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Au total, 30 000 participants seront invités à participer à l’étude clinique de phase III pour le candidat-vaccin de Médicago.
Au total, 30 000 participants seront invités à participer à l’étude clinique de phase III pour le candidat-vaccin de Médicago.

Le candidat-vaccin Medicago franchit une nouvelle étape

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Si tout se passe tel que prévu, tous les adultes canadiens qui souhaiteront être vaccinés devraient avoir reçu une première dose de l’un des vaccins contre la COVID-19 d’ici la fin juin. Le pays se trouve dans une position fort enviable par rapport à de nombreux autres pays dans le monde.

« Le défi, et c’est très difficile à saisir pour beaucoup de gens, c’est qu’il ne faut pas vacciner seulement un individu, ni même l’ensemble d’une ville comme Sherbrooke, mais qu’il faut vacciner l’ensemble de la planète », soutient Pierre Gervais, président-directeur général de Q&T Recherche Sherbrooke.

« Quand j’entends les gens dire qu’ils sont maintenant corrects parce qu’ils sont vaccinés, je les corrige. Parce que non, on n’est pas corrects quand on est vaccinés de façon individuelle. Tant que l’ensemble de la planète n’est pas vacciné, le virus va demeurer. Il va changer, on le voit déjà avec les variants. Risque-t-il de devenir résistant aux vaccins? Je ne l’espère pas, mais tout est possible à ce jour », explique M. Gervais, qui est aussi pharmacien.

« Ça m’attriste de le dire, mais je pense que la normalité est derrière nous. On ne va pas ranger nos masques le lendemain après avoir reçu un vaccin », ajoute M. Gervais.

Un nouveau vaccin dans l’arsenal

Sur la planète, plusieurs vaccins ont été développés et sont administrés depuis plusieurs mois déjà. On pense notamment bien sûr à ceux de Pfizer-BionTech, Moderna ou AstraZeneca, mais il y a aussi d’autres vaccins qui ont été développés en Russie et en Chine.

Dans les prochains mois, un vaccin développé au Canada pourrait s’ajouter à l’arsenal des outils développés pour lutter contre ce coronavirus.

En effet, le vaccin-candidat de l’entreprise biopharmaceutique québécoise Medicago contre le SRAS-CoV-2 vient de franchir la deuxième phase des essais cliniques. La phase III de l’essai clinique s’amorcera bientôt et vise à recruter 30 000 candidats dans plusieurs pays du globe.

Q&T Recherche de Sherbrooke fait partie des centres de recherche qui ont été sélectionnés pour recruter des candidats qui souhaitent participer à la phase.

Dans les pays à l’économie émergeante

Si le candidat-vaccin de Medicago est commercialisé plus tard cette année, il sera peut-être trop tard pour le commercialiser au Canada alors que la majorité des citoyens auront eu accès à un vaccin.

«Je crois que le vaccin pourrait être utilisé dans les pays à l’économie émergeante dans un premier temps», souligne Pierre Gervais.

Mais il reste probablement quelques manches à jouer contre ce coronavirus.

« Nous au Canada, nous sommes équipés pour faire face à des guerres conventionnelles. Nous avons une armée, des équipements, des chars d’assaut… Ce qu’on produit avec Medicago, ce sont des lignes de défense contre un virus », image Pierre Gervais.

Selon lui, il n’est pas impossible que les Canadiens soient appelés dans les prochaines années à se faire vacciner contre l’influenza, comme chaque année, mais qu’on puisse aussi y ajouter un vaccin contre la COVID-19. Seul l’avenir le dira..

« C’est tout l’intérêt d’avoir une capacité de produire notre propre vaccin au Canada », indique Pierre Gervais.

Mais avant la commercialisation, il faudra que Medicago termine la phase III de ses essais cliniques. Et les Estriens sont appelés à y contribuer.

« Nous recherchons des personnes en bonne santé de façon générale pour ne pas qu’une condition ou une maladie préexistante puisse venir confondre avec les effets du vaccin ou de la COVID », explique Pierre Gervais.

L’étude de phase III débutera sous peu à Sherbrooke. 

« Au total, 30 000 participants seront invités à participer à l’étude clinique de phase III. L’Europe et l’Amérique latine seront ajoutés à l’Amérique du Nord. Plus de 130 pays contribueront avec 15 sites au Canada, dont huit au Québec. Le nombre prévu de volontaires pour le Canada est d’approximativement 2500 participants », explique Karine Côté, la directrice au développement des affaires chez Q&T Recherche.

Les deux premières phases de recherche clinique se sont bien déroulées. « Les résultats préliminaires de la phase I confirment que les participants ayant reçu le vaccin expérimental contenant un adjuvant ont développé une forte réponse immunitaire après deux doses. Les données positives des essais cliniques de phase I et II ont permis de mieux définir la dose à utiliser dans le futur, c’est-à-dire 3,75 mcg comparativement à 7,5 et 15 mcg. Une plus petite dose est un avantage important pour maximiser la production de vaccins. De plus, le vaccin-candidat est utilisé à une température de 2 et 8 °C. C’est une température de frigo, beaucoup plus accessible qu’une température plus basse, qui est difficile à atteindre dans des pays comme le Pérou ou l’Indonésie », mentionne le directeur général de Q&T Recherche.

Les Estriens intéressés à contribuer à la science peuvent consulter le site Internet de Q&T Recherche Sherbrooke au www.qtrecherche.com ou contacter l’équipe de recherche au 819 562-0777.

Quelle sont les motivations des volontaires qui accepteront de recevoir un vaccin-candidat?

« Généralement dans les projets de recherche clinique, il y a trois types de motivation. Pour des maladies comme l’Alzheimer, certaines personnes veulent avoir accès à des traitements de pointe qui seront disponibles autrement que dans quelques années. Ce n’est pas le cas ici, car plusieurs vaccins seront accessibles dans les prochains mois pour tous les Canadiens », mentionne M. Gervais.

« Dans d’autres cas, la motivation est financière, mais ce n’est pas le cas étant donné que nous remboursons uniquement les frais de déplacement – c’est moins de 150$ par personne », ajoute-t-il.

« L’autre motivation principale, c’est la contribution à la société. Les gens disent : on a un problème, et je veux faire ma part pour le régler », indique-t-il.

Et ce ne sont pas seulement des aînés ou des jeunes qui ont ce fort sentiment de vouloir faire progresser la science. « On voit des gens de tous les âges », indique M. Gervais.