Les Gatinois devront limiter leurs déchets ménagers à 120 litres par deux semaines.

Gatineau limite les ordures

Les Gatinois dont la grosse poubelle déborde lorsqu’arrive le jour de la collecte devront prochainement se limiter à 120 litres d’ordures ménagères aux deux semaines, sans quoi ils risquent de devoir payer « environ cinq dollars » pour chaque sac supplémentaire déposé en bordure de rue.

Le conseil municipal a adopté, mardi, les changements proposés aux collectes, dont l’entrée en vigueur se fera dès le 15 juillet prochain.

Pour les résidences unifamiliales et les immeubles de trois à huit unités, le principal changement découlera de la distribution d’un nouveau contenant noir de 120 litres réservé aux ordures ménagères. À titre de comparaison, le bac brun peut contenir 80 litres de matières compostables, et le gros bac bleu peut contenir 360 litres de matières recyclables.

Un « système d’incitatifs tarifaires » est aussi prévu pour les citoyens qui ne pourront se contenter du bac de 120 litres.

« Si les gens veulent rajouter des déchets à la rue, ils vont devoir acheter des sacs au coût d’environ cinq dollars, ils vont mettre ça à côté du bac et on va venir les chercher en même temps que la collecte aux deux semaines », a expliqué la conseillère Maude Marquis-Bissonnette, présidente de la commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement.

La directrice du service de l’environnement, Chantal Marcotte, a précisé que le prix pourrait varier entre quatre et cinq dollars par sac supplémentaire. Le prix exact ne sera connu qu’en juillet lors de l’adoption du règlement. « Il faut que ça paye le coût de le collecter et de l’enfouir, parce que c’est quand même 125 $ la tonne enfouir les déchets », a-t-elle mentionné.


« Il y a aussi une question d’équité là-dedans, a renchéri Mme Marquis-Bissonnette. […] Si les gens compostent et recyclent, 120 litres, ça va être bien en masse, sauf exception. »

L’option de la vente de sacs est envisagée, mais il se pourrait aussi que la Ville opte pour la vente d’étiquettes à apposer sur des sacs réguliers.

Stagnation

À l’heure actuelle, le taux de participation des Gatinois à la collecte des résidus de table « stagne », et quelque 17 000 tonnes de matières compostables se retrouvent chaque année dans un site d’enfouissement. Dès le 15 juillet, il sera interdit d’agir de la sorte, mais il n’y a pour l’instant aucune pénalité prévue pour les récalcitrants.

Mme Marcotte a indiqué qu’une période de transition est prévue pour les citoyens, qui n’auront pas tous reçu leur nouveau bac d’ici la mi-juillet. Une campagne d’information sera aussi lancée.

Les poubelles actuellement utilisées par les Gatinois pourront quant à elles être converties en contenants pour résidus verts tels que le gazon coupé ou les feuilles mortes.

Encombrants

La collecte des encombrants non réutilisables et non recyclables (meubles brisés, tapis, etc.) laissés au chemin ne se fera plus simultanément avec la collecte des déchets ultimes. La Ville a opté pour une collecte des encombrants quatre fois par année. Il sera également interdit de mettre les résidus de construction dans le bac d’ordures ménagères. Encore là, une collecte spéciale sera organisée quatre fois par année.

Certains encombrants réutilisables ou recyclables comme les meubles, les électroménagers et les articles de sport pourront toutefois être ramassés à domicile, sur appel, par un organisme.

Logements multiples

Pour les immeubles comptant neuf unités de logement ou plus, la collecte des conteneurs d’ordures ménagères ne se fera plus aux semaines et passera aux deux semaines. Les propriétaires seront aussi obligés d’installer « suffisamment d’outils et de contenants d’entreposage pour les matières compostables » pour le nombre de logements. Présentement, à peine le quart des immeubles résidentiels de neuf logements ou plus ont l’équipement nécessaire à la collecte des résidus de table.

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Économies potentielles

Les changements prévus à Gatineau dans la gestion des matières résiduelles pourraient générer une petite économie pour les citoyens qui n’auront pas besoin de payer pour des sacs d’ordures supplémentaires. 

La conseillère Maude Marquis-Bissonnette, qui préside la commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, a fait valoir mardi que si les Gatinois adoptent les « bonnes pratiques », la taxe actuelle des collectes de 129,56$ par foyer pourrait être réduite de 12 à 20 dollars dès 2020.  

Dans le cadre de son plan de gestion des matières résiduelles, Gatineau prévoit réduire de 45 %, d’ici 2020, la quantité de matières qui finissent dans un site d’enfouissement. 

Le tout vise aussi à répondre aux exigences du gouvernement provincial, qui interdira en 2020 l’enfouissement des matières organiques.