Les travaux de renforcement au Centre Georges-Vézina seront terminés mercredi, de sorte que les Saguenéens de Chicoutimi pourront s’y entraîner jeudi en vue de leurs matchs de vendredi et de samedi.

Le Centre Vézina accessible jeudi

Les Saguenéens de Chicoutimi pourront de nouveau utiliser pleinement le Centre Georges-Vézina en toute sécurité à compter de jeudi, mais la facture pour réaliser les travaux entre le 6 et le 14 mars sera plus importante que les 275 000 $ déjà prévus. Les partisans pourront donc assister sans crainte aux deux derniers matchs de la saison contre les Huskies de Rouyn-Noranda vendredi et samedi.

Voilà ce qui ressort d’un point de presse tenu par la mairesse Josée Néron et le président de la Commission des sports, Michel Thiffault, au centre Vézina. Les autorités municipales n’étaient toutefois pas en mesure de chiffrer l’ampleur du dépassement des coûts. 

« Nous serons en mesure d’ouvrir le Centre Georges-Vézina pour le prochain match des Saguenéens à domicile, soit vendredi. Les travaux qui ont commencé le 6 mars en soirée prendront fin au plus tard mercredi. Il y aura par la suite une grande opération de nettoyage afin d’être prêt pour vendredi. À l’heure actuelle, 85 % des travaux sont achevés », a-t-elle indiqué d’entrée de jeu.

Pour mener à terme le vaste chantier, cinq personnes de plus par quart de travail de 12 heures chacun ont dû être ajoutées, de sorte qu’une trentaine d’employés s’activent au renforcement des fermes de toit dans le but d’assurer la sécurité de la population. 

« Je tiens à vraiment rassurer la population. Si on ne pouvait assurer la sécurité à 100 %, le Centre Georges-Vézina ne rouvrirait pas vendredi », insiste-t-elle.

Sur chacune des huit fermes de toit concernées, 32 plaques de renfort ont été installées par soudure. Pour réaliser les travaux, des échafaudages ont dû être installés, des peintres s’occupent de décaper la peinture avec une technique sécuritaire puisque du plomb y a été détecté, des monteurs posent les plaques, puis des monteurs-soudeurs prennent le relais et ensuite un inspecteur en soudure vérifie que le tout est conforme. 

Une fois l’aval obtenu, des peintres terminent le travail. Outre Construction Proco, deux sous-traitants ont mis l’épaule à la roue, soit Échafaudages industriels et Fermo Entrepreneur Peintre.

« Ça prend plus de temps que prévu, a confirmé la mairesse en détaillant les frais supplémentaires survenus. On a dû recourir à des travailleurs supplémentaires. La protection et le temps pour procéder au décapage de la peinture au plomb sont importants. Les échafauds ne donnent accès qu’à environ 14 des membrures des fermes de toit et le reste doit se faire par nacelle, ce qui est un peu plus complexe en terme d’installations et de sécurité. Pour ces raisons, on prévoit des dépassements de coûts, mais nous allons revenir auprès de la population avec l’ensemble des chiffres lorsqu’on aura compilé le tout. » 

Rappelons qu’au tout début de cette saga, les travaux de renforcement avait été sommairement évalués à 100 000 $.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le président de la Commission des sports, Michel Thiffault, ont annoncé que les travaux achèvent au Centre Georges-Vézina. La facture s’annonce toutefois plus élevé que prévue.

Québec sollicité

Josée Néron a d’ailleurs l’intention de solliciter l’aide du gouvernement du Québec, une perche que lui avait tendue le premier ministre Philippe Couillard. « On sait que le premier ministre nous avait confirmé que Québec nous aiderait dans cette opération. Donc, une (demande d’) aide financière sera acheminée suite à la compilation de tous les coûts relatifs aux renforcements du toit. »

En plus des travaux de renforcement, des opérations de nettoyage sont en cours et s’intensifieront une fois l’ensemble des travaux terminés afin de rendre les lieux accessibles au public vendredi.

Le conseiller et président de la Commission des sports, Michel Thiffault , a pour sa part annoncé que les Saguenéens seront les premiers à fouler la glace du Centre Vézina pour l’entraînement dès jeudi. 

« Pour ce qui est du patinage de vitesse et du patinage libre, les activités vont reprendre samedi matin », a-t-il précisé.

L’état de la glace n’a pas été affecté par les travaux puisque des mesures ont été prises afin qu’elle soit de bonne qualité pour les activités sportives régulières.

De l'acier plus résistant que prévu

(Louis Tremblay) - La Dominion Bridge a-t-elle utilisé de l’acier d’une résistance de 300 MPa pour la construction des fermes de toit du Centre Georges-Vézina ? Cette réponse, qui proviendra des tests réalisés à l’UQAC, sera déterminante pour l’avenir du projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi.

Depuis quelques semaines, des informations circulent à l’effet qu’il y a des indices sérieux de croire que l’entreprise montréalaise a utilisé des pièces d’acier de 300 MPa et non 220 MPa comme le supposait la firme Roche dans l’étude réalisée en 2013. Une telle différence, selon un ingénieur consulté par Le Quotidien, permettrait de donner une seconde très longue vie à l’aréna de la rue Bégin, et ce, pour de nombreuses années.

Interrogée à ce sujet hier, la mairesse de Saguenay est demeurée prudente. Elle a cependant admis que la confirmation d’un acier plus résistant pour la toiture aura un impact sur la réflexion qui s’amorce à Saguenay pour la construction d’un aréna au centre-ville.

Toujours selon les informations recueilles par Le Quotidien, des fermes de toit en acier de type 300 MPa donneraient plus ou moins 30 % de résistance additionnelle à la structure actuelle de la toiture sans aucune modification. Les travaux réalisés au cours des derniers jours ne feraient que renforcer une toiture déjà plus solide en raison du grade de l’acier.

Il faut mentionner que la firme Roche avait supposé dans son rapport qu’il s’agissait d’un acier de 230 MPa.

« Par contre, basé sur notre comparaison des efforts fournis sur les plans d’origine et nos calculs des résistances selon la norme de 1940, nous pensons que la conception d’origine a été faite avec un acier de 230 MPa. De plus, il s’agissait de la nuance d’acier la plus couramment utilisée à l’époque », précise le rapport Roche de 2013. La firme de génie-conseil n’avait pas fait d’inspection des fermes de toit.

Le Quotidien a vérifié dans les différents services gouvernementaux d’archives (fédéral et provincial), pour retracer les modalités de construction des fermes de toit du « Colisée de Chicoutimi ». Aucun document portant ce nom n’a été retracé.

Certains conseillers ont déjà fait connaître leur préférence pour un projet d’amphithéâtre à une glace au centre-ville tout en conservant le Centre Georges-Vézina avec un programme de rénovation pour conserver l’immeuble en bon état. La toiture représentait un investissement majeur qui risque d’être réglé par les tests réalisés dans les laboratoires de l’UQAC. 

Chef de division au service des immeubles de Ville de Saguenay, Steeve Boivin a indiqué que des échantillonnages ont été prélevés sur l’acier, puis envoyés aux laboratoires de l’UQAC. Des analyses sont en cours pour vérifier les capacités des métaux en fonction de leur résistance et les résultats sont attendus en début de semaine.

Des résultats en début de semaine

Les travaux en cours au Centre Georges-Vézina visent à assurer une sécurité des structures jusqu’en 2024, voire un peu plus, même si, pour l’instant, certaines mesures concernant notamment la galerie de presse restent en vigueur.

Chef de division au service des immeubles de Ville de Saguenay, Steeve Boivin a rappelé que des analyses sont en cours pour vérifier les capacités des métaux en fonction de leur résistance. « Des échantillonnages ont été prélevés sur l’acier et ont été envoyés aux laboratoires de l’Université du Québec à Chicoutimi. Des analyses sont en cours pour vérifier les capacités des métaux en fonction de leur résistance. On devrait avoir ces données en début de semaine. Ça va nous permettre mieux analyser les résultats des plaques installées en fonction de la résistance des matériaux qu’on va avoir obtenue. »

Au bout du compte, les spécialistes du service des immeubles devraient savoir si les solutions apportées pourraient régler la problématique pour un peu plus longtemps. Si les résultats sont positifs, le déneigement préventif pourrait même ne plus être nécessaire.