André Boily, directeur général de la SADC du Haut-Saguenay, Sylvain Morin, président de la SFR, Christian Fillion, président sortant de la SFR, et Roger Boivin, de GPS, ont présenté les deux études d’impacts.

Études sur les grands projets: 1000 emplois directs au Saguenay

Les projets d’Arianne Phosphate, Métaux BlackRock et GNL Québec, nécessitant des investissements de 10,7 milliards $, pourraient créer jusqu’à 1000 emplois directs. Mais qu’en est-il du problème de la rareté de main-d’oeuvre qui touche le Québec? La Société des fabricants régionaux (SFR) et la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Haut-Saguenay, qui sont à la base de deux études complémentaires sur les impacts socio-économiques, appuient les grands projets industriels, mais sont conscientes de la situation.

Les études, réalisées par Roger Boivin, de Groupe performance stratégique (GPS), ont été présentées mercredi matin. Carl Laberge, directeur général de Port de Saguenay, Patrick Bérubé et Claude Bouchard, de Promotion Saguenay, Jean-Sébastien David, chef des opérations chez Arianne Phosphate, et Jean-Marc Crevier, conseiller municipal, étaient notamment présents.

M. Boivin a utilisé les études d’impacts économiques des trois projets industriels qui avaient été effectuées par Raymond Chabot Grant Thornton (Arianne Phosphate et Métaux BlackRock) et Mallette (GNL Québec) et a mis les données en commun. Il a aussi obtenu la collaboration d’Emploi-Québec.

Pour Arianne Phosphate, le nombre d’emplois directs prévu est de 375, avec un salaire annuel moyen à l’an un d’opération de 105 899$. Pour Métaux BlackRock, 277 emplois directs sont projetés (83 108$) et pour GNL Québec, il est question de 320 emplois directs avec un salaire annuel moyen de 81 269$ à l’an un.

Pendant les opérations des trois usines, ce sont exactement 4996 emplois directs, indirects et induits qui sont projetés au Québec (3178 au Saguenay–Lac-Saint-Jean), avec un salaire moyen respectif de 55 832$ et de 57 194$, mais pendant la phase de la construction, ces chiffres atteindraient 49 403 emplois au Québec (salaire moyen de 54 171$) et 16 010 dans la région (55 209$).


« On espère que les gens qui ont quitté, qui ont goûté à la région et qui tripent avec l’espace et l’environnement, avec le travail et les salaires qui s’en viennent, vont revenir. »
Sylvain Morin

Le nombre d’heures travaillées en construction industrielle dans la région sera multiplié par cinq durant 3,68 ans.

«Plusieurs rencontres ont eu lieu à ce niveau-là (pénurie de main-d’oeuvre) à la SFR et avec le groupe S21 (regroupement de 21 entreprises). La main-d’oeuvre reste toujours la grande question. Avant, on disait qu’un autobus quittait la région chaque semaine, et là, on dit que dans 30 ans, on va peut-être revenir à la population que nous étions il y a 30 ans. On espère que les gens qui ont quitté, qui ont goûté à la région et qui tripent avec l’espace et l’environnement, avec le travail et les salaires qui s’en viennent, vont revenir. Notre mandat est d’aller les rechercher», a exprimé Sylvain Morin, nouveau président de la SFR.

André Boily, le directeur général de la SADC du Haut-Saguenay, espère que les jeunes profiteront des résultats de l’étude pour choisir un domaine d’études lié aux grands projets. «Les jeunes et leurs parents peuvent voir les métiers. On parle de diplômes de DES, de DEP, de DEC et de BAC», relate M. Boily. Les emplois vont des opérateurs aux techniciens, en passant par les soudeurs, les mécaniciens et les électriciens, entre autres.

Environnement

La SFR et la SADC du Haut-Saguenay sont en faveur des grands projets, à condition qu’ils respectent les règles environnementales en vigueur.

«Il y a déjà de nombreux débats avec différents groupes de pression. On n’est pas des spécialistes en environnement. Ce qu’on dit, c’est qu’il existe des processus réglementaires. Il y a des lois et des règlements en environnement au Québec, au Canada et même dans les municipalités. On ne donne pas carte blanche aux entreprises de faire n’importe quoi. On leur dit de respecter les règles, d’avoir les permis pour opérer. Les groupes de pression environnementaux, c’est bien, parce que ça peut amener un peu plus loin. Ils jouent leur rôle, et c’est parfait. C’est comme ça qu’une société avance. Ç’a été la même chose avec le combat des travailleurs, avec les syndicats. Aujourd’hui, les gens ont de meilleures conditions de travail», a précisé Christian Fillion, président sortant de la SFR.

Les directions des trois compagnies ont été interpellées pour obtenir des informations, mais aucun financement n’a été obtenu de leur part pour mener l’étude à terme.

QUELQUES CHIFFRES POUR LE SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN

7056 nouveaux habitants

3145 nouveaux ménages

1962 enfants de moins de 15 ans

177 nouvelles places en CPE

81 nouveaux enseignants du primaire et du secondaire

16 nouveaux médecins (huit omnipraticiens et huit spécialistes)

102 nouveaux membres du personnel infirmier

14 nouveaux lits d’hôpitaux

3 nouveaux dentistes

2 nouvelles pharmacies

Sources : Études d’impacts économiques d’Arianne Phosphate (RCGT), de Métaux BlackRock (RCGT) et de GNL Québec (Mallette) ; analyse détaillée par GPS

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L'AUTOMNE DANS LA MIRE D'ARIANNE PHOSPHATE

Les dernières semaines ont été fastes pour Arianne Phosphate. L’entente signée il y a deux semaines avec un groupe chinois a accéléré les choses pour le projet de mine d’extraction d’apatite sur le site du Lac-à-Paul. Le chef des opérations, Jean-Sébastien David, aimerait amorcer la construction à l’automne.

Présent au dévoilement des études d’impacts, il a souligné que l’entente avec la Chinoise SINOCONST a incité d’autres groupes à se manifester.

« Nous avons signé un protocole d’entente avec un groupe chinois il y a deux semaines et demie, et nous sommes en discussions avec d’autres groupes. Les dernières semaines ont été assez fastes. On souhaite la finalisation et la fermeture des contrats pour amorcer la construction à l’automne dans le meilleur des mondes. »

Arianne Phosphate était présente à la Conférence IFA (International Fertilizer Association), la semaine dernière, à Montréal, et M. David souligne que le projet a été fort populaire. Selon lui, les avancées avec la Chine, au cours des dernières semaines, ont « donné un sentiment d’urgence ». 

« Nous n’avons jamais été dans une aussi bonne situation contractuellement », a souligné M. David, qui a aimé la présentation des études, mercredi matin.

« C’est un portrait réaliste, comme ce que nous avions dans nos chiffres et nos informations. Ça donne une crédibilité parce que quand les chiffres viennent de nous directement, les gens ne les prennent pas nécessairement au sérieux. »

La durée prévue des travaux de construction est estimée à 2,2 ans. 

Promotion Saguenay

Le directeur général de Promotion Saguenay, Patrick Bérubé, apprécie de pouvoir compter sur une étude indépendante des grands projets.

« On a une base très solide pour argumenter en faveur des grands projets et si on y renonce, on saura pourquoi on y renonce également. Ce sont des chiffres impressionnants qui ont été calculés de façon indépendante, et c’est ce qu’on souhaitait. [...] Il faut penser que les grands projets seront là pour les prochaines décennies. On planifie le développement économique de la région pour les cinquante prochaines années. [...] C’est important de mettre en place des projets qui vont perdurer dans le temps et qui vont permettre à la région de se développer sur une longue durée. »