La juge Sonia Rouleau estime que les gestes posés par Daniel Perron sont graves, mais pas au point de mériter de la détention ferme.

Il met son pénis sur le comptoir

Le Baieriverain Daniel Perron s’est imaginé que sa grande amie de La Fabuleuse histoire d’un Royaume avait un intérêt envers lui, mais lorsqu’il a posé son pénis sur le comptoir de la victime, il s’est rendu compte que ce n’était pas tout à fait le cas.

Perron, un homme de 70 ans, a vu la juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, lui imposer un sursis de sentence d’une durée de 24 mois, assorti de 200 heures de travaux communautaires à réaliser, d’une probation de deux ans et d’un suivi de la même durée. Il a aussi fait un don de 550 $. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) réclamait 60 jours de détention discontinue et des travaux communautaires.

Perron et la victime sont tous les deux comédiens de la fresque historique régionale depuis quelques années. Ils sont devenus de très bons amis au fil du temps, au point où l’homme a pensé que la victime pouvait avoir des sentiments pour lui.

« L’homme a demandé à la victime ce qu’elle ferait s’il l’appelait et lui disait qu’il voulait passer la voir. La dame a répondu qu’elle lui ouvrirait et qu’elle lui offrirait un café », a résumé Me Marianne Girard, du bureau du DPCP.

Peu de temps après, le septuagénaire a appelé son amie et s’est présenté au domicile. La victime lui a ouvert. Elle était vêtue d’un pyjama. Elle lui a préparé un café.

« Et lorsqu’elle est revenue vers le comptoir, la victime a vu que l’accusé s’était sorti le pénis et qu’il l’avait posé sur le comptoir. Elle a été très surprise. Perron a ensuite mis sa main sous son pyjama et a touché ses seins. La dame lui a dit de partir », a poursuivi Me Girard.

Une semaine plus tard, l’accusé est revenu frapper à la porte de la victime. Celle-ci a cru qu’il revenait pour s’excuser et lui a ouvert la porte.

Mais ce n’était pas le cas. Il a plutôt recommencé ses attouchements et a voulu entraîner la victime au sous-sol pour pousser plus loin ses intentions. Il a été mis à la porte et des plaintes ont été déposées.

Avant de recevoir sa peine, Daniel Perron, dont les intérêts étaient représentés par Me Jérôme-Sébastien Tremblay, a fait part de ses remords et de ses regrets pour les gestes qu’il a posés.

« Je ne me reconnais pas. Je suis déçu de moi et très malheureux de la situation. Ça n’aurait pas dû arriver. Elle était une bonne amie. J’ai de la peine pour elle. Je me sens vraiment mal. Je tiens à m’excuser », a mentionné Daniel Perron.

La victime a maintenant de la difficulté à faire confiance aux hommes et elle n’ose plus sortir de chez elle.

« Je vis un stress encore aujourd’hui. Je ne sors plus de chez moi. Tu as brisé tout ce qu’il y avait en moi. Tu m’as détruite et tu as bousculé ma vie », a mentionné la victime dans une déclaration écrite.

Pas de détention

La juge Rouleau a été en mesure de rendre la sentence sur le banc. Rapidement, elle a laissé voir que la détention ferme n’était pas nécessaire pour faire comprendre à l’accusé la gravité de ses gestes et qu’il ne devait plus recommencer.

« Je crois que les regrets de l’accusé semblaient sincères et je vais en tenir compte. Tout comme votre plaidoyer rapide de culpabilité. »

« Pour la détention, je crois qu’elle doit être réservée aux véritables délinquants et dans les cas où il faut protéger la société. Les gestes posés sont graves, mais je crois que les risques de récidive sont très faibles. Votre rapport présentenciel est positif. Je ne pense pas que nous allons vous revoir », ajoute la magistrate.

En plus des travaux communautaires, la juge Rouleau impose une probation et un suivi de 24 mois, à l’intérieur duquel l’accusé devra suivre les recommandations de l’agent de probation.

« Cela signifie que si l’on vous suggère de voir un psychologue, vous devrez le faire. Vous devez trouver ce qui a pu se passer », a conclu la juge.

L’homme sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour 10 ans.