La consommation de cannabis pendant la grossesse serait associée à un risque accru d’autisme chez l’enfant, selon une étude ontarienne.
La consommation de cannabis pendant la grossesse serait associée à un risque accru d’autisme chez l’enfant, selon une étude ontarienne.

Femmes enceintes: l’usage du cannabis augmente les risques d’autisme chez l’enfant

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
La consommation de cannabis pendant la grossesse serait associée à un risque accru d’autisme chez l’enfant, selon une étude ontarienne.

La recherche menée par des chercheurs de l’Université d’Ottawa, de BORN Ontario et de l’Hôpital d’Ottawa a constaté qu’un enfant était 1,5 fois plus susceptible d’être atteint du spectre de l’autisme si sa mère l’a exposé au cannabis pendant la grossesse comparativement à un enfant non exposé.

Le cannabis récréatif est légal au Canada depuis l’automne 2018, mais cela ne signifie pas qu’il est sans danger pour les femmes enceintes et celles qui allaitent, préviennent les scientifiques.

«Malgré ces mises en garde, les données montrent qu’un nombre accru de femmes consomment du cannabis pendant la grossesse», affirme le Dr Mark Walker, chef du Département d’obstétrique, de gynécologie et de soins aux nouveau-nés à l’Hôpital d’Ottawa, professeur à l’Université d’Ottawa et auteur principal de l’étude.

«La situation est préoccupante parce que nous en savons très peu sur les effets du cannabis chez les femmes enceintes et leur bébé. On recommande aux femmes enceintes de s’informer sur les risques possibles, et nous espérons que les études comme la nôtre peuvent les aider», a continué le Dr Walker.

L’équipe de chercheurs a dépouillé les données sur toutes les naissances en Ontario entre 2007 et 2012, avant la légalisation du cannabis récréatif. Sur le demi-million de femmes incluses dans l’étude, environ 3000 (0,6 %) ont déclaré avoir consommé du cannabis pendant leur grossesse.


« Cette étude est l’une des plus importantes à ce jour sur le sujet. »
Dr Daniel Corsi

Les chercheurs avaient antérieurement constaté que la consommation de marijuana pendant la grossesse augmentait le risque de naissance prématurée. Leur étude avait aussi révélé que les femmes qui avaient consommé du cannabis pendant la grossesse avaient souvent consommé d’autres substances comme le tabac, l’alcool et des opioïdes.

En se basant sur ces résultats, les chercheurs de l’étude actuelle se sont particulièrement intéressés à 2 200 femmes qui ont déclaré avoir consommé uniquement du cannabis, et aucune autre substance, pendant la grossesse. Leurs résultats ont montré un risque accru d’autisme chez les bébés nés de ce groupe comparativement aux bébés nés de femmes qui n’ont pas consommé de cannabis.

Le cannabis étant de plus en plus accepté socialement, les chercheurs en santé sont conscients que certaines femmes enceintes croient pouvoir y avoir recours pour soulager leurs nausées matinales.

«Auparavant, nous ne disposions pas de données solides quant aux effets du cannabis sur la grossesse, a indiqué le Dr Daniel Corsi, épidémiologiste à l’Hôpital d’Ottawa et au Registre et réseau BORN Ontario, qui est affilié à l’Institut de recherche de CHEO. Cette étude est l’une des plus importantes à ce jour sur le sujet. Nous espérons que nos conclusions aideront les femmes et leurs professionnels de la santé à prendre des décisions éclairées.»