Julie Boulet mairesse de Trois-Rivières?

En attendant la ville des Boulet

CHRONIQUE / La perspective que l’ex-ministre responsable de la région, Julie Boulet, puisse être éventuellement candidate à la mairie de Trois-Rivières n’a pas provoqué de tremblement de terre dans la ville, mais a quand même fait beaucoup jaser… tout en en inquiétant quelques-uns.

Mme Boulet, qui avait déjà mentionné qu’elle ne tournerait pas le dos à une éventuelle nouvelle carrière en politique, a réaffirmé cette semaine au journaliste Louis Cloutier, de TVA-Trois-Rivières, comme elle l’avait déjà laissé entendre au Nouvelliste il y a un mois, qu’elle n’écartait pas du tout l’idée de vouloir succéder à Yves Lévesque.

D’autant qu’elle habite maintenant Trois-Rivières depuis un an, ce qui la rend éligible à une telle candidature.

Entendons-nous que l’admission de l’ex-ministre ne visait sûrement pas à pousser hâtivement vers la sortie le maire en place.

Dans son ancien bureau de comté, les murs de la ministre n’étaient pas tapissés d’une grande galerie de photos sur lesquelles on aurait pu la voir en diverses grandes occasions. En fait, il y en avait peu. Mais à côté de celle de son ex-chef Jean Charest était épinglée celle du maire de Trois-Rivières, ce qui devait traduire une certaine admiration de sa part pour celui-ci.

Si les journalistes commencent à scruter les possibilités de candidatures à la mairie de Trois-Rivières, alors qu’Yves Lévesque est toujours en poste, c’est un peu de sa faute.

En laissant fortement comprendre qu’il y avait de grandes chances qu’il soit candidat conservateur aux prochaines élections fédérales, qui auront lieu dans un peu moins d’un an, il fallait bien comprendre qu’il libérerait son siège de maire avant la fin de son mandat.

Il y a surtout qu’après un été au cours duquel il avait de beaucoup réduit ses représentations publiques et ses participations à des séances de travail à l’hôtel de ville, il a annoncé que, se résignant à suivre l’avis de son médecin, il serait en congé de maladie jusqu’à la fin de l’année.

Il y avait bien sûr une guerre de mots ouverte qui s’était déclarée entre lui et certains conseillers qui pouvait l’indisposer, d’autant qu’il avait perdu la maîtrise du conseil, mais son amaigrissement physique rapide n’avait échappé à personne.

On avait aussi en même temps pu observer que son épouse semblait elle aussi avoir moins bonne mine.

Le couple s’est complètement effacé de l’espace public cet automne.

C’est peut-être ce qui entretient la rumeur qu’à l’issue de sa période de repos forcé, Yves Lévesque pourrait préférer abandonner la mairie de Trois-Rivières. D’autres indications laissent comprendre la même chose.

Et si tel était le cas, ce ne sera pas forcément pour se consacrer à plein temps à sa candidature conservatrice. Même là, c’est une possibilité qui est devenue plus qu’incertaine.

Comme l’a déjà dit un actuel premier ministre du Québec, «on verra…»

Mais entre-temps, la reconfirmation de Julie Boulet sur ses visées municipales a provoqué quelques remous.

Il aurait été intéressant d’obtenir les impressions sur cette perspective du nouveau ministre régional, son frère Jean Boulet. Il faudrait lui poser la question muni d’un appareil capable de mesurer l’intensité de son enthousiasme, afin d’établir à quel niveau elle se situe, sur une échelle de 1 à 10. Dix étant le délire, qu’on ne risquerait pas d’atteindre.

À chacun d’établir sa cote.

Jean Boulet, député-ministre de Trois-Rivières et Julie Boulet, mairesse de la ville, ce ne serait plus la ville de Trois-Rivières, mais Boulet’s City.

On n’en est pas là et le corps politique d’Yves Lévesque est encore tout chaud.

N’empêche que l’ex-conseiller municipal et candidat défait à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin s’est empressé de confirmer au Nouvelliste qu’il serait de nouveau sur les rangs, advenant de nouvelles élections à la mairie de Trois-Rivières.

Il a rapidement recueilli sur sa page Facebook de nombreux avis d’encouragement, dont celui d’un conseiller municipal, Luc Tremblay.

Le problème, peut-être, c’est qu’on se doute bien qu’à l’intérieur du conseil municipal, il y a aussi des gens qui ont les qualités requises pour aspirer à la fonction de maire et qui en caressent l’idée.

On pourrait avancer plusieurs noms parmi ceux qui formaient l’implicite groupe des huit. L’un de ceux-ci qui reviennent souvent, même si l’intéressé n’a jamais avoué publiquement avoir de telles intentions, c’est celui du conseiller du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle.

Comme il y a d’autres de ses collègues qui ne détesteraient pas la mairie, il y a une alliance de pensée qui risquerait de s’effriter autour de la table du conseil.

Il faut comprendre que lorsque le poste de maire sera en jeu, celui qui remportera la mise aura toutes les chances d’occuper le trône pendant au moins deux mandats, si ce n’est davantage.

Alors ceux qui laisseront passer leur tour devront ronger leur frein longtemps avant d’espérer voir leur heure réapparaître. Ce sera maintenant ou probablement jamais.

La conseillère du district Des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, devrait avoir à intensifier sa réflexion. On le sait, le maire Lévesque l’a déjà identifiée comme sa dauphine. Bien que là, entre Valérie et Julie, son cœur politique risque de balancer.

Mais la conseillère devra, comme ses autres collègues qui voudraient se présenter, vraiment y réfléchir. Jean-François Aubin et avant lui Sylvie Tardif, ont fait certes belle figure, un mince prix de consolation, car ils ont tous deux dû renoncer à un poste de conseiller qui leur était pas mal acquis.

Il y a en a aussi d’autres qui ne se sont pas encore manifestés, mais qui pourraient lever la main. L’ex-député Jean-Denis Girard et sa directrice de bureau, Marianne Méthot ne disent pas non à une candidature à la mairie.

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