La mairesse de Saguenay, Josée Néron, profite de sa convalescence pour tricoter.

«J'ai hâte de revenir»

CHRONIQUE / La jambe cintrée dans une attelle de réhabilitation, assise sur un divan de la verrière de sa résidence privée baignée par le soleil extérieur, la mairesse de Saguenay a accepté de dresser son bilan médical après un mois de convalescence à la suite d’un accident de ski survenu le samedi 23 février.

C’est en amorçant un virage sur une plaque de glace au sommet d’une piste de ski du Mont-Saint-Anne à Québec qu’elle a subi une double fracture de la tête du tibia et une fissure de la palette du genou. « Je n’ai pas fait de chute, ma jambe gauche est partie de côté lors de la prise de carre sur la glace et c’est en la ramenant que j’ai senti une douleur. C’était très intense et je me suis accroupie au sol. Quand mon conjoint est arrivé près de moi, j’ai perdu conscience durant une trentaine de secondes », raconte Josée Néron qui a reçu les représentants des médias pour témoigner de son état de santé.

« J’ai essayé de me lever pour voir si je pouvais me rendre en bas de la pente, mais la douleur était trop intense. Les secouristes sont arrivés rapidement et m’ont descendue en civière jusqu’à une ambulance qui m’a conduite à l’hôpital », a raconté Josée Néron.

« J’ai été chanceuse, je n’ai pas eu besoin d’opération pour installer des vis et des plaques de métal. Je fais des exercices pour éviter que les muscles soient atrophiés et je suis les recommandations du médecin. »

Impatiente de revenir à l’hôtel de ville

J’ai demandé à la mairesse de Saguenay, une femme active et sportive, si elle se sentait comme un bourdon dans un cruchon durant sa période de convalescence. Ell s’est mise à rire. « La première semaine, j’ai trouvé ça difficile d’être ici, à la maison, je prenais des dérivés de morphine pour soulager la douleur et je songeais à être à l’hôtel de ville. Mais j’ai convenu qu’il y avait des gens compétents en place et que je devais prendre du temps pour la guérison de mes fractures », indique la mairesse qui était tout sourire mercredi après-midi.

Questionnée sur les commentaires parfois désobligeants à son égard sur les réseaux sociaux, la mairesse a dit qu’elle appliquait la même attitude que dans sa vie de tous les jours. « J’ai toujours fait le choix des gens qui pouvaient m’atteindre. J’accueille avec plaisir les commentaires positifs et je reçois aussi les critiques. Mais les insultes et mauvais commentaires, je laisse passer ça », philosophe la mairesse.

« J’ai cessé les dérivés de morphine après une semaine pour contrôler avec des antidouleurs afin d’avoir les esprits clairs », avoue la mairesse qui profite de son temps de guérison pour mettre à jour ses lectures et faire un peu de tricot. De sa résidence privée, la mairesse n’est jamais loin du téléphone pour s’enquérir des affaires municipales et discuter avec les membres de son équipe. « Dans ma tête, je sais que j’ai ça et ça à régler en 2019 et je continue à réfléchir à tous les projets que nous voulons réaliser », dit-elle. La Zone industrialo-portuaire, le réseau de pistes cyclables dans les arrondissements de Chicoutimi et La Baie et les traverses piétonnières sur les grandes artères de la ville font entre autres partie des dossiers qui cheminent bien à Saguenay.

Prête à réaliser l’amphithéâtre

« Nous attendons aussi les consultations pour le projet de l’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi. J’ai hâte d’entendre les citoyens sur le sujet. Je réitère, en tant que mairesse et en tant que contribuable, que nous avons une opportunité sur la table et que ce projet est porteur d’avenir. C’est un non-sens de ne pas exploiter ce terrain au centre-ville et le contexte est favorable. Le Centre Georges-Vézina est vétuste et on ne peut pas transformer une vieille auto en voiture électrique. Le premier ministre François Legault attend le "go" de la population pour aller de l’avant dans ce dossier », soutient la mairesse, qui semble impatiente de sauter sur la patinoire.

Pour celle qui skie depuis l’âge de sept ans et qui a fait ses premières descentes dans les pentes du Clairval, dans la Réserve faunique des Laurentides à Laterrière, Josée Néron se promet de bien soigner ses fractures et d’attendre le 23 avril, comme une convalescente disciplinée, avant de retourner à son bureau de l’hôtel de ville.