Doug Ford semble de moins en moins populaire.

Ford perd des plumes, selon un sondage Recherche Mainstreet

La réforme contestée des services en matière d’autisme en Ontario fait mal au gouvernement Ford, qui encaisse un recul notable dans les intentions de vote, révèle un sondage Recherche Mainstreet réalisé pour le compte du Groupe Capitales Médias. Pour la première fois depuis l’élection il y a neuf mois, les appuis aux progressistes-conservateurs baissent sous le seuil des 40 %.

Le récent coup de sonde donne toujours l’avance aux troupes du premier ministre Ford, qui récoltent 34,4 % des intentions de vote. Il s’agit cependant d’une chute de sept points de pourcentage depuis le mois de janvier.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) suit avec la faveur de 26,6 % de l’électorat (-0,4 %), quasi à égalité avec le Parti libéral, qui augmente ses appuis avec 26 % (+3,4 %). Les verts ferment la marche avec 9 % (+2,4 %).

« À la lecture de ces nouvelles données, on peut conclure que le gouvernement Ford traverse une période quand même difficile. Oui, il est toujours en tête dans les intentions de vote, mais on estime que si des élections avaient lieu aujourd’hui, il ne pourrait possiblement pas former un gouvernement majoritaire. C’est assez significatif. On peut facilement faire le lien avec la forte opposition envers la volonté du gouvernement de changer le programme sur l’autisme. [...] Les progressistes-conservateurs sont toujours en selle, mais moins confortablement. Cette réforme lui a fait mal politiquement parlant », analyse le président de Mainstreet pour le Québec, Luc Fortin.

Cette baisse des troupes de M. Ford profite surtout aux libéraux, qui sont désormais à égalité statistique avec les néo-démocrates. Le Parti libéral a gagné du terrain à Toronto, où il est de loin au premier rang (40 %) des intentions de vote. Dans la Ville-Reine, les appuis envers le parti au pouvoir dépassent à peine la barre des 20 %.

Le Parti progressiste-conservateur continue toutefois à mener la course dans presque tous les autres secteurs de la province, y compris dans l’Est ontarien et à Ottawa, où il récolte 31,5 % des appuis. Le NPD (27,5 %) et le Parti libéral (26,5 %) pas très loin derrière.

« Dans l’est de la province, je me serais attendu à un appui un peu plus faible après tout de débat sur les coupures dans les services en français, mais quand même, on peut dire que l’électorat demeure assez divisé », note M. Fortin.

Les néo-démocrates dominent quant à eux dans le nord de la province (35,3 %), une terre qui leur a été très fertile au scrutin du 7 juin dernier.

Plus de 54 % des Ontariens interrogés sont très ou assez en désaccord avec la réforme du Programme ontarien en matière d’autisme, qui doit entrer en vigueur le 1er avril. Moins d’un électeur sur trois (28 %) appuie le gouvernement Ford dans sa démarche à ce sujet.

Doug Ford est le chef de parti dont la cote de popularité est la plus basse, 55 % des électeurs disant avoir une opinion défavorable à son égard. Celle qui s’en tire le mieux dans cette catégorie est Andrea Horwath (NPD), pour qui presque autant de gens ont un avis défavorable (34,3 %) que favorable (33,6 %). Quant à John Fraser, député d’Ottawa-Sud et chef intérimaire des libéraux, les deux tiers des gens sondés (68 %) disent ne pas être certains de le connaître ou sont incertains.

« Ce qui est particulier, c’est que tous les chefs ont une plus grande proportion d’opinions défavorables que favorables à leur égard. Il devrait y avoir un questionnement de ce côté-là. [...] Dans le cas de M. Fraser et des libéraux, le fait qu’il s’agit d’un chef par intérim, ça engendre de l’incertitude et de l’inconnu auprès des électeurs. C’est plus difficile pour eux de se forger une opinion. Ils seront plus en mesure de se prononcer une fois qu’il y aura une course à la chefferie, qui amène de la visibilité et aide les candidats à se faire connaître. Mais de voir qu’autant de gens sont incapables de se prononcer, considérant que le parti a été au pouvoir pendant plusieurs années, il y a des questions à se poser chez les libéraux ontariens », soutient Luc Fortin.

Le Parti progressiste-conservateur tire une grande part de sa popularité chez les hommes, qui l’appuient dans une proportion de 44 %, soit quasi autant que les résultats combinés des libéraux et des néo-démocrates auprès du même électorat. C’est le contraire chez les femmes, dont les intentions de vote pour l’équipe de M. Ford sont de 25 %. C’est le NPD qui détient la plus grande part du gâteau chez les électrices (31 %).

La tranche d’âge la plus défavorable au gouvernement Ford s’avère les 18-34 ans, qui préfère le NPD (30 %), mais les progressistes-conservateurs maintiennent leur avance toutes les autres catégories, surtout les 50-64 ans (42 %).

Le sondage Mainstreet a été réalisé les 21 et 22 mars auprès de 1290 personnes en Ontario. Sa marge d’erreur est de +- 2,7 %.

Les progressistes-conservateurs détiennent actuellement 73 sièges à Queen’s Park, alors que les néo-démocrates ont 40 sièges. Les libéraux ont sept députés, alors que l’on compte trois élus indépendants.