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Hausse du nombre d'entreprises de tourisme autochtone malgré la pandémie
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Hausse du nombre d'entreprises de tourisme autochtone malgré la pandémie
Malgré la pandémie, le nombre d’entreprises en tourisme autochtone a connu une hausse de 15 %, au cours de la dernière année. De plus, l’annonce de deux aides financières totalisant 13 millions de dollars au début du mois d’avril pour le tourisme nordique permettra la mise en place d’un incubateur et accélérateur d’entreprises et le développement du service de taxi-brousse. Le tourisme autochtone et le tourisme d’aventure pourront ainsi s’implanter comme produits d’appel pour pallier la perte de clientèle causée par la fermeture de la chasse au caribou. Tour d’horizon.
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Hausse du nombre d'entreprises de tourisme autochtone malgré la pandémie

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Hausse du nombre d'entreprises de tourisme autochtone malgré la pandémie

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Le secteur touristique a été frappé de plein fouet par la pandémie et les entreprises dépendantes du tourisme international, comme c’est le cas de plusieurs en tourisme autochtone au Québec, ont vu la majorité de leur clientèle interdite d’accès au pays du jour au lendemain. Malgré ce coup dur, le nombre d’entreprises en tourisme autochtone a crû de 15 %, l’année dernière.

« L’impact pour les entreprises a été très important, car le tourisme international est très important pour les entreprises autochtones », souligne Dave Laveau, directeur général de Tourisme autochtone Québec (TAQ).

Si la pandémie avait eu lieu il y a une dizaine d’années, les impacts auraient été encore plus grands, mais le secteur s’est beaucoup professionnalisé depuis, atteignant une belle maturité, ajoute ce dernier.

« Quelques entreprises ont dû fermer leurs portes, mais on a quand même admis 31 nouveaux membres cette année, soit une augmentation de 15 %, pour porter notre effectif à 171 entreprises », remarque le directeur général.

Jadis, il fallait convaincre les conseils de bande de l’importance du tourisme comme levier économique, mais aussi comme un outil pour préserver la culture et occuper le territoire, poursuit-il, mais aujourd’hui, toutes les communautés adhèrent à cette vision du développement.

Ce changement de mentalité explique en partie pourquoi le nombre de membres de TAQ a continué à croître, pour une 11e année consécutive, malgré la pandémie.

Des projets porteurs

Pour aider les entreprises à passer à travers la pandémie, TAQ a mis sur pied différents projets innovants pour ses membres. D’abord, TAQ a souhaité profiter de cette pause forcée pour faciliter le virage numérique, explique Dave Laveau. « On a offert à nos membres de faire un diagnostic de leurs opérations sur leur site Web et sur les réseaux sociaux pour cibler les actions à prendre pour améliorer le commerce en ligne », dit-il.

Une soixantaine d’entreprises ont participé au projet piloté par des conseillers experts dans le domaine du numérique, et TAQ a investi près de 200 000 dollars pour financer des mesures pour prendre le virage numérique. Certaines entreprises se sont particulièrement bien adaptées à la réalité de la pandémie, dont le Musée amérindien de Mashteuiatsh, qui a développé un concept de contes et légendes virtuel, remarque Dave Laveau.

De plus, en partenariat avec La Ruche et Vaolo, une entreprise de tourisme durable, TAQ a mis sur pied une campagne de sociofiancement, invitant les Québécois à acheter un forfait maintenant, pour le consommer plus tard, en offrant des rabais de 40 à 60 %. Ce projet a permis de faire 391 ventes, générant des revenus immédiats de 48 000 dollars… quand tout était fermé au printemps 2020.

Air Tunilik: développer le service de taxi-brousse

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Air Tunilik: développer le service de taxi-brousse

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Après avoir passé à un cheveu de mettre la clé dans la porte, Air Tunilik s’est relevé en développant un nouveau plan d’affaires misant sur le tourisme d’aventure, afin de palier à la baisse d’achalandage depuis la fermeture de la chasse au caribou en 2018. Pour développer davantage son service de taxi-brousse, le transporteur aérien a reçu une aide financière de cinq millions de dollars, dont deux millions en subvention, pour lui permettre de mettre la main sur plusieurs actifs d’Air Saguenay, qui a mis fin à ses opérations en 2020.

Fondé en 2002, Air Tunilik, une entreprise dont les opérations sont basées à Baie-Comeau, est spécialisée dans le transport de brousse dans le nord du Québec. Pendant plusieurs années, ce sont les chasseurs de caribou qui représentaient le plus gros volume de déplacement. En 2013, la chasse au caribou a d’abord été interdite à Schefferville, causant un arrêt des activités.

Simon Contant, le propriétaire d’Air Tunilik, espère doubler le volume d’affaires d’ici cinq ans.

« Cette fermeture a créé un gros vide dans le monde de l’aviation de brousse et l’entreprise a failli disparaître », souligne Simon Contant, un pilote d’avion, qui a décidé de racheter l’entreprise en 2014.

Les activités se sont maintenues tant bien que mal, mais en 2018, l’interdiction totale de la chasse au caribou est implantée à la grandeur de la province. Malgré tout, l’entreprise décide de poursuivre ses activités. Alors que Simon Contant était presque sûr de mettre fin aux activités d’Air Tunilik, Jean Tremblay, le propriétaire d’Air Saguenay, le contacte pour voir s’il avait un intérêt pour reprendre une partie de ses actifs.

« On a commencé par acheter un avion et louer certaines de ses bases d’opérations », souligne Simon Contant. Puis, en mars 2020, Air Tunilik finit par acheter la majorité des actifs et des bases d’opérations, dont celles de Manic 5, de Sept-Îles, de Havre-Saint-Pierre, de Wabush, de Natashquan, de Caniapiscau et à la Baie-James. Seule la base du lac Sébastien, à Falardeau, a été reprise par une autre entreprise, soit Aviation La Tuque.

Ces nouvelles acquisitions, combiné à l’interdiction de chasse au caribou, ont forcé l’entreprise à revoir complètement son plan d’affaires, misant davantage sur les pêcheurs, les pourvoyeurs et les villégiateurs. Il a fallu plusieurs mois pour concrétiser la transaction et c’est en avril 2020 que le rachat a été fait, grâce à un investissement de cinq millions de dollars d’Air Tunilik, combiné à une subvention de deux millions de dollars et un prêt de trois millions de dollars de Québec.

La pandémie de COVID-19 a encore forcé Air Tunilik à faire de nouveaux ajustements. « On a dû déchirer notre plan d’affaires pour faire un plan d’affaires COVID », soutient Simon Contant. Ainsi, le transporteur aérien s’est tourné davantage vers la clientèle québécoise. L’entreprise veut développer l’offre le transport des villégiateurs vers leur chalet isolé, qui se comptent par centaines au Québec.

Le tourisme d’aventure est aussi dans la mire, car ce secteur d’activité est peu développé par les avionneurs à l’heure actuelle.

« On est équipé pour transporter des canots et des kayaks et on a connu une forte augmentation de ce type de clientèle l’an dernier », soutient l’entrepreneur de 33 ans. Par exemple, son entreprise offre le transport sur 90 km pour 900 dollars, ce qui permettrait notamment de faire la descente de la rivière Magpie. « C’est la moitié du coût d’un hélicoptère », dit-il.

Avec une douzaine d’hydravions, Simon Contant souhaite développer un service de taxi-brousse efficace dans les régions nordiques. Ces avions peuvent compter jusqu’à neuf passagers et contenir 1000 livres de cargo. Ainsi, l’entreprise, qui transporte environ 20 000 personnes chaque année, espère doubler le volume d’affaires d’ici cinq ans.

Un objectif de 32 projets pour l’incubateur-accélérateur nordique

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Un objectif de 32 projets pour l’incubateur-accélérateur nordique

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Le gouvernement du Québec investit huit millions de dollars dans un projet d’incubateur d’entreprises pour le tourisme nordique. La gestion du projet sera déléguée à trois associations sectorielles, soit Tourisme autochtone Québec, la Fédération des pourvoiries du Québec et Aventure Écotourisme Québec, pour développer l’axe nature-culture-aventure.

« C’est assez unique que Québec délègue la gestion de programmes du genre à d’autres organisations et je crois que c’est porteur d’avenir », estime Dave Laveau, le directeur général de Tourisme autochtone Québec (TAQ).

Cette délégation de gestion évitera que ce soit un fonctionnaire basé à Québec ou à Montréal qui évalue les projets, sans comprendre la réalité sur le terrain. « Il y a tellement d’enjeux différents dans le nord, dont la langue, les télécommunications et les déplacements, pour ne nommer que ceux-là, qu’il est préférable que les demandes soient analysées par des spécialistes du milieu », ajoute le directeur général.

Pour financer cet incubateur à la hauteur de huit millions de dollars sur trois ans, quatre millions proviendront du ministère du Tourisme et l’autre quatre millions de la Société du Plan Nord.

Six millions de dollars seront dédiés à financer les projets de l’incubateur et accélérateur d’entreprises œuvrant dans le domaine du tourisme nordique, c’est-à-dire pour les projets réalisés au nord du 49e parallèle, ainsi que sur l’île d’Anticosti.

Pour que ce financement permette de mettre sur pied des projets durables, deux millions de dollars seront alloués pour l’accompagnement des entreprises.

« L’enjeu de l’accompagnement est primordial, car ce sont de très petites entreprises, menées par quelques passionnés, qui travaillent dans le domaine du tourisme nordique », souligne Dave Laveau.

Dès l’acceptation d’un projet, de l’expertise sera ainsi dédiée à l’accompagnement des promoteurs, que ce soit pour la rédaction d’un plan d’affaires ou pour développer un nouveau produit, comme une nouvelle rivière à descendre en canot, par exemple.

Les pêcheurs font partie des clientèles ciblées pour développer davantage le tourisme nordique.

Au-delà de l’évaluation du projet, une attention particulière sera portée sur les promoteurs, afin de cibler leurs forces et leurs faiblesses.

« On veut miser sur leurs forces et trouver l’aide nécessaire pour compenser certaines faiblesses, lorsqu’elles sont présentes », mentionne Dave Laveau, soulignant que des experts comptables accompagneront les entrepreneurs.

Autre particularité : il n’y aura pas de date butoir pour présenter un projet et les demandes pourront être faites en continu. De plus, des cercles de partage seront organisés entre les entrepreneurs concernés, pour faciliter le réseautage.

Les différents partenaires financiers, comme Investissement Québec, travailleront de près avec l’incubateur, pour que le financement de Québec agisse comme un levier de financement.

« Six millions de dollars, ça se dépense vite dans le Nord, où tout coûte plus cher, note Dave Laveau. On espère que ce n’est que le début, et on compte faire nos preuves pour que ce test sur trois ans génère d’autres programmes du genre. »

Le site Web de l’incubateur-accélérateur nordique (IAnord.ca) est déjà en ligne et les informations générales permettent aux promoteurs de se préparer à déposer leur candidature, une étape qui devrait pouvoir se faire en mai.

La culture inuite est un facteur d’attraction envers le tourisme nordique.

L’objectif des trois associations sectorielles est de financer 32 projets sur trois ans. Selon le ministère du Tourisme, les projets devront permettre d’accroître l’achalandage, d’augmenter les dépenses touristiques, ou d’adopter des pratiques plus écoresponsables. Guillaume Roy, journaliste de l’Initiative de journalisme local