L'entreprise Lauzon Planchers de Papineauville a annoncé vendredi un arrêt complet de ses opérations forestières.

Lauzon Planchers cesse sa coupe forestière: 165 emplois touchés

Les impacts de la fermeture temporaire de la papetière Fortress, à Thurso, commencent à se faire sentir au sein de l’industrie forestière de la région. L’entreprise Lauzon Planchers de bois exclusifs, basée à Papineauville, a annoncé vendredi qu’elle cessait immédiatement ses activités de coupe forestière, ce qui signifie qu’environ 165 travailleurs de l’Outaouais et des Laurentides perdront leur emploi au plus tard d’ici la fin du mois.

La direction de Lauzon Planchers de bois exclusifs a fait savoir vendredi que l’ensemble de son personnel et de ses sous-traitants avait été informé de la décision. Les opérations forestières de l’entreprise cesseront complètement à compter du 30 novembre prochain.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime forestier du gouvernement provincial, en 2013, les coûts d’approvisionnement en bois n’ont cessé de croître, a affirmé au Droit Michel Pitre, vice-président aux opérations sciage et foresterie pour Lauzon Planchers de bois exclusifs. La fermeture le mois dernier de Fortress Global, à Thurso, dont l’alimentation en copeaux et en bois de pâte provenait entre 25 % et 30 % de l’entreprise Lauzon, a été « la goutte qui a fait déborder le vase », a souligné M. Pitre. 

Coincée avec des surplus d’inventaires de pâte cellulosique, Fortress Global a annoncé le 7 octobre qu’elle cessait temporairement ses opérations pour une durée de trois à quatre mois, en attendant de dénicher un acheteur pour relancer l’usine de Thurso. Québec a accordé une seconde aide financière de 8 millions à l’entreprise afin que celle-ci conserve ses actifs pendant la fermeture de ses installations.

« Avec le nouveau régime forestier qui est en place depuis avril 2013, les coûts ont explosé de 35 %. C’est devenu une situation intenable pour nous. On ajoute à ça Fortress qui a baissé pavillon depuis quelques semaines. Aujourd’hui, on se retrouve devant un cul-de-sac et on ne peut juste plus continuer. On a tout fait pour éviter d’en arriver-là, mais on n’avait plus le choix. [...] On ne veut pas fermer nos usines, mais quand on perd des millions de dollars, ce n’est plus un choix. Juste en inventaire, je n’ai pas de preneur, j’en ai pour 10 millions de dollars », a confié M. Pitre, en fin de journée, vendredi.

Même si la coupe forestière a cessé vendredi, certains travaux restent à effectuer. D’ici une à deux semaines, les débusqueuses et les débrancheuses affiliées à Planchers Lauzon seront sorties des forêts publiques québécoises et le transport de bois sera terminé. « Maximum le 30 novembre, tout sera arrêté en forêt », a précisé M. Pitre.

Dans l’éventualité où les activités de Fortress seraient relancées plus tôt que prévu, la fin des coupes forestières demeurera en vigueur, a par ailleurs confirmé M. Pitre. Pour relancer les opérations en forêt de l’entreprise de Papineauville, le gouvernement du Québec devra absolument intervenir, selon le gestionnaire.

« Même si Fortress redécolle demain matin, on a encore la problématique de coûts. Soit qu’on met sur pied un comité d’experts pour trouver des solutions concrètes ou bien le gouvernement devra nous donner un crédit de 2000 $ par hectare de coupes pour payer l’augmentation de coûts des dernières années. Sans réduction de coûts, il n’y a rien qui va repartir », a indiqué M. Pitre qui estime que c’est toute la « structure forestière » de l’Outaouais qui se retrouve maintenant en péril. 

« Avec la main-d’œuvre qui n’est plus là, si on perd notre structure forestière en Outaouais, ça va nous prendre peut-être 10 ou 15 ans à rebâtir ça. Si le gouvernement ne nous aide pas, on va perdre notre industrie forestière », a-t-il ajouté.

Rencontre d’urgence à Thurso

Le préfet de la MRC de Papineau et maire de Thurso, Benoît Lauzon, a fait savoir vendredi, sur son compte Facebook, qu’il ne commenterait pas la nouvelle dans l’immédiat. Une rencontre d’urgence réunissant des intervenants politiques aura cependant lieu lundi matin, à l’Hôtel de Ville de Thurso pour faire le point sur le dossier. Le maire de Papineauville, Christian Beauchamp, la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, et des représentants de Planchers Lauzon sont parmi les personnes qui devraient assister à cette réunion.