Yves Bordeleau veut encourager les commerçants de la région à publier leurs publicités dans les pages du Nouvelliste.

«J’encourage Le Nouvelliste, mon Nouvelliste»

TROIS-RIVIÈRES — Les commerçants de la Mauricie n’ont visiblement pas jeté l’éponge relativement à la pérennité du Nouvelliste. Le pharmacien propriétaire des deux Uniprix Yves Bordeleau et Julie Houle de Trois-Rivières et Shawinigan, Yves Bordeleau, a notamment décidé de réinvestir une partie de son budget publicitaire dans les plateformes du Nouvelliste. Quelques années après avoir abandonné les pages du quotidien mauricien, il souhaite créer un «effet d’entraînement» auprès des commerçants régionaux.

À la suite du prêt d’urgence d’une valeur maximale de cinq millions de dollars accordé au Groupe Capitales Médias, lundi, la survie des médias écrits est davantage remise en question par la population québécoise. Pour M. Bordeleau, il est clair que les commerçants régionaux doivent «faire un effort» pour conserver la diversité des sources d’information.

«Je trouve ça triste ce qui se passe. [...] Ça m’a scié les jambes de voir ça, déplore-t-il. Je ne peux pas concevoir qu’il n’y ait plus de journaux, plus de nouvelles [régionales]. C’est important d’avoir différentes sources d’information crédibles, que ce ne soit pas concentré au même endroit.»

M. Bordeleau souhaite redonner une «bouffée d’énergie» à son journal local, et ce, en encourageant les autres commerçants à investir une partie de leur budget publicitaire dans les pages du Nouvelliste. «Je n’investis pas dans Google ou Facebook parce que j’ai une conscience régionale. [...] Je suis convaincu que les commerçants sont aussi préoccupés. Ils pensent qu’ils ne peuvent pas faire une différence, mais si 10 commerçants décident de faire comme moi, d’investir disons 10 000 $ par année, ça fait quand même 100 000 $ de plus. Si on ne fait pas d’effort, qui va le faire?», ajoute-t-il.

Il estime que c’est en investissant une partie de leur budget publicitaire que les commerçants pourront faire leur part dans la pérennité des médias régionaux. «Je trouve important d’être conséquent et je pense qu’il faut appuyer nos médias. Les compagnies ont un budget qui existe pour la publicité, il y a plein d’affaires qu’on pourrait faire pour aider. [...] Je veux que ça marche et si je peux faire mon petit bout, ce sera déjà ça de gagné», indique-t-il.

En mettant cette initiative de l’avant, M. Bordeleau veut principalement contribuer à la continuité et à la viabilité d’une source d’information locale, comme Le Nouvelliste.

«Si je dis aux lecteurs et aux commerçants que j’embarque, que Yves Bordeleau encourage Le Nouvelliste, mon Nouvelliste, j’espère que les gens vont venir chez nous, même si c’est juste pour acheter une bouteille de shampooing. Il faut qu’il y ait un effet global, une prise de conscience par rapport à ça», explique-t-il.

«C’est quoi le problème?»

Alors que certains ont cru que les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, soit Le Nouvelliste, Le Droit, Le Quotidien, Le Soleil, La Tribune et La Voix de l’Est, allaient fermer leurs portes à la suite de l’annonce faite lundi concernant les difficultés financières du groupe, un mouvement de solidarité se pointe à l’horizon. En effet, le nombre d’abonnements a augmenté et davantage de compagnies ont changé leur fusil d’épaule pour placer leurs publicités, notamment dans les pages du Nouvelliste. «Le lectorat est en augmentation, on le voit dans les sondages. Alors, c’est quoi le problème? Il faut que les commerçants se lèvent debout. Encourager les médias, c’est encourager la culture», a commenté M. Bordeleau.

D’ailleurs, une étude réalisée par Vividata au printemps dernier avait démontré que le lectorat était en progression pour les journaux du Groupe Capitales Médias. Une augmentation de 8 % avait été constatée comparativement à l’année 2018, soit 64 000 lecteurs de plus pour les différentes éditions papier.

Une augmentation avait aussi été constatée sur les différentes plateformes web, alors qu’un million de lecteurs de plus par mois consultaient les sites internet des journaux et près de 4000 faisaient de même pour les applications mobiles.