On voit ici Philippe Nérin peu de temps avant son plaidoyer de culpabilité au palais de justice de Trois-Rivières.

Fabrication et exportation de fausse monnaie: Philippe Nérin plaide coupable

TROIS-RIVIÈRES — Un dossier majeur de fabrication et d’exportation de fausse monnaie a été mis au jour ce jeudi, au palais de justice de Trois-Rivières, avec le plaidoyer de culpabilité de Philippe Nérin de Trois-Rivières.

L’individu a en effet plaidé coupable à plusieurs accusations reliées à la fabrication, la mise en circulation et l’exportation de monnaie contrefaite à l’intérieur et à l’extérieur du Canada, mais également au trafic et l’exportation de cocaïne, la possession de renseignements personnels et plusieurs fraudes envers des institutions financières et des compagnies de crédit.

Selon une enquête de la Sûreté du Québec, Nérin aurait carrément utilisé les boîtes postales de Postes Canada pour écouler des billets de 20 $ qu’il fabriquait lui-même. Il recrutait notamment ses clients via le Dark Web en leur proposant par exemple l’achat de 1000 $ dollars en billets de faux 20 $ pour la somme de 200 $. Les billets et/ou la cocaïne qu’il vendait étaient ensuite insérés dans des enveloppes et envoyés aux destinataires un peu partout dans le monde. Nérin prenait par contre soin de ne pas laisser d’empreintes sur les enveloppes; il a été vu déversant les piles d’enveloppes dans les boîtes postales en utilisant un sac de plastique.

Tel que l’a expliqué le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, il disposait lors de son arrestation d’équipements lui permettant de confectionner 500 000 $ en faux billets. À ce jour, le Bureau national de lutte contre la contrefaçon a reçu entre janvier 2018 et le 23 avril 2019 un total de 7323 faux billets de 20 $ ce qui représente la somme de 146 460 $. Il s’agit tous des billets contrefaits par l’accusé. Les forces de l’ordre croient qu’au fil des mois à venir, d’autres billets seront également récupérés.

Les policiers ont été mis sur la trace de Philipe Nérin en juin 2018 lorsque l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a intercepté un colis provenant de Chine qui lui était destiné lors d’un contrôle aléatoire. Il s’agissait d’une imprimante haut de gamme qui, plus tard, sera utilisée pour fabriquer la fausse monnaie.

Or, Nérin, qui est représenté par Me Bertrand Jacob, a de nombreux antécédents en matière de fraude. Il n’en fallait pas plus pour que les policiers poussent davantage leurs vérifications et qu’une enquête soit entreprise sur lui. C’est ainsi que les colis au nom de Philippe Nérin qui étaient interceptés par l’ASFC et qui contenaient des équipements pouvant servir à la confection de la fausse monnaie ont fait l’objet de livraisons contrôlées. Ils lui ont été certes acheminés mais sous étroite surveillance policière sans qu’il ne le sache évidemment.

Plusieurs techniques d’enquête ont été utilisées pour faire la lumière sur ses activités illicites et pouvoir l’arrêter. Des policiers ont même fouillé ses poubelles pour y recueillir entre autres des billets contrefaits et des retailles de filigrane.

En février 2019, une perquisition a finalement été effectuée à sa résidence qui a permis de saisir des faux billets, plusieurs équipements servant à la confection de la monnaie contrefaite, de la cocaïne et les outils servant à la revente, de la méthamphétamine, des appareils électroniques, des bordereaux d’envoi, des documents imprimés indiquant des noms et adresses divers sous la forme d’étiquettes postales à destination de la France, du Royaume-Uni, de l’Ontario, de l’Australie et du Québec. Son véhicule a également été saisi; il contenait notamment un compteur de billets de banque. Philippe Nérin a alors été arrêté et libéré avec une promesse de comparaître.

Une carte de crédit reliée à chacun de ses comptes clients pour les envois a révélé qu’il y a eu 199 envois Xpresspost effectués à partir de faux profils, dont 193 envois à travers le Canada incluant 88 envois au Québec, deux aux États-Unis et quatre en Australie.

L’extraction des données de ses ordinateurs a aussi démontré la présence d’images et de vidéos incriminantes de ses opérations illicites.

Qui plus est, Nérin a admis avoir fait 33 demandes frauduleuses en utilisant de fausses identités pour obtenir des cartes de crédit sans compter une autre fraude par cartes d’une valeur de 23 791 $.

Les plaidoiries sur sentence, qui ont commencé jeudi, se poursuivront à une date ultérieure.