Gatineau commence à gérer la décrue [VIDÉO]

Même si «la décrue est officiellement commencée» à Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin prévient qu’elle sera longue et que la patience sera de mise, autant pour les sinistrés que pour les usagers de la route. «On n’est pas sortis du bois», a-t-il lancé.

M. Pedneaud-Jobin a dressé un portrait de la situation, jeudi après-midi, après quatre semaines d’intense mobilisation des citoyens, des bénévoles et des équipes municipales pour affronter la crue historique qui a frappé la région.

Le maire demeure «prudent», et souligne que «la vitesse de la décrue va varier en fonction de la météo», de sorte que les entraves sur le réseau routier pourraient être encore présentes pour «des semaines».

Tout en recommandant aux sinistrés de «garder toutes les mesures de protection en place» pour l’instant, M. Pedneaud-Jobin note que les citoyens qui s’étaient préparés seulement au cas où l’eau monterait davantage peuvent commencer à défaire leurs digues. «On se fie à leur jugement», a-t-il mentionné.

La Ville de Gatineau demande aux résidents concernés de ne pas se débarrasser des sacs n’importe comment. Ils doivent être déposés «à l’intérieur de la bordure du terrain, donc dans l’emprise de la maison», a expliqué le maire.

«Le sable qui a touché l’eau est un sable contaminé, a-t-il précisé. Donc prendre ce sable-là pour, par exemple, mettre ça dans un carré de sable est une très, très mauvaise idée. […] Ce sable-là est une menace à la santé publique.»

À l’instar de ce qui avait été fait après les inondations de 2017, une «grande corvée» sera organisée en juin pour aider les sinistrés dans cette difficile tâche qu’est le démantèlement des digues. Les détails et la date exacte seront diffusés ultérieurement par la Ville.

Gatineau compte toujours plus de 2000 sinistrés sur son territoire. «Le nombre de sinistrés baisse, mais il baisse à peu près au même rythme que la rivière, alors pas vite, a précisé M. Pedneaud-Jobin. Ça veut dire qu’on reste dans une situation de crise importante.»

Réseau routier

Puisque la décrue pourrait durer de deux à trois semaines, Maxime Pedneaud-Jobin réitère que le transport en commun, le télétravail et le réaménagement des horaires demeurent de bons choix pour désengorger le réseau routier.

La Ville va procéder au désenrochement du boulevard Fournier en fin de semaine, ce qui va représenter «un handicap de moins» sur le réseau. «Pour la 50, ça ne sera pas fait tout de suite, le ministère des Transports du Québec va évaluer ça quotidiennement et va le faire dès que possible, a indiqué le maire. […] La circulation va rester difficile encore pendant des semaines.»

Dans les zones sinistrées, les artères qui sont sous l’eau depuis des semaines devront faire l’objet d’une inspection avant leur réouverture, puisqu’elles «peuvent être atteintes en profondeur».

La navigation demeure par ailleurs interdite sur la rivière des Outaouais.

Le niveau de l’eau a baissé de quatre à six centimètres au cours de la journée de jeudi aux différentes stations d’observation sur le territoire de Gatineau. 

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Pedneaud-Jobin maintient son opposition à un sixième pont

Malgré la congestion routière causée par la crue des eaux ces dernières semaines à Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin maintient que la construction d’un sixième pont interprovincial « n’est absolument pas une solution » pour la région.

En point de presse jeudi pour faire le point sur la décrue qui vient de s’amorcer, le maire n’a pas bifurqué de sa position déjà bien campée sur le projet d’un nouveau pont au-dessus de la rivière des Outaouais.

Malgré la fermeture du pont des Chaudières en raison de la crue, les embûches sur l’autoroute 50 et le boulevard Fournier et l’éventuelle démolition et reconstruction du pont Alexandra, M. Pedneaud-Jobin continue d’affirmer qu’un sixième lien interprovincial n’a pas lieu d’être.

« Pour moi, on n’investit pas des milliards dans un nouveau pont […] pour penser qu’on va régler les enjeux ponctuels comme ce qu’on vit là », a-t-il mentionné.

« La science nous dit des choses claires, a-t-il ajouté. Quand on met une nouvelle infrastructure pour les autos, cette infrastructure-là est congestionnée quelques années après, sinon en mois. [La solution, c’est le transport en commun. On vit les changements climatiques présentement et la solution c’est aussi le transport en commun, alors une infrastructure de plus pour les voitures, pour moi, ce n’est absolument pas la solution. »

En conjuguant le projet de train léger dans l’ouest que souhaite mettre en place Gatineau et celui qui se développe du côté d’Ottawa, Maxime Pedneaud-Jobin prévoit que la région connaîtra une « révolution » en matière de transport en commun d’ici dix ans.