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Le chef du restaurant L'Orée du Bois de Chelsea, Jean-Claude Chartrand, est décédé quelques jours à peine après avoir reçu un diagnostic de COVID-19. Il avait 53 ans.
Le chef du restaurant L'Orée du Bois de Chelsea, Jean-Claude Chartrand, est décédé quelques jours à peine après avoir reçu un diagnostic de COVID-19. Il avait 53 ans.

Le chef de L'Orée du Bois emporté par la COVID-19 

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
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Le chef du restaurant L'Orée du Bois de Chelsea, Jean-Claude Chartrand, est décédé quelques jours à peine après avoir reçu un diagnostic de COVID-19. Son départ soudain, à l'âge de 53 ans, crée une onde de choc dans le milieu de la restauration de l'Outaouais.

Le réputé restaurant de Chelsea a confirmé la mort de son chef, mercredi matin, sur sa page Facebook.

Samedi, le restaurant avait publié un message annonçant sa fermeture temporaire après qu'un membre de l'équipe eut reçu un diagnostic de COVID-19. L'entreprise avait alors demandé à tous ses employés du subir un test de dépistage «de façon préventive».

Le chef enseignant de l'École hôtelière de l'Outaouais, Gaëtan Tessier, a confié au Droit que même l'annonce du diagnostic de COVID-19 de Jean-Claude Chartrand, vendredi dernier, a été «un choc». Le second choc, celui du décès, mardi, a été brutal.


« On ne s'attendait pas à avoir cette nouvelle-là quelques jours après, dit-il. Quand on entend les nouvelles, c'est loin, ça ne nous touche pas. Mais là, c'est quelqu'un de notre confrérie. »
Gaëtan Tessier, chef enseignant de l'École hôtelière de l'Outaouais

Ancien chocolatier à L'Orée du Bois, Gaëtan Tessier a «vu arriver» M. Chartrand comme sous-chef au sein de l'équipe du restaurant de Chelsea. «Il était simple, un bon vivant, un grand amateur de vin, souligne-t-il. […] Les chefs de la région, c'est une petite famille. C'est un morceau de la famille qui vient de partir.»

M. Tessier souligne que Jean-Claude Chartrand et sa conjointe avaient récemment investi «beaucoup d'argent pour donner un vent de fraîcheur à l'entreprise», entre autres avec l'aménagement d'une nouvelle terrasse. Pandémie oblige, le restaurant avait dû «réduire au minimum» son équipe «pour essayer de survivre».

Ami de longue date de Jean-Claude Chartrand, Jean-Guy Gorley est lui aussi sous le choc du départ soudain du chef de L'Orée du Bois.

Le restaurant L'Orée du Bois, situé à Chelsea

«Passionné»

«C'est la première fois que je connais quelqu'un de près qui décède de la COVID, a-t-il mentionné en entrevue. Ça laisse un grand vide, c'est un grand choc émotif.»

M. Gorley ne gardera que de bons souvenirs de Jean-Claude Chartrand. «Le plus beau souvenir, c'est sa tendresse, sa chaleur humaine, sa bonne humeur, son sourire, dit-il. C'était vraiment un gars jovial, il riait tout le temps. Il était très passionné par son métier, c'était un homme dédié à la cause de la gastronomie.»

«Des projets l'un après l'autre»

L'homme d'affaires Nicolas Cazelais, propriétaire du Gainsbourg, se rappelle de son côté de la détermination qu'avait gardée Jean-Claude Chartrand au cours de la dernière année, malgré les bouleversements causés par la pandémie.


« Jean-Claude, il ne voulait pas le fermer, son restaurant, raconte M. Cazelais. Il m'a dit je ne sais pas combien de fois qu'il allait passer à travers. […] Tout le stress qu'ils ont vécu depuis un an, c'est terrible. […] Jean-Claude, il avait des projets un après l'autre. »
Nicolas Cazelais, propriétaire du Gainsbourg

Le défunt chef de L'Orée du Bois appréciait aussi former la relève, a souligné M. Cazelais.

«Personne n'est à l'abri»

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, a réagi sur Facebook mercredi matin. Elle avait appris la triste nouvelle mardi soir par des amis du monde de la restauration. Au téléphone, Mme Gaudreault a souligné que le décès subit de M. Chartrand montre à quel point «personne n'est à l'abri» de la COVID-19.

«Un humain flamboyant»

L’animatrice Jhade Montpetit avait le cœur brisé à la suite de l’annonce du décès de Jean-Claude Chartrand.

«Aujourd’hui, j’ai appris le départ d’un humain flamboyant, fluorescent, incandescent. Je mesure ma chance de l’avoir croisé sur ma route. Jean-Claude est parti, c’est surréaliste. Je suis sous le choc. On s’est écrit encore il y a quoi? Deux semaines…., confie l’animatrice au Droit. Il a d’abord été le chef de mon resto préféré, ensuite un collaborateur précieux chez Les Malins. Un gars avec qui on a fait de la radio edgy et sans filet.»

Sa générosité et l’amour pour sa famille sont parmi les qualités que Mme Montpetit retient de son amitié avec le chef-propriétaire de L’Orée du Bois.

«Jean-Claude c’est — je sais pas encore parler de lui au passé — un électron libre. Le plus libre d’entre tous, dit-elle. Intègre, franc, direct, générateur de moments de radios mémorables — y compris quelques malaises légendaires dont on a ri tout le monde ensemble après coup. Un des gars les plus généreux que j’ai connu. Fallait le voir sortir les chocolats pis les surprises quand un enfant se pointait au resto. Fallait l’entendre parler de son épouse — sa Jojo — et de leur fille. Un humain au grand cœur notre Jean-Claude.»

L’animatrice relève également son amour pour la région et les jeunes chefs.

«Jean-Claude est un amoureux de la région aussi, ajoute-t-elle. Toujours là pour encourager la relève, les jeunes chefs. Parlez-en à Raphaël des Flavoureux, à Yannick des Fougères. Je me souviens quand Jean-Claude s’est retrouvé en finale de l’émission Le combat des villes, il nous avait invité chez lui pour regarder le show à la télé. De mémoire, il n’avait même pas dit à Jojo s’il gagnait ou pas (il n’a pas gagné). Ça l’amusait beaucoup. 

On a mangé comme des rois ce soir-là et on a célébré sa deuxième place au concours en lui proposant un combat revanche chez les Malins avec l’équipe gagnante de Montréal. Cette fois, il a gagné haut là main.»

L’animatrice Jhade Montpetit

Forte connexion

Parmi les commentaires recueillis à la suite du décès de M. Chartrand, son voisin et ami Chris Crippin a voulu ajouter sa voix aux nombreux éloges déjà reçus. Ancien batteur du groupe rock Hedley, le musicien possède une maison à quelques mètres de celle du célèbre chef.

«Au cours des huit dernières années, j’ai eu le meilleur ami et voisin qu’on puisse avoir, de confier au Droit Chris Crippin. J’ai rarement rencontré dans ma vie un homme aussi honnête, passionné et possédant une telle joie de vivre.»

Le restaurant l'orée du bois à Chelsea

Originaire de Vancouver, M. Crispin passe maintenant le plus clair de son temps en Outaouais et il a fait de L’Orée du Bois sa table favorite.

«C’est rare pour deux artistes de différents domaines d’avoir une connexion aussi forte que celle que nous avions, Jean-Claude et moi, ajoute-t-il. Je resterai pour toujours son voisin et ami. Je garderai le souvenir d’un homme vrai et j’espère pouvoir aider sa famille si le besoin s’en fait sentir.»

Avec la collaboration de Mario Boulianne

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Le musicien Chris Crippin