Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, accompagné du maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin et de certains membres de la délégation économique en visite à Québec.

L’Assemblée nationale reconnaît officiellement le sous-financement en Outaouais

La motion reste pour l’instant symbolique, mais elle est une première dans l’histoire de la région. L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité, mercredi matin, une motion reconnaissant l’Outaouais comme une région administrative « avec des particularités importantes » qui amènent « des défis importants compte tenu de sa situation frontalière avec Ottawa ».

Cette motion a été déposée sans préavis, vers 11 h, par le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe. Cela a été fait en présence du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et des représentants de la délégation économique présents dans les tribunes. 

L’Assemblée nationale du Québec reconnaît ainsi que l’Outaouais a « accumulé un retard important ces dernières années quant au financement public en santé, en éducation, en enseignement supérieur et en culture ». Ce retard, reconnaissent les élus provinciaux, « a eu son lot de conséquences sur le développement économique de la région et sur sa capacité à se doter d’institutions dans plusieurs champs de compétence du Québec ». 

En entrevue avec Le Droit, le ministre Lacombe affirme qu’au-delà du symbole, il y a dans l’adoption de cette motion historique une question de principe. « C’est un peu comme un mariage, dit-il. C’est symbolique oui, mais ça démontre un engagement et une volonté sincère que ça fonctionne au même titre que notre geste démontre qu’on est disposé à travailler pour régler ce problème qui vit l’Outaouais. C’est toute l’Assemblée nationale qui vient de reconnaître que l’Outaouais a une situation particulière et qu’elle a été négligée dans les dernières années. Le Parti libéral a toujours refusé de reconnaître ça. Ce n’est pas une mince affaire. Les libéraux refusaient encore, lors de la dernière campagne électorale, de dire que l’Outaouais avait des défis particuliers. »

« Un grand moment »

Le maire Pedneaud-Jobin n’a pas caché qu’il s’agit d’un « grand moment d’émotion », pour lui qui a mené cette bataille pendant la plus grande partie de sa vie professionnelle, mais aussi pour des centaines de personnes de la région qui travaillent depuis des décennies à cette cause. « Une chose qu’on croyait impossible vient de se réaliser, a-t-il lancé. Que le gouvernement aille aussi loin avec l’Outaouais, c’est vraiment un signe politique fort de vouloir corriger notre situation. Ce sont les députés de tout le Québec qui reconnaissent que notre différence est plus grande et qu’il y a un enjeu national derrière les défis de l’Outaouais. »

Il s’agit d’un moment symbolique, mais « c’est le geste le plus fort qu’on a jamais eu » pour reconnaître le caractère particulier, les difficultés et le sous-financement de l’Outaouais en santé, en éducation et en culture, a noté le maire. « Les plus grands changements commencent par un changement de discours, et ça, c’est un changement de discours de l’État québécois », a-t-il ajouté. 

Que la motion ait été présentée par un membre du gouvernement ajoute à la force du symbole, estime M. Pedneaud-Jobin. Selon lui, le gouvernement vient s’imposer une obligation de résultat devant toute la population. « Quand le premier ministre Legault m’a regardé de son siège, je sais qu’il sait exactement de quoi on parle, a expliqué le maire. Il a été ministre de la Santé. Il sait qu’elles sont nos difficultés en santé. Il sait que ça n’a pas de bon sens d’envoyer 110 millions $ chaque année pour financer le système de santé de l’Ontario. Il sait que ça n’a pas de sens que 6000 cerveaux québécois doivent aller à Ottawa pour étudier parce que notre réseau d’éducation n’est pas assez solide pour les accueillir. »

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Signature du pacte fiscal

Le transfert vers les municipalités de la croissance des revenus sur l’équivalent d’un point de la TVQ est maintenant officiel. Le gouvernent du Québec, l’Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités ont signé, mercredi, le nouveau pacte fiscal d’une durée de cinq ans. Pour Gatineau, ce nouveau pacte avec Québec représentera une somme de 27 millions de dollars de plus dans ses coffres d’ici 2024. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a déjà précisé que ce financement supplémentaire allait d’abord servir à la réfection des infrastructures.