Jonathan Racine et Katherine Plante sont satisfaits de la décision du bureau coordonnateur de retirer l’accréditation du service de garde où leur garçon William s’est fait mordre par un chien début novembre. Sur la photo, ils sont accompagnés de la petite Eva-Rose.

Enfant mordu par un chien: le service de garde perd son accréditation

Le bureau coordonnateur du Centre de la petite enfance L’Enfant-Do a finalement décidé, après plusieurs semaines d’inaction, de retirer son accréditation au service de garde en milieu familial au sein duquel un enfant a été mordu en novembre dernier à Orford.

Interrogé par La Tribune au sujet de ce dossier, le ministre de la Famille du Québec, Mathieu Lacombe, a lui-même rendu cette information publique mardi matin, à Magog, lors d’une conférence de presse portant sur la pénurie de personnel dans le réseau des services de garde au Québec.

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« C’était une situation préoccupante. Dans ce cas-ci, la décision a été prise par le bureau coordonnateur de retirer l’accréditation. Comme État, on a une grande responsabilité. La santé et la sécurité des enfants, ce n’est pas négociable. Il faut s’assurer de faire tout ce qu’on peut pour les préserver », a indiqué Mathieu Lacombe.

Le ministre Lacombe a cependant évité d’offrir de longues explications relativement à ce dossier étant donné les circonstances. « Je vais laisser les procédures se poursuivre parce que c’est une cause qui pourrait aller plus loin ».  

Rappelons qu’un chien présent au service de garde de Jane Howell a mordu un enfant de quatre ans le 12 novembre. Le petit William Racine a été blessé au visage par l’animal. Des traces de la morsure subie étaient visibles près du nez et de la bouche de l’enfant, lequel ne devrait toutefois pas garder de séquelles.

Jane Howell a reçu un constat d’infraction de 646 $ dans la foulée de l’incident. Sa garderie est située en bordure du chemin Alfred-Desrochers, à Orford.

Le chien en question n’a pas été euthanasié et a plutôt été remis à son propriétaire après une évaluation comportementale menée par la Société protectrice des animaux de l’Estrie. L’animal a été jugé non dangereux.

La Tribune a tenté de discuter avec la directrice générale du CPE L’Enfant-Do, Martine Désilets, concernant ce dossier, mais elle a refusé d’expliquer la décision de son organisation, affirmant que les détails de l’affaire étaient confidentiels.

Les réactions

Sans surprise, la mère de William Racine, Katherine Plante, a accueilli la décision du bureau coordonnateur avec satisfaction. « Pour nous, c’est un soulagement. Oui, la SPA avait émis des conditions pour que la propriétaire de la garderie conserve son chien. Mais notre but, c’était qu’il ne soit plus jamais avec les enfants de son service de garde », a-t-elle fait valoir.

Justement parce qu’ils craignaient le chien, Katherine Plante et son conjoint, Jonathan Racine, avaient fait inscrire dans une entente paraphée par Mme Lowell que l’animal ne devait jamais se trouver en présence de leur garçon.

« Ce sera maintenant au gouvernement de voir s’il souhaite toujours permettre à des services de garde d’avoir des chiens. Dans les écoles, c’est de plus en plus difficile d’amener des animaux », remarque la mère de William Racine.

Par ailleurs, une des fondatrices de l’Association des victimes d’attaques de chiens, Dominique Alain, a réagi avec une joie non dissimulée à la décision dévoilée par le ministre Lacombe. « C’était inquiétant de constater qu’il n’y avait pas de suivi dans ce dossier. Mais, finalement, les gens se montrent prudents et je suis très contente d’apprendre ça. C’est excellent! » a-t-elle plaidé.

Cela dit, Mathieu Lacombe est conscient que plusieurs familles sont touchées par la décision annoncée et espère qu’elles trouveront de nouvelles places pour leurs bambins à brève échéance. « Je me mets à la place de ces parents-là qui s’aperçoivent que leurs enfants étaient dans un milieu non sécuritaire et qui, maintenant, doivent se retrouver un nouvel endroit. Ce n’est pas évident du tout et pas drôle. » 

À ce sujet, il affirme que le gouvernement caquiste met tout en œuvre pour que des places soient ajoutées par le réseau des services de garde en Estrie. « Plus de 500 places seront concrétisées dans cette région. C’est énorme. Il faut laisser le temps à ces CPE de se construire », a expliqué M. Lacombe.