La Ville de Sherbrooke viserait à harmoniser son règlement avec celui qui sera adopté par la MRC du Val-Saint-François et à s’inspirer de celui adopté à Brossard.

Fini les sacs de plastique à compter de 2020 ?

La Ville de Sherbrooke interdirait les sacs de plastique à usage unique dans les commerces au détail. Selon l’échéancier dévoilé lundi, le nouveau règlement pourrait être adopté cet automne pour entrer en vigueur en 2020, probablement le 22 avril pour le Jour de la Terre.

Le règlement proposé viserait à « interdire la distribution de certains sacs d’emplettes dans les activités commerciales afin [...] de réduire ainsi l’impact environnemental ».

Les sacs interdits seraient les sacs d’emplettes en plastique de 0,1 mm et moins d’épaisseur, les sacs oxodégradables, les sacs biodégradables et les sacs compostables. Ce règlement en particulier n’encadrerait pas les sacs contenant du matériel publicitaire, ceux utilisés pour un médicament liquide délivré au comptoir d’une pharmacie ou ceux utilisés exclusivement pour transporter des aliments jusqu’à la caisse d’un commerce. Des dispositions futures pourraient toutefois être applicables.

Les boîtes de sacs en vente libre pour les activités résidentielles ou institutionnelles ne sont pas visées par le règlement.

L’amende pour une première infraction, pour une personne morale, varierait entre 400 et 2000 $.

La Ville de Sherbrooke viserait à harmoniser son règlement avec celui qui sera adopté par la MRC du Val-Saint-François et à s’inspirer de celui adopté à Brossard. 

Première source de contamination

Parmi les problèmes observés à Sherbrooke, on relève que la consigne d’ensacher les sacs n’est majoritairement pas suivie dans les matières recyclables. On ajoute que les sacs de plastique non compostables sont la première source de contamination des matières organiques.

« La Ville travaillera en étroite collaboration avec Commerce Sherbrooke pour cibler les besoins des commerçants. Il y aura des soirées d’information auprès des commerçants et des citoyens », commente la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout. 

« C’est un dossier dont la population nous a souvent parlé. Nous démontrons qu’à petite échelle, nous sommes capables d’influencer la lutte aux changements climatiques », réagit Vincent Boutin. 

Évelyne Beaudin invite quant à elle ses collègues à considérer une diversité de stratégie, en touchant par exemple des taxes et des redevances sur des produits à usage unique.

Selon les données fournies par la Ville, au Québec, ce sont plus d’un milliard de sacs en plastique à usage unique qui sont utilisés chaque année. Seulement 16 % de ces sacs sont récupérés. Ceux qui sont recyclés causent souvent les arrêts des convoyeurs et ils nuisent au tri « en dégradant par contamination la qualité et le prix des autres ballots de matières recyclées ».

Une étude commandée par Recyc-Québec en 2017 a établi qu’un sac réutilisable, autre que fait en coton, est une bonne option s’il est utilisé de 35 à 75 fois. L’introduction en 2017 du Code volontaire québécois de bonnes pratiques sur l’utilisation des sacs d’emplettes a permis une réduction de 52 % de l’utilisation annuelle des sacs de plastique.

Cette nouvelle règlementation constitue un premier jalon dans une démarche de réflexion sur les objets à usage uniques comme les sacs de plastique, mais aussi les pailles, les gobelets, les ustensiles et les contenants en styromousse.