Labo de Danville : de nombreuses accusations déposées contre les producteurs

Pendant que le maire de Danville est préoccupé par les produits toxiques qui étaient rejetés dans l’environnement à partir du laboratoire clandestin de drogue de synthèse qui a fait l’objet d’une perquisition depuis la semaine dernière, les quatre individus qui en seraient à l’origine font face à la justice.

Emmanuel Pereira de Sorel-Tracy, Alexandre Beaucage de Saint-Denis-sur-Richelieu, Roxanne Turgeon-Strauss de Saint-Esprit ainsi que Roxanne Savard de Danville ont été accusés, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

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La femme de 45 ans de Danville ainsi que l’homme de 46 ans de Sorel-Tracy sont accusés de production de méthamphétamine entre le 8 avril et le 26 juin 2020 à Danville, de trafic de stupéfiants, de possession dans le but d’en faire le trafic de méthamphétamine, de MDMA et de cocaïne.

Ils sont aussi accusés avec Roxanne Turgeon-Strauss et Alexandre Beaucage de possession, de production et de transport de produits et de matériel servant à la production de drogue de synthèse à Danville.

Beaucage et Pereira sont aussi accusés de recel d’argent, tandis que ce dernier fait face à une accusation de recel de plus de 5000 $ ainsi que de nombreuses accusations liées à la possession d’arme prohibée. 

Roxanne Turgeon-Strauss est accusée de possession de pièces d’identité qui ne sont pas libellées à son nom.

La procureure aux poursuites criminelles s’est opposée à la remise en liberté de Roxanne Savard et Emmanuel Pereira.

À l’arrivée des policiers de la Sûreté du Québec à Danville, vendredi dernier, le laboratoire était encore fonctionnel. 

La perquisition à Danville a été réalisée de façon simultanée avec d’autres lieux situés à Montréal, Sorel, Oka et Terrebonne.

Plus de 90 000 $ en argent canadien, plusieurs armes à feu, plusieurs kilos de méthamphétamines et un kilo de cocaïne ont été saisis sur place selon le bilan provisoire fourni par la SQ.

« L’enquête se poursuit. Nous serons présents à Danville encore pour quelques jours. Un bilan complet devrait être dressé par la suite », explique la sergente Ingrid Asselin de la Sûreté du Québec.


Michel Plourde

Surpris par l’ampleur

Le maire de Danville, Michel Plourde est surpris davantage par l’ampleur du laboratoire démantelé que par le fait que ce type de criminel choisisse de s’installer dans une municipalité rurale comme Danville.

« Un tel laboratoire ne veut pas dire qu’il y a plus de drogue à Danville qu’ailleurs. Ce que j’en comprends, c’est que ce qui était produit à Danville était vendu dans les grands centres », mentionne le maire.

La SQ a mentionné qu’un kilogramme de la drogue de synthèse produite à Danville générait de cinq à six kilogrammes de déchets toxiques.

« C’est certain que nous sommes inquiets pour les cours d’eau autour de cet endroit. Nous allons chercher à minimiser les impacts. Je crois cependant que ce n’est pas à notre municipalité d’assumer la facture s’il y a lieu. C’est la SQ et Santé Canada qui pourront nous informer après avoir constaté l’ampleur des dégâts », explique Michel Plourde.

Si des perquisitions concernant la culture de cannabis ont déjà eu lieu à Danville, c’est la première fois que le maire est témoin d’une perquisition d’une telle ampleur. 

En 2015, une culture intérieure de cannabis avait été démantelée dans une grange de la petite municipalité. 

Les policiers de la SQ étaient débarqués à la propriété du chemin Craig en novembre.

Sept salles de production de cannabis avaient été aménagées à l’intérieur des bâtiments où 1330 plants avaient été découverts.

La perquisition avait permis de saisir 100 lampes servant à la production de cannabis, 600 grammes de cocotte de cannabis ainsi que l’équipement servant à la transformation de haschich.