Michel Moreau a déposé au conseil municipal une pétition qui dénonce le bruit provenant des ventilateurs installés par l’entreprise de cryptomonnaie qui s’est installée dans l’ancienne usine Beaulieu Canada à Farnham.

Le bruit de l’entreprise Bitfarms dénoncé

Des citoyens de Farnham n’en peuvent plus du bruit excessif provenant des installations de l’entreprise de cryptomonnaie Bitfarms. Une pétition pour signifier leur mécontentement a été déposée à la table du conseil, municipal lundi soir. Mise au fait de la situation, l’entreprise assure qu’elle posera des actions pour préserver une bonne cohabitation avec ses voisins.

« Le bruit est phénoménal. Chez nous, il faut crier pour se parler dans la cour », a fait savoir Michel Moreau, l’instigateur de la pétition qui compte une vingtaine de signatures, en la déposant au conseil. La cour arrière de sa propriété, tout comme celle de ses nombreux voisins du boulevard Kirk, est adossée à la bâtisse industrielle anciennement occupée par l’entreprise Beaulieu Canada.

L’entreprise de cryptomonnaie (ou bitcoins) et de chaîne de blocs occupe les 60 000 pieds carrés du bâtiment industriel depuis environ un an. Afin d’évacuer la chaleur qui se dégage des systèmes informatiques, des ventilateurs ont été installés à l’extérieur du bâtiment. Le bruit, décrit comme « strident » par M. Moreau, provient de ces ventilateurs.

S’appuyant sur des mesures obtenues à l’aide d’une application, le Farnhamien estime que le bruit provenant de l’entreprise de cryptomonnaie fluctue entre 65 et 79 décibels. Il précise que cette nuisance sonore est présente 24 heures par jour, sept jours par semaine. Ces décibels équivalent au bruit d’un séchoir à cheveux, d’une machine à coudre ou même d’un ouvre-boîte électrique, selon le site web Bruit et société, une référence en la matière, créée par des étudiants en audiologie de l’Université de Montréal.

De son côté, Michel Moreau, comme les autres signataires de la pétition, craint que le bruit entraîne une dépréciation de la valeur des résidences. « C’est néfaste pour les prochaines ventes de maisons dans le quartier », estime-t-il.

Le directeur des relations publiques chez Bitfarms, Bahador Zabihiyan

« Une bonne relation »
Questionné sur la problématique soulevée par les citoyens, l’entreprise Bitfarms affirme que c’est la première fois qu’une telle situation leur est signalée, indique le directeur des relations publiques de la compagnie, Bahador Zabihiyan.

L’homme s’est d’ailleurs rendu chez M. Moreau, qui lui a remis une copie de la pétition, mardi après-midi. « Je pense qu’il a trouvé ça un petit peu bruyant, affirme le citoyen, qui l’a invité dans sa cour arrière. Il m’a mentionné qu’il n’avait pas la solution là, maintenant, mais qu’il était pour en parler à ses confrères et à leurs ingénieurs et qu’il me tiendrait au courant des dénouements. Il m’a parlé de la semaine prochaine. »

« On veut avoir une bonne relation avec les concitoyens. Ils habitent à côté de notre site et il faut une bonne relation de voisinage », estime M. Zabihiyan. L’entreprise qu’il représente est aussi en activité du côté de Cowansville, Notre-Dame-de-Stanbridge et Saint-Hyacinthe. « Il y a la qualité de vie des citoyens autour. Il y a aussi les accommodements qu’on peut faire pour les citoyens. C’est ce qu’on va essayer de faire, de voir ce qu’on peut faire. »

Le maire de Farnham, Patrick Melchior, affirme que les élus sont préoccupés par la situation. Il a d’ailleurs rencontré M. Zabihiyan mardi. « Je lui ai expliqué que le confort de nos citoyens est primordial », dit-il. Ce n’est pas la première fois que la Ville a vent que l’usine, plus précisément ses ventilateurs, engendre du bruit.

Une rencontre est prévue jeudi entre certains élus municipaux, dont le maire, et le représentant de Bitfarms. Le maire profitera de l’occasion pour visiter les installations de l’entreprise.