Michaël Girardot

Il menace de tuer sa patronne

« Je sais où elle habite. Je vais l’étrangler. Je vais la tuer »

C’est en ces termes qu’un ancien employé de la Banque TD de Magog a menacé de mort sa patronne à l’automne 2017.

Michaël Girardot était rouge et en sueur lorsqu’il a prononcé ces menaces de mort le 22 septembre 2017 à l’endroit de la directrice de la succursale par l’entremise d’une collègue.

Même s’il a manifesté son inquiétude envers le problème de gestion de la colère de l’accusé, le juge Érick Vanchestein de la Cour du Québec l’a fait bénéficier d’une absolution conditionnelle.

« Ce que j’ai entendu lors du procès m’inquiète. Mais je comprends qu’une absolution conditionnelle avec un suivi pourrait être imposée. Dans la présente situation, j’entretiens certaines inquiétudes. Je tiens compte du jeune âge de monsieur, des conséquences individuelles que pourrait avoir une condamnation sur son emploi et l’absence d’antécédent judiciaire », a signalé le juge Vanchestein qui venait de trouver Girardot coupable, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Dans le cadre de l’absolution conditionnelle, le juge Vanchestein a imposé une probation où il devra faire un suivi thérapeutique en matière de gestion de la colère. Un interdit de contact a été imposé avec la victime et le témoin principal dans cette affaire.

L’avocate de la défense Me Julie Beauchemin a plaidé que son client pourrait perdre son nouvel emploi advenant l’imposition d’un casier judiciaire. Une question en ce sens est posée pour l’obtention d’une certification de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Lors du procès, il a été établi que Girardot était un leader qui avait un ascendant sur certains employés et que deux clans s’étaient formés à la succursale magogoise, créant une ambiance hostile et difficile.

D’un côté le clan de la directrice et de l’autre celui de Girardot, qui n’hésitait pas à dénigrer sa supérieure en mentionnant notamment « qu’elle serait mieux de se trouver un emploi dans un bar de danseuse que dans une banque. »

« L’accusé voulait que les autres employés croient qu’elle était incompétente », a soulevé le juge Vanchestein.

La tension est montée jusqu’au point où une plainte a été déposée contre la directrice de la succursale magogoise à l’été 2017. La plainte a été rejetée à la suite d’une enquête interne menée par les hautes instances de la Banque TD.

C’est à la suite du rejet cette plainte que Michaël Girardot a fait les menaces de mort.

La victime dans cette affaire a craqué à la suite de ces événements. Elle se trouve en arrêt de travail pour une dépression majeure.

Michaël Girardot a été congédié de la Banque TD à la suite de ces agissements.

L’individu de 26 ans de Sherbrooke s’est adressé au tribunal lors des observations sur la peine.

« J’ai tout perdu. On a détruit ma réputation à la Banque TD. Ça m’a atteint comme jamais je n’ai été atteint. Je vais faire quoi si je perds mon emploi. C’est un problème qui a été mal géré par la Banque TD. Je veux contribuer à la société. Ma vie c’est l’enfer. J’ai toujours collaboré. Je veux me réintégrer. Je veux une chance pour retourner travailler », a indiqué l’accusé qui a fondu en larmes lors des observations sur la peine, mais qui ne s’est pas excusé à la victime.

La procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau s’opposait à une absolution dans ce dossier.

« La victime a eu des craintes réelles et prolongées. L’absolution ne doit pas être considérée. Cette affaire s’est passée en milieu de travail et a eu des impacts énormes sur une personne. Si l’intérêt de la société n’est pas ce qui se passe en milieu de travail, je trouve ça inquiétant », a plaidé Me Crépeau.