Michaël Tessier

Il défonce un guichet bancaire avec ses poings

« J’ai fessé le guichet. C’est moi qui ai gagné. »

Michaël Tessier de Sherbrooke avait les mains en sang lorsqu’il a confessé avoir détruit un guichet bancaire le 24 août dernier.

Intoxiqué aux boissons énergisantes et aux suppléments qu’il prenait pour son entraînement intensif, Tessier a donné dix coups de poing et de pied à une machine causant plus de 6000 $ de dommages.

Le 30 août, Tessier s’était à nouveau fâché contre un guichet bancaire, mais cette fois, c’est à un individu qui attendait derrière lui qu’il s’en est pris. Il a donné trois coups à cette personne.

L’individu de 44 ans a reconnu ces deux événements, vendredi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

L’avocat de la défense Me Michel Dussault réclame une peine de détention de six mois moins la détention provisoire calculée en temps et demi, soit un reliquat d’environ un mois et demi.

La procureure aux poursuites criminelles Me Véronique Gingras-Gauthier demande une peine de neuf mois, moins la détention provisoire purgée à temps simple.

Les deux avocats soumettent l’imposition d’un suivi et une interdiction de consommer des suppléments d’entraînement.

Appelé à la barre lors des observations sur la peine, il explique les gestes par sa surconsommation de suppléments pour l’entraînement puis un sentiment de persécution par rapport au Service de police de Sherbrooke.

« Je m’entraînais beaucoup pour canaliser. Les fils se sont touchés. Je prenais des suppléments de performance et de boissons énergisantes. J’ai manqué de jugement par rapport aux effets secondaires de ces produits. J’étais impulsif, comme dans un état second. L’entraînement est une fierté, mais les produits; c’est fini », affirme Michaël Tessier.

Il a aussi donné des explications pour le geste du 30 août dernier.

« Je pensais que la personne regardait mon NIP. J’ai mal géré la réaction que j’ai eue. J’ai fixé la barre trop haute en prenant ces produits. Je n’étais pas capable de me maitriser », affirme Michaël Tessier.

L’individu de 44 ans est détenu depuis le 30 août dernier à la suite du dernier geste commis sur un inconnu.

Tessier a été transféré sept fois entre quatre centres de détention, soit Sherbrooke, Bordeaux, Orsainville et Rivière-des-Prairies.

« Mon incarcération est difficile. On me parle chaque fois de surpopulation. Je n’ai pas accès à mes effets personnels. Je ne peux voir ma conjointe et mes enfants. Je dors souvent par terre (...) Je me sens haï et l’état ne peut rien faire pour moi. C’est difficile à accepter », a affirmé Tessier au tribunal qui mentionne se sentir persécuté.

La juge Desgens a souligné que Tessier avait parlé beaucoup de sa personne mais qu’il n’avait pas montré beaucoup d’empathie à l’égard de la victime. L’accusé a alors saisi la perche tendue par le tribunal.

« J’étais fautif. Je n’ai pas pris conscience des répercussions sur la vie de cette personne. J’ai eu tort. J’ai posé un geste gratuit à l’égard de cette personne », a signalé Michaël Tessier. 

La peine à Michaël Tessier sera imposée le 10 janvier 2019.

Tessier possède de nombreux antécédents judiciaires qui remontent à plusieurs années.

En 2012, il a notamment été condamné à 44 mois de prison pour voies de fait armées pour un événement de 2011.