Rita et Hermance Doré étaient heureuses de rappeler le souvenir de leur frère, Gérard Doré, mort au combat tout juste avant ses 17 ans.

Gérard Doré, mort au combat à 16 ans, honoré par la Légion royale

Plus d’une centaine de personnes se sont réunies, vendredi soir, pour honorer Gérard Doré, tombé au combat en 1944 en France, à l’âge de 16 ans et 11 mois, alors qu’il combattait avec ses frères d’armes lors de la Seconde Guerre mondiale.

Parmi les gens présents à la Légion royale canadienne Filiale 209, à Arvida, près de la moitié étaient des membres de la famille de M. Doré. Deux de ses soeurs étaient présentes, en plus d’une de ses belles-soeurs ainsi que plusieurs nièces.

Rita, qui demeure à Roberval, et Hermance Doré, qui habite maintenant à Montréal, se sont rappelé des souvenirs de leur frère, qui s’est porté volontaire pour le combat sans le dire à qui que ce soit, allant jusqu’à falsifier ses papiers pour être admis dans l’armée.

« Je me rappelle que lors d’une des dernières soirées passées avec lui, il me montrait à chanter en anglais, mentionne Hermance Doré, qui avait 20 ans au moment des événements. Personne ne savait qu’il allait à la guerre. Il a dit qu’il partait travailler. »

Sa soeur, Rita Doré, explique que lorsque leurs parents ont appris que Gérard s’était enrôlé, ils ont tenté de le faire sortir des Forces. « Les dirigeants lui ont demandé s’il voulait sortir et il n’a pas voulu. » Elle ajoute s’être évanouie lorsqu’elle a appris la mort de son frère.

Daniel Tremblay, directeur des relations publiques à la Filiale 209 Arvida, raconte que Gérard Doré jouit d’une forte reconnaissance en France, où il est devenu un emblème de liberté. « Ils l’ont vraiment adopté en France. Un membre de la famille m’a raconté être allé souper dans un restaurant, et le restaurateur lui a offert un repas gratuit parce qu’il était de la parenté de Gérard Doré. Ils ont laissé un pourboire aux serveurs, mais ils ont couru après eux pour leur redonner, disant qu’ils ne pouvaient pas accepter ça, parce que s’ils pouvaient travailler aujourd’hui, qu’ils étaient libres et qu’ils parlaient français, c’était grâce aux soldats. Il y a beaucoup de reconnaissance. »

Hermance Doré mentionne aussi qu’un monument en forme de feuille d’érable a été érigé, en France, en l’honneur de son frère, qui a reçu la Médaille du lieutenant-gouverneur du Québec à titre posthume, le 11 novembre 2016.

Les membres de l’assemblée de vendredi soir ont observé une minute de silence à la mémoire de Gérard Doré, après un hommage touchant récité par Daniel Tremblay. On y apprend notamment que des fleurs sont laissées anonymement depuis des années sur la tombe de M. Doré. Apparemment, un couple, dont le fils serait disparu, aurait « adopté » le jeune soldat mort au combat et aurait continué à honorer sa mémoire.

Oriflamme

Afin de souligner le 75e anniversaire du décès de Gérard Doré, la Filiale 209 Arvida va installer une oriflamme en son nom près de la Caisse Desjardins d’Arvida-Kénogami, au Carré Davis d’Arvida. « C’est un beau geste », qualifie Rita Doré. « Je suis très contente d’être là ce soir, ajoute sa soeur. Je vis à Roberval, mais je tenais à me déplacer. »