalisées en raison de la pandémie, puisque quelques centaines de départs sont survenus au sein de la main-d’oeuvre appelée en renfort sur une base temporaire pendant les premiers mois de la crise.

Fluctuation de la main-d'oeuvre au CISSSO

N’empêche que le CISSSO croit être sur la bonne voie, et l’arrivée de la faculté satellite de médecine de l’Université McGill lui offre un nouvel élément sur lequel miser auprès de potentiels futurs employés ou médecins. L’organisation a fait sa demande en bonne et due forme pour devenir un centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) et a bon espoir que le changement de dénomination pourra arriver «rapidement».

Même si les futurs médecins de famille qui auront été formés dans la région ne commenceront leur pratique que dans six ans, l’organisation est convaincue que sa nouvelle vocation universitaire sera attrayante pour plusieurs types de professionnels.

«Sur nos 11 000 employés, quand on a des départs, il y en a bon an mal an chaque année 30% qui quittent pour des raisons de carrière, note Mme Dumont. […] Ils veulent avancer dans leur carrière, ils veulent avoir accès à des éléments de recherche, à des postes qui touchent plus les missions universitaires.»

Portrait des postes équivalents temps complet (ETC) au CISSSO

En plus d’être à temps complet, les 460 postes qui seront affichés en septembre seront tous «uni-installation», a précisé Mme Dumont. Les détenteurs de ces postes pourront ainsi travailler à un seul endroit au sein du réseau régional.

En procédant de la sorte, le CISSSO souhaite «pallier à la fois aux maladies, aux absences, aux absences de dernière minute et aux remplacements» sans devoir passer «par des listes de rappel», expose Mme Dumont.

Primes à venir

Sans pouvoir encore en faire la promotion dans ses stratégies de recrutement, le CISSSO est loin d’avoir oublié la promesse électorale de la Coalition avenir Québec d’octroyer des primes additionnelles en Outaouais, afin de rivaliser avec les conditions salariales offertes sur la rive ontarienne.

Le premier ministre François Legault «tient à ce volet-là» et «l’a réitéré lors de sa visite» dans la région le mois dernier, note France Dumont. Le CISSSO a donc préparé un plan qui sera soumis au ministre de la Santé, Christian Dubé, «pour la demande d’octroi de primes supplémentaires spécifiques à l’Outaouais».

Ce plan de match diffère du Plan d’action Outaouais, mis sur pied en 2007 lorsque les libéraux avaient octroyé un statut particulier au réseau de la santé de la région. «Ce plan-là […] comprend des éléments à la fois sur la rétention et sur l’attraction de professionnels et il vise à la fois nos secteurs plus éloignés comme le Pontiac et Maniwaki, […] mais aussi notre compétition avec l’Ontario dans les secteurs urbains, dans des volets différents, explique Mme Dumont. Alors c’est un plan d’ensemble pour l’Outaouais, avec une modulation selon nos difficultés d’attraction et de recrutement.»

Le plus gros «morceau» de ce plan visant l’obtention de nouvelles primes vise les infirmières et les infirmières auxiliaires, a fait savoir Mme Dumont. À l’heure actuelle, près de 400 postes équivalents à temps complet en soins infirmiers sont vacants au CISSSO.

Certains professionnels pour lesquels le CISSSO «a des difficultés de recrutement», comme les psychologues et les travailleurs sociaux, sont aussi été intégrés dans la demande.

Ces primes seront créées à partir d’«argent neuf», affirme la présidente-directrice générale adjointe du CISSSO, de sorte qu’elles ne seront pas puisées dans la vingtaine de millions de dollars découlant du statut particulier. «En fait, on sort un peu du Plan d’action Outaouais pour aller vers une nouvelle ère», indique Mme Dumont.

Pour accroître ses embauches, le CISSSO veut aussi agir rapidement auprès des candidats. Les rencontres et les prises de contact se feront donc sans attendre, assure Mme Dumont.

En parallèle, l’organisation poursuit ses démarches pour recruter des gens à l’étranger. Certaines zones des États-Unis sont visées. C’est notamment le cas de la Floride, «où il y a beaucoup de Québécois».