L’individu, maintenant âgé de 66 ans, a reconnu s’être livré à des attentats à la pudeur et des agressions sexuelles sur son frère cadet entre 1980 et 1983. Il a aussi admis avoir eu une relation sexuelle complète avec sa sœur en 1979 commettant ainsi le crime d’inceste.

Il a abusé sexuellement son frère et sa soeur: «Un maudit pervers»

TROIS-RIVIÈRES — Une autre désolante affaire d’inceste a été révélée, vendredi, au palais de justice de Trois-Rivières, avec le plaidoyer de culpabilité d’un résidant de Saint-Justin qui a abusé sexuellement de son frère et de sa sœur.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, est maintenant âgé de 66 ans. Il a reconnu s’être livré à des attentats à la pudeur et des agressions sexuelles sur son frère cadet entre 1980 et 1983. Il a aussi admis avoir eu une relation sexuelle complète avec sa sœur en 1979 commettant ainsi le crime d’inceste.

En ce qui concerne les délits sexuels perpétrés sur son frère, ceux-ci ont commencé alors que l’agresseur était âgé de 28 ans, marié et père d’un jeune enfant. Son petit frère en avait alors 15. Le premier événement est survenu alors qu’il le gardait à sa résidence de Saint-Justin. Une nuit, il s’est glissé dans son lit pour frotter son pénis contre lui. La victime l’a immédiatement repoussé, ce qui a réveillé son propre enfant qui dormait dans le lit voisin et sa conjointe qui se trouvait dans une autre chambre. Il a malgré tout poursuivi son manège jusqu’à l’éjaculation.

Plus tard en entrevue, la victime se rappelle de cet épisode comme si c’était hier. «Ça m’a tué. Je n’ai rien fait. Je me suis tu à cause de son fils, âgé de 2-3 ans qui était à côté. Le lendemain, il est venu s’excuser en me disant qu’il avait bu. J’ai préféré le croire mais la sensation de le sentir éjaculer sur moi, je ne peux pas la décrire. Il n’y a pas de mot à part ‘‘dégueulasse’’», a-t-il raconté.

Or, deux semaines plus tard, il a recommencé en feignant cette fois-ci d’avoir besoin d’aide pour ses étirements de karaté. Il a ainsi pris le pied de son jeune frère pour le frotter sur son pénis jusqu’à éjaculation. «Cette deuxième fois, il a planté le clou», a-t-il ajouté.

Les abus sexuels se sont ainsi poursuivis pendant trois ans et demi. Dès qu’il gardait son frère ou avait une occasion d’être seul avec lui, il en profitait pour obtenir des masturbations et des fellations, et quelquefois de part et d’autre. «Je n’ai rien fait parce que j’avais honte. J’avais peur aussi d’en parler et de ne pas être cru, surtout qu’il était très respecté dans notre milieu», a-t-il précisé.

Il a ensuite commencé à consulter un psychologue vers l’âge de 18 ans afin de trouver le courage de l’affronter. «Je lui ai dit que c’était fini, que ça n’avait pas d’allure car nous étions deux frères. Et il m’a répondu: ‘‘Je ne comprends pas. J’étais sûr que tu aimais ça’’», a-t-il déploré.

Au fil des années qui ont suivi, le plaignant a souffert d’une dépression et a même fait une tentative de suicide au point d’être hospitalisé pendant un mois. Et jamais il n’a voulu en parler ouvertement dans sa famille, hormis à sa mère qui l’a prévenu que si son père apprenait cela, il tuerait son frère.

Les blessures intérieures ont aussi eu raison de sa condition physique. «J’étais malade au point d’être convaincu que j’allais mourir. J’ai fait le choix de me libérer avant de partir», a-t-il précisé.

Il a donc entrepris, il y a deux ans, un suivi auprès de l’organisme Emphase qui vient en aide aux hommes agressés sexuellement dans leur enfance. En dépit de son désespoir, il a continué à se battre jusqu’au jour où il a décidé de porter plainte à la police contre son frère en novembre 2017. «J’ai réalisé que je portais la honte et la culpabilité de quelqu’un d’autre et c’est ce qui m’avait rendu malade», a-t-il mentionné.

Aujourd’hui, sa santé s’est grandement améliorée. Il se dit fier de lui et surtout, libre. Sa sœur n’a d’ailleurs pas tardé à suivre son exemple et à porter une plainte elle aussi.

Tel que l’a raconté devant le tribunal la procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, cette femme a été victime d’une relation incestueuse à une seule reprise en 1979. Elle avait alors 19 ans. Elle était allée dans un bar avec son frère aîné pour se confier sur ses problèmes personnels et chercher du réconfort. Elle vivait à ce moment une peine d’amour et avait perdu confiance en elle. À la fin de la soirée, son frère devait la ramener chez elle mais il l’a plutôt conduite dans un motel de Yamachiche. Une fois dans la chambre, il l’a déshabillée, l’a couchée sur le lit et a eu une relation sexuelle complète avec elle non protégée. Sous le choc, la plaignante n’a jamais eu la force de le repousser.

Lors du plaidoyer de culpabilité vendredi, celle-ci n’était pas présente dans la salle d’audience contrairement à son jeune frère. Visiblement, ce dernier était satisfait du dénouement. «Le fait qu’il reconnaisse sa culpabilité, c’est comme un cadeau que la vie me fait. Je me sens libéré. J’ai eu raison de faire tout ce que j’ai fait car c’est un maudit pervers. Je sais en bout de ligne qu’il n’aura pas grand-chose comme sentence mais l’important était qu’il plaide coupable. J’incite toutes les victimes à porter plainte d’ailleurs. Je tiens aussi à signaler le bon accueil des policiers de Trois-Rivières et le travail du sergent Jonathan Philie de la Sûreté du Québec lors du dépôt de ma plainte et le soutien que j’ai eu de Cavac», a-t-il précisé.

Les plaidoiries sur sentence de cet individu, qui est représenté par Me Sabrina Méthot, auront lieu le 8 avril.