L’organisatrice du premier JamFest Trois-Rivières, Josiane Roch, en compagnie de l’artiste Alexandra Bastien et sa modèle Océane Salvas.

Le body painting ou l’art en mouvement

Trois-Rivières — Forme d’art caractérisée par l’aspect éphémère et vivant, la peinture sur le corps demeure méconnue du grand public. Les œuvres d’art créées n’en sont pas moins impressionnantes et très complexes, comme l’ont démontré les quarante artistes en body painting qui ont pris part jeudi à Trois-Rivières au premier FestiJam.

La quarantaine d’artistes d’un peu partout au Québec étaient en plein travail jeudi soir, lorsque l’équipe du Nouvelliste s’est rendue au FestiJam qui se tenait à l’île Saint-Quentin. Inspirés par le thème du monde féérique, les artistes peignaient et maquillaient les modèles pour que les œuvres prennent vie.

«Les artistes doivent réaliser les œuvres de 18 h 30 à 10 h. Par la suite, il y a un défilé final», explique Josiane Roch, organisatrice du FestiJam Trois-Rivières.

«C’est un rendez-vous amical pour le plaisir. Des experts et des débutants se sont réunis pour l’amour du body painting.»

La communauté de la peinture sur le corps du Québec a grandement répondu à l’appel et ses membres se sont déplacés en grand nombre à Trois-Rivières. «Nous sommes vraiment chanceux. Presque tout le monde est ici ce soir. Tout le monde a embarqué dans le projet, je suis vraiment contente», avoue Josiane Roch.

Alexandra Bastien applique pas moins de 40 couches de peinture sur son modèle pour que l’oeuvre prenne vie.

Si la plupart des œuvres étaient en préparation lorsque Le Nouvelliste s’est rendu à l’événement, celle d’Alexandra Bastien était déjà bien avancée. Son modèle Océane Salvas arborait déjà des scènes des films du Seigneur des anneaux. L’artiste à la réputation internationale prend toujours 24 heures à réaliser ses œuvres qui nécessitent pas moins de 40 couches de peinture.

«C’est ma marque de commerce», dit-elle en riant.

Son modèle a donc dû dormir une nuit avec de la peinture sur le corps. «Je dors près d’elle et je dois m’assurer, en me réveillant toutes les 20 minutes, qu’elle ne bouge pas et qu’elle ne brise pas l’œuvre», confie Alexandra Bastien.

Ces inconvénients ne dérangent aucunement Océane Salvas, qui apprécie cette forme d’art qui la transforme en œuvre vivante. «J’apprécie maintenant plus ce type d’art que les toiles», avoue-t-elle en ajoutant que l’incursion dans le monde du body painting a permis de faire tomber certains tabous. «Le corps humain et de voir des gens nus c’est tabou. Avant, ça l’était pour moi aussi, mais maintenant je suis vraiment à l’aise. Ça m’a beaucoup aidée pour ma confiance en moi.»

Artiste et femme d’affaires ayant sa propre ligne de maquillage (Paradise Makeup AQ), Jinny (Geneviève Houle) présente depuis plus de 20 ans ses œuvres à travers le monde. Cette diplômée en art apprécie particulièrement l’approche en trois dimensions du body painting.

Des accessoires peuvent être ajoutés aux oeuvres de peinture sur le corps.

«J’aime travailler l’effet 3D. Lorsqu’on regarde l’œuvre à une certaine distance, le personnage devient vivant», précise Jinny.

L'oeuvre de Jacinthe Sauvageau
L'oeuvre de Myriam Boudreau
L'oeuvre de Virginie Tétreault