Alain Trudel, directeur de la Protection de la jeunesse en Estrie, s’est adressé à la presse à Sherbrooke, mercredi avant-midi, à la suite du décès tragique d’une fillette de Granby la veille.

Fillette décédée : le DPJ met en garde contre «les amalgames»

Le directeur de la Protection de la jeunesse de l’Estrie refuse qu’on fasse « des amalgames » en ce qui concerne la mort tragique d’une fillette dans les dernières heures à Granby.

C’est en marchant sur des œufs qu’Alain Trudel s’est présenté devant la presse, mercredi avant-midi à Sherbrooke. D’entrée de jeu, il a refusé de dire si son organisation était ou non sur le dossier de l’enfant qui avait été retrouvé gravement blessé lundi.

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La loi l’empêche de confirmer ou d’infirmer une telle information, a-t-il répété. Il ne pouvait donc répondre à la déclaration du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, laissant entendre que « des failles » étaient apparues dans le dossier. M. Trudel assure que la DPJ de l’Estrie pourra collaborer à une éventuelle enquête, comme le ministre l’a proposé. Plus tard en journée mercredi, le ministre a confirmé que la DPJ avait reçu en avril un signalement concernant l’enfant.

« Je suis très triste. Nos pensées vont à la famille et aux proches de l’enfant, a déclaré Alain Trudel. Ce genre d’événement nous ébranle tous et touche l’ensemble du personnel de notre service. »

« Mais il serait hasardeux de conclure à quelques conclusions que ce soit. Plusieurs informations circulent sur les listes d’attente et le manque de ressources, mais attention de faire des amalgames et de sauter aux conclusions trop rapidement. »

M. Trudel a toutefois précisé que 400 jeunes se retrouvent actuellement sur la liste d’attente de la DPJ en Estrie, qui regroupe aussi la région de Granby. C’est dix fois plus que le nombre de cas observés en temps normal.

Rappelons que la fillette de 7 ans, retrouvée dans un état critique dans une résidence de Granby, est décédée mardi en fin de journée à l’hôpital. Deux personnes, dont son père, et sa conjointe, ont été arrêtées mardi matin. L’homme de 30 ans et la femme de 35 ans doivent faire face à de graves accusations. 

Des informations circulent voulant que des proches souhaitaient que l’enfant soit retirée de son milieu de vie. Mais la DPJ ne serait pas intervenue. Encore là, Alain Trudel prend ses distances avec ce malheureux cas.

Une réaction émotive

« Avant de retirer un enfant de son milieu, ça prend des faits vérifiables. C’est la dernière chose que l’on veut, retirer un enfant de son milieu. Il peut y avoir un impact sur la vie de l’enfant », explique-t-il.

« Il ne faut pas que la solution soit pire que la conséquence actuelle. »

Alain Trudel dit comprendre la réaction émotive des gens devant pareil drame. Il souhaite que les esprits cessent de s’échauffer. Des membres du personnel du bureau de la DPJ à Granby ont été invectivés dans les dernières heures. « J’invite les gens au calme », lance-t-il.

« Tout notre personnel a le bien-être des enfants à cœur. Le danger c’est de prendre que cette situation qui est hautement émotive, mais il faut tenir compte que nous protégeons bon nombre d’enfants au Québec de façon très efficace. »

« Dans un cas hypothétique dans lequel nous serions impliqués, il y aurait une revue pour revoir toutes les activités qui ont été faites. S’il y a des améliorations à apporter ça serait le moment de le faire. »  

Il dit qu’on devra faire la lumière sur ce qui s’est passé. Il croit qu’une enquête du coroner aura lieu. Le gestionnaire souligne que son organisation participera à une éventuelle enquête, comme le ministre Carmant le souhaite.