Dominic Chagnon, pompier au service de sécurité incendie de Montréal et colonel honoraire des Forces armées canadiennes, Michel LeRoux, vice-président de la Fondation Thierry-LeRoux et Sébastien Thériault, policier à la Régie intermunicipale de police Thérèse-de-Blainville participeront à la Randonnée du souvenir Thierry-LeRoux, le 21 août prochain.

Faire vivre la mémoire de son fils grâce à la Fondation Thierry-LeRoux

Nicolet — «Je suis convaincu aujourd’hui que c’est la pire chose qui puisse arriver», confie Michel LeRoux au sujet de la perte de son fils Thierry, ce policier de Lac-Simon, en Abitibi-Témiscamingue, décédé dans l’exercice de ses fonctions. S’il en parle maintenant avec plus d’aisance, mais non sans émotion, c’est que le père de famille a beaucoup consulté et qu’il s’investit dans la poursuite de la mission de son fils, par le biais de la Fondation Thierry-LeRoux, relate-t-il.

On se rappellera que l’incident qui a coûté la vie au policier de 26 ans s’est déroulé dans la communauté Anishnabe de Lac-Simon. Celui-ci répondait à un appel d’urgence. L’homme en détresse qui lui a tiré dessus, à peine âgé de 22 ans, s’est ensuite suicidé. La mort du jeune policier entraînera une révision des protocoles d’intervention. Depuis, notamment, les policiers ne patrouillent plus en équipe de deux, mais bien de quatre intervenants. Les outils de communication ont aussi été améliorés. Il faut parfois qu’il y ait mort d’homme pour faire bouger les choses, se désole Michel LeRoux.

Ce sont des collègues de Thierry qui approcheront ensuite la famille afin de mettre en place une fondation qui honorera la mémoire du disparu et qui poursuivra le but que le policier s’était fixé, c’est-à-dire d’améliorer la vie des jeunes.

L’an dernier, ce sont plus de 33 000 $ qui ont été remis à des jeunes de 4 à 25 ans des communautés de la MRC de la Vallée-de-l’Or et de Lac-Simon. L’éducation et la persévérance scolaire, l’intégration sociale, la pratique du sport et le bénévolat chez les jeunes sont les champs d’intervention de la Fondation. «Essentiellement, on veut les sortir de la rue, on veut leur faire découvrir un futur et améliorer leur qualité de vie par le sport et par l’éducation», détaille M. LeRoux.

Si par malheur un intervenant en service d’urgence ou un membre des forces de l’ordre ou de l’armée devait mourir dans l’exercice de ses fonctions, les membres de sa famille seraient aidés en priorité, indique Michel LeRoux.

Le père de Thierry estime qu’à ce jour 700 à 800 jeunes ont pu bénéficier, d’une manière ou d’une autre, du support de la Fondation. Plusieurs équipes sportives ont notamment pu se procurer des uniformes grâce à son soutien. M. Leroux voit grand et aimerait bien que le champ d’action de la Fondation s’étende au-delà de l’Abitibi. Il évoque le Lac-Saint-Jean et la région de Charlevoix, des endroits qui ont marqué le parcours de son fils disparu.

Pédaler de Nicolet à Lac-Simon

C’est pour annoncer la tenue de La Randonnée du souvenir Thierry-LeRoux que Michel, son père, était de passage à l’École nationale de police, à Nicolet, mardi. C’est de là que partiront 30 cyclistes, le 21 août prochain, «en mémoire de nos héros et héroïnes disparus. Pour qu’ils ou qu’elles ne soient jamais oubliés», souligne-t-on.

Le choix de l’École nationale de police comme point de départ n’est pas anodin. «C’est ici que le rêve de Thierry a commencé», a témoigné son père d’une voix chargée d’émotion.

Flanqué de Sébastien Thériault, policier à la Régie intermunicipale de police Thérèse-de-Blainville et de Dominic Chagnon, pompier au service de sécurité incendie de Montréal et colonel honoraire des Forces armées canadiennes, tous deux participants à la randonnée, le père de Thierry a fait état des détails du parcours de 630 km que suivront les cyclistes pendant quatre jours. «C’est mon fils Stéphane qui voulait commémorer à sa façon la mémoire de son frère», relate M. LeRoux.

Or, si Thierry LeRoux est l’inspiration première de ce défi cycliste, l’événement en est finalement un qui vise à rendre hommage aux paramédics, pompiers, policiers et militaires décédés dans l’exercice de leur fonction, explique Michel LeRoux, tout comme on veut saluer le courage de ceux qui continuent d’œuvrer au service du public en mettant parfois leur vie en jeu, rajoute-t-il.

L’équipage de 30 cyclistes est presque complet, il ne reste que quelques places, rapporte-t-on. On aimerait voir des paramédics se joindre au groupe, des pompiers, policiers et militaires étant déjà au nombre des randonneurs. Chacun de ceux-ci devra débourser 520 $ en frais de participation, un clin d’œil au chiffre 52, numéro de matricule du policier Thierry LeRoux. L’événement revêt ainsi la fonction double de commémoration et de campagne de financement.