Martine Soucie a été reconnue coupable d'homicide involontaire en avril dernier.

Homicide involontaire de son bébé: la Couronne demande 12 ans

La Couronne demande une peine d’emprisonnement de 12 ans contre Martine Soucie, une Gatinoise reconnue coupable d’avoir martyrisé et tué sa fille de six mois, en 2014.

Pour sa part, la défense a plaidé pour une peine de 2 à 5 ans.

La juge Anouk Desaulniers, de la Cour du Québec, a déclaré la jeune femme coupable d’homicide involontaire, de voie de fait grave, et de voie de fait grave causant des lésions, le 18 avril dernier.

L’enfant, Miliange, est décédée le 16 novembre 2014.

Parmi les nombreuses fractures à une clavicule, aux côtes et aux jambes, celle qui a été infligée au tibia droit du bébé est celle qui s’est avérée mortelle, puisqu’elle lui a causé une infection, puis une embolie pulmonaire.

La Couronne a souligné les mauvais traitements répétés de la mère envers son enfant, qui n’a connu que la souffrance, de sa naissance à son décès.

Martine Soucie a tenté de mettre la faute sur sa propre mère, ses autres enfants, et sur le père biologique. Ce dernier a rapidement été mis à l’écart après la naissance.

Le père n’a jamais été accusé. Il a d’ailleurs vivement dénoncé son ex-conjointe depuis le drame.

Après la mort de Miliange, l’accusée a mis au monde un autre enfant, en cachant sa condition au corps médical.

Ce quatrième enfant lui a été retiré deux jours plus tard.

Tous les enfants de l’accusée lui ont d’ailleurs été retirés, et placés sous la protection de l’État.

La jeune femme rejette toujours le blâme.

Ces éléments d’information apparaissent dans le rapport pésentenciel qui a été présenté lors des observations sur la peine, au palais de justice de Gatineau, mercredi matin.

Le même rapport, troublant, aborde le risque de récidive.

Alors que ce risque est considéré comme étant faible (la mère n’a plus la garde de ses enfants), celle-ci a toujours le contrôle sur sa capacité d’enfanter à nouveau.

Le chef d’homicide involontaire est passible de la prison à perpétuité, selon le Code criminel.

La Couronne a expliqué à la magistrate qu’un tel crime, dans ces circonstances, valait de 8 à 12 ans de pénitencier, selon la jurisprudence canadienne.

L’avocat de la défense, Gérard Larocque, a réclamé une peine moins sévère, soulignant « les capacités psychologiques » limitées de sa cliente, son jeune âge au moment des faits, soit 22 ans, et l’absence d’antécédents judiciaires quand le drame s’est produit. 

« On est conscient que c’est un crime grave, affreux, horrible », a dit Me Larocque.

L’avocat veut distinguer sa cliente par rapport aux autres personnes accusées du même genre de crime, mais qui sont qualifiées de « vifs d’esprit ».

« Rien ne justifie la douleur, mais il n’y a pas de volonté de tuer dans le cas qui nous concerne. On ne sentence pas aujourd’hui Albert Einstein », a-il lancé, pour appuyer son idée d’une jeune femme troublée, fragile et déséquilibrée.

« Madame a été elle-même placée à l’âge de 13 mois, ajoute l’avocat de la défense. On décrit quelqu’un qui ne va pas bien. »

La négation sur sa responsabilité découle de son absence d’affect, et d’un mécanisme de défense plus près de celui d’un enfant, souligne Me Larocque.

La peine de deux à cinq ans proposée serait davantage appropriée, compte tenu du principe d’individualisation des peines, selon l’avocat de la défense.

L’affaire, remise pour décision à la fin du mois de novembre, soulève d’intenses émotions de la part des familles éprouvées.

Un autre épisode triste s’est produit mercredi, lorsqu’une femme en pleurs est sortie de la salle d’audience, à la fin des délibérations.