Le citoyen qui a installé une barrière sur le chemin Edmond, à Lac-Édouard, ne pourra plus exiger que les automobilistes qui passent à cet endroit lui versent 20 $
Le citoyen qui a installé une barrière sur le chemin Edmond, à Lac-Édouard, ne pourra plus exiger que les automobilistes qui passent à cet endroit lui versent 20 $

Lac-Édouard: une injonction force la réouverture du chemin Edmond

LAC-ÉDOUARD — Les responsables de la Zec Kiskissink, à Lac-Édouard, ont obtenu une première victoire contre le propriétaire d'un terrain qui bloquait l'accès au chemin Edmond et exigeait un droit de passage de 20 $ aux personnes voulant emprunter cette voie. En effet, la Cour supérieure a émis vendredi une ordonnance d'injonction pour une durée de 10 jours, forçant le propriétaire à retirer sa barrière.

À la Zec Kiskissink, cette injonction amène un grand soulagement, confirme son président, Pierre Lefebvre. 

«Ça représente moins de frustration à gérer des membres qui devaient payer 20 $ chaque fois qu'ils passaient par là. C'est moi qui gère les messages sur Facebook et beaucoup de gens étaient frustrés de ça», indique-t-il. 

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M. Lefebvre rappelle qu'environ 10 000 personnes empruntent le chemin Edmond pour se rendre à la Zec, à leur chalet ou à la pourvoirie la Seigneurie du Triton. Il affirme par ailleurs que l'entretien du bout du chemin qui fait l'objet de ce litige est entretenu par la Zec et la pourvoirie.

«C'est nous qui l'entretenons depuis 30 ans, et pas M.», martèle-t-il. 

Le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier, indique que l'inspecteur et la directrice générale de la Municipalité se sont rendus, accompagnés par un policier, chez le citoyen en question, Roger Aubry, pour lui remettre une copie du jugement et l'informer qu'il doit retirer sa barrière, samedi matin. Selon M. Bernier, le tout s'est passé sans heurts. Le premier magistrat se réjouit par ailleurs de l'obtention de cette injonction. 

«C'est un gros soulagement, c'est sûr. Sur les 10 000 personnes qui passent par là chaque année, il y a douze personnes de Lac-Édouard qui travaillent à la Seigneurie du Triton, donc qui passent là chaque jour. Ça a un impact énorme sur la qualité de vie des gens», mentionne M. Bernier. 

Le Nouvelliste a tenté de joindre M. Aubry pour commenter la décision du tribunal, mais il a préféré s'abstenir. 

Rappelons que M. Aubry menaçait depuis avril 2019 de construire une barrière et de faire payer les automobilistes qui devaient obligatoirement passer sur son terrain pour poursuivre leur route sur le chemin Edmond, si la Zec ne lui versait pas une indemnité annuelle pour l'utilisation de la portion du chemin qui lui appartient. Il a construit ladite barrière au cours de l'été 2019 et a finalement mis sa menace à exécution le 23 juillet dernier. 

Dans son jugement rendu vendredi, la juge Manon Lavoie estime qu'«il est inacceptable que la population soit prise dans un blocage injustifié, qui de plus laisse à la seule discrétion de la défenderesse le montant d'argent à être exigé pour pouvoir en sortir». La juge Lavoie ajoute que «la défenderesse empêche la Municipalité d'intervenir advenant un sinistre» et «vient nuire à l'intérêt public». 

Retour en cour dans une semaine

La Zec, la pourvoirie et la Municipalité de Lac-Édouard devront retourner en cour d'ici peu, puisque l'injonction obtenue vendredi est provisoire. Elle prendra donc fin le 10 août à 17h. 

«L'expropriation a été décrétée par le gouvernement du Québec et ce sont les avocats procureurs du gouvernement qui s'occupent du dossier. Le 7 ou le 10 août prochain, la date reste à déterminer avec la Cour, nous allons demander une injonction interlocutoire jusqu'au jugement final sur l'injonction permanente. Cette dernière demeurerait tant que le processus d'expropriation ne sera pas terminé», résume Me Rino Soucy, avocat associé chez DHC Avocats, qui représente la Zec, la pourvoirie et la Municipalité. 

Une fois la procédure d'expropriation terminée, la portion du chemin Edmond qui appartient présentement à Roger Aubry, via l'entreprise 9356-0209 Québec inc., appartiendrait au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles.