Depuis 2013, Lydiane St-Onge a visité près de 70 pays.

La «petite voix intérieure» de Lydiane St-Onge

TROIS-RIVIÈRES — Depuis qu’elle parcourt la planète, Lydiane St-Onge a vécu toutes sortes d’expériences... des bonnes comme des moins bonnes. La jeune nomade derrière l’émission de télé et le livre «Lydiane autour du monde» a souvent voyagé en solitaire avec comme seul compagnon son sac à dos. Elle a toutefois toujours gardé en tête quelques notions de sécurité élémentaire qui lui ont permis d’éviter bien des ennuis, notamment en écoutant sa «petite voix intérieure».

La Trifluvienne d’origine a abandonné sa carrière de courtière immobilière pour partir à la découverte du monde. Depuis, elle a foulé le sol de près de 70 pays, dont certains, comme la Jordanie, le sultanat d’Oman, Israël ou encore l’Afrique du Sud, qui ne sont pas nécessairement «accueillant» pour une femme. Alors qu’une jeune Québécoise est disparue depuis la mi-décembre au Burkina Faso, la globe-trotteuse a accordé une entrevue pour parler de ses expériences et donner quelques conseils en matière de sécurité.

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«J’ai fait beaucoup de destinations qui étaient plus sensibles pour une femme, c’est sûr que je dois faire un peu plus attention. Mais en général, j’applique les mêmes règles lorsque je suis ailleurs dans le monde que si j’étais au Québec ou à Montréal», mentionne d’emblée Lydiane St-Onge.

Sa petite voix intérieure

L’autre allié indispensable de Lydiane St-Onge en voyage est sa «petite voix intérieure». «Lorsqu’elle me dit ‘‘me semble que cette rue-là est louche ou me semble que ce monsieur, je ne lui fais pas confiance’’, c’est important de l’écouter», mentionne la voyageuse. «Quand j’ai eu ces avertissements et que je ne l’ai pas écouté, ç’a mal tourné.»

Lydiane St-Onge se souviendra toujours du guide à Pétra en Jordanie. Après la visite, ce guide lui a dit qu’elle devait coucher avec lui ou lui payer 300 ou 400 $, ce qui était un tarif démesurément élevé. «Si je n’avais pas eu d’autres options, j’aurais payé. Je n’aurais pas sacrifié ma vie pour de l’argent», confie-t-elle.

«Mais j’ai toujours une bonne étoile. Deux gars que je connaissais étaient aussi à Pétra à ce moment. Ils sont arrivés au bon moment et ça s’est un peu bataillé. C’est sûr que c’est dans les moins bonnes expériences que j’ai eues. [...] J’ai découvert par la suite en faisant des recherches que je suis loin d’être la seule à avoir vécu cette mauvaise expérience en Jordanie.»

L’Afrique du Sud a aussi été une destination difficile, se souvient Lydiane St-Onge. «On dirait que la vie ne vaut pas grand-chose là-bas», avoue-t-elle. «Une fois j’ai fait du jogging un dimanche dans un parc et trois locaux m’ont dit que je ne devrais jamais courir seule, parce que chaque semaine il y a des viols et après ils tuent la fille. Les gens sont barricadés et ils sont armés jusqu’aux dents. C’est un autre monde.»

Depuis 2013, Lydiane St-Onge a visité près de 70 pays.

Si ces types d’expériences peuvent décourager certains du voyage, Lydiane St-Onge rappelle qu’ils sont plutôt rares et que les grands bénéfices du voyage l’emportent largement. «La majorité du temps, c’est tellement beau ce qu’il y a à l’étranger», poursuit-elle.

Être bien informé

Une bonne connaissance du pays où on se rend est essentielle, soutient la voyageuse. «C’est important de s’informer des mœurs, des coutumes, de ce qui se passe dans ce pays et qu’elles sont les problématiques et les arnaques qu’on y retrouve», précise-t-elle.

«Par exemple, certains pays sont reconnus pour les arnaques en taxi. Le chauffeur t’amène à un endroit et te fait sortir ton argent avec une arme.»

Toutes ces informations pertinentes se retrouvent sur le site du gouvernement du Canada voyage.gc.ca. Il s’agit d’une source d’informations très utile, avoue Lydiane St-Onge.

«Le site est mis à jour très souvent et il est ultra précis. Il est un peu alarmiste, mais ça nous indique ce qui est arrivé dans le pays où on veut voyager. Ça ne nous empêche pas de nous y rendre, mais on est mieux informé», soutient-elle.

Les avantages du voyage au féminin

Cela dit, Lydiane St-Onge ne croit pas qu’être une femme est un désavantage en voyage... bien au contraire. «On a tendance à croire qu’il y a de la violence partout dans le monde. Mais 99.9 % des gens sont bons», avoue-t-elle.

«Lorsque je voyage seule, je vais m’offrir plus souvent un transport, de l’aide ou un gîte. Et ce n’est pas parce qu’ils ont de mauvaises intentions derrière la tête, c’est juste qu’ils sont bons. Parce que je suis une femme, ils ont tendance à vouloir me protéger encore plus. Je trouve ça complètement beau et agréable de voyager en tant que femme.»

Malgré tout, la voyageuse applique toujours les règles de conduite ou les mœurs des pays qu’elle visite. «Les gens ne se montrent pas les jambes ou les épaules et se mettent un foulard sur les cheveux... parfait, je fais de même.»