L’avion furtif F-35 est toujours en compétition avec trois chasseurs moins avancés.

L’appel d’offres pour le remplacement des CF-18 lancé bientôt

Au cours des prochaines semaines, un mois au maximum, le Canada devrait lancer le processus d’appel d’offres pour le remplacement de sa flotte de CF-18.

Le major-général Alain Pelletier est en train de mettre la touche finale aux travaux qui l’ont tenu occupé au cours des deux dernières années pour le choix du prochain chasseur, tout en s’assurant de maintenir la capacité opérationnelle de la flotte actuelle.

« Nous sommes toujours en discussions avec les quatre fournisseurs en lice », a expliqué au Quotidien, lors de son passage dans la région mardi, celui qui est devenu, en mai, le nouveau commandant de la 1re Division aérienne du Canada. Même si le F-35 est le seul avion furtif de cinquième génération, le major-général affirme que les offres seront analysées en fonction de la capacité du futur chasseur à répondre à la mission que va se donner le Canada et du nombre d’années de service qu’il sera en mesure de fournir – 35 à 40 ans –, plutôt que de génération.

Le Gripen est fabriqué par SAAB. Comme le Typhoon, il possède une aile delta.

Dassault a retiré son Rafale de la course.

Furtif, oui ou non ?

Les F-18, comme les F-16 ou les F-15, sont des avions de quatrième génération et sont facilement détectables par les radars. Le F-35 et le F-22 sont les seuls avions de chasse de cinquième génération, c’est-à-dire qu’ils ont une faible signature radar, ce qui les rend pratiquement indétectables.

Entre les deux, le Typhoon, fabriqué par Eurofighter, est un appareil qu’on dit de 4,5e génération. Il n’est pas complètement furtif, mais a des caractéristiques qui diminuent sa signature radar. On peut le détecter, mais son écho est plus petit et peut être confondu avec autre chose. Il y a aussi des changements sur le Super Hornet. Boeing fait des tests pour diminuer sa signature radar par des contre-mesures électroniques et certaines peintures qui, semble-t-il, absorbent les ondes radar au lieu de les réfléchir.

Le Typhoon, d’Eurofighter.

« Avec l’évolution des technologies, ce genre de dénomination tient moins la route, car on parle maintenant de 4,6 et même 4,7e génération. Nous avons nos exigences et nous discutons avec nos quatre fournisseurs », affirme le major-général Pelletier.

Le F-18 Super Hornet de Boeing, le Gripen du Suédois SAAB et le Typhoon européen sont donc encore dans la course avec le F-35 Lightning de Lockheed Martin.

Une fois que le Canada aura déposé la version finale de ses exigences, le major-général Pelletier estime que les quatre avionneurs devraient soumettre leurs offres à la fin de 2021. S’ensuivra une période de négociations devant aboutir à la livraison des premiers appareils quelque part en 2025, pour la mise en service au début de 2026.

Le F-18 Super Hornet de Boeing est toujours dans la course malgré le conflit avec le gouvernement canadien causé par l’affaire Bombardier. Il ressemble au Hornet, mais est 25% plus gros et possède des entrées de réacteur carrées.

Lorsque les 88 nouveaux chasseurs auront été livrés et que les CF-18 prendront leur retraite, ils auront presque 50 ans. D’ici là, ajoute Alain Pelletier, le Canada va tout mettre en œuvre pour s’assurer que nos vieux CF-18 continueront d’être en mesure de remplir leurs missions de protéger l’espace nord-américain et d’assurer la paix ailleurs dans le monde.

Ainsi, les avions, qui avaient été achetés au début des années 80 pour servir jusqu’en 2010, ont déjà subi des modifications pour les mettre à niveau avec de nouveaux systèmes d’armement et pour augmenter leur vie utile d’abord jusqu’en 2017, puis en 2025.

À cause de la décision du gouvernement fédéral d’annuler la commande initiale des F-35 pour retourner en appel d’offres, ils devraient donc bénéficier de nouveaux investissements pour prolonger leur vie jusqu’en 2032.