Le juge Serge Champoux a reconnu Vanessa Côté coupable d’avoir lourdement endommagé la Audi A4 2014 d’une Granbyenne qu’elle a rencontrée lors d’une fête.

Elle démolit la voiture de luxe d’une parfaite inconnue lors d'une fête

Une jeune femme a été reconnue coupable de méfait après avoir saccagé la voiture de luxe d’une pure inconnue l’été dernier. Le juge Serge Champoux n’a pas cru la version de l’accusée, Vanessa Côté, qui a nié devant lui être l’auteure des dommages.

Les faits allégués se sont produits dans la nuit du 2 au 3 août 2018, quand l’accusée s’était présentée, en compagnie de son conjoint de l’époque, chez une connaissance de celui-ci, une Granbyenne également fière propriétaire d’une voiture de marque Audi A4 2014.

La victime dans cette affaire a été la première à témoigner. Selon celle-ci, l’accusée semblait « isolée ou encore ne connaître personne » au cours de la soirée.

Même si leurs échanges sont cordiaux au départ, le témoin remarque soudainement un changement d’attitude marqué chez l’accusée, qui devient « froide et fâchée ».

Une vingtaine de minutes plus tard, alors que la fête se déroule à l’intérieur et à l’extérieur de la maison, la Granbyenne entend « de grands bruits de verre éclaté et des coups d’objet dur. » Deux de ses amies se précipitent à l’intérieur pour lui crier que Vanessa Côté était en train de démolir sa voiture.

S’étant précipitée sur place, la propriétaire de la voiture vandalisée affirme avoir vu l’accusée tenant « un bâton ou un objet long » à proximité de sa voiture avant de prendre la fuite.

La jalousie en cause ?

Le frère de la victime a également témoigné au procès. Selon celui-ci, il ne connaissait pas du tout l’accusée avant que son ami ne l’amène à la petite fête qui se déroulait chez lui. Il affirme avoir entendu sa sœur parler de sa voiture avec son ami, et croit que la copine de ce dernier aurait été piquée au vif par la jalousie. Son récit mentionne d’ailleurs que le couple se serait disputé au cours de la soirée.

Le témoin relate ensuite que l’accusée est par la suite venue le rejoindre dans la cour arrière de la maison, où elle lui a annoncé, en colère, qu’elle démolirait l’automobile de sa sœur. En réaction, il lui aurait ordonné de quitter les lieux et l’aurait vu obtempérer.

Une vingtaine de minutes plus tard, il est cependant alerté par des bruits et par sa sœur, qui lui dit que l’accusée est en train de détruire sa voiture.

Accourant dans la rue, il dit voir l’accusée donner un dernier coup sur la voiture de sa sœur avant de quitter l’endroit à bord de son propre véhicule, dont il a reconnu la marque et le modèle.

Tensions

En défense, Mme Côté a témoigné avoir été en couple pendant quelques mois avec son conjoint, avec qui la relation n’était pas toujours au beau fixe, notamment en raison de son agressivité et d’un problème de consommation de drogue de sa part et qu’il aurait promis de régler dans les jours précédant l’événement.

Le soir de la fête, Mme Côté remet à contrecœur ses clés de voiture à son amoureux, car celui-ci souhaitait aller se procurer de la drogue. Elle se retrouve ainsi seule dans un lieu qu’elle ne connaît pas, entourée d’inconnus.

L’accusée affirme que son conjoint s’est absenté pendant environ deux heures et qu’il est intoxiqué à son retour. D’autres événements accentuent la tension au sein du couple, si bien que l’accusée va marcher un peu dans le quartier et retourne pleurer dans sa voiture, relate-t-elle dans son témoignage.

Elle est ensuite rejointe par son conjoint qui lui dit « que les gens présents ne l’apprécient pas et souhaitent son départ » avant de retourner à l’intérieur.

Mme Côté témoigne ensuite être retournée chez elle pour se coucher et n’être accusée que le lendemain, par message texte envoyé par son conjoint, d’avoir endommagé le véhicule en question. « Elle ne connaît pas le véhicule [de la victime], dit ne pas avoir parlé avec elle de ce véhicule ou avoir entendu qui que ce soit en parler, elle ignorait où était stationnée cette voiture et n’a pas vu celle-ci sur laquelle on allègue que des méfaits auraient eu lieu. Elle n’a aucune connaissance que des méfaits aient été causés à ce véhicule ou à tout autre », prétend-elle devant la Cour.

Crédibilité

Son avocate a plutôt laissé entendre que les dommages auraient pu être l’œuvre de vandales, une hypothèse que le juge Champoux a jugée « trop difficile à croire ».

L’homme de droit relève entre autres que dans la déclaration initiale de l’accusée aux policiers, quatre jours après les faits, celle-ci ne fait pas état de nombreux détails que Mme Côté a toutefois dit au cours de son témoignage.

« Par exemple, ce n’est qu’au cours de son témoignage qu’elle allègue que [son conjoint] l’abandonne pour aller s’acheter de la cocaïne, qu’il est parti 2 heures, qu’il revient avec une bouteille d’alcool, qu’elle vide cette bouteille », illustre le juge.

Les dommages sont évalués à plus de 7000 $ : vitres cassées et bosses sur la carrosserie, entre autres. « Il est absolument inévitable de conclure que des méfaits importants sont survenus au moment reproché. Au-delà des témoignages et même des factures de réparation produites, les photos sont très éloquentes, affirme ensuite le magistrat. Tout cela me fait croire qu’un acharnement important sur ce véhicule s’est produit. »

Cependant, la preuve détermine de manière assez claire que personne n’a eu de friction ou de querelle avec la propriétaire de la voiture. Par ailleurs, le témoignage du frère et celui de la sœur « racontent essentiellement la même séquence d’événements », note le juge Champoux.

« Du témoignage même de l’accusée, je ne vois aucune raison pour laquelle [les deux autres témoins] mentiraient pour l’accuser faussement d’un crime aussi grave. Ils ne se connaissaient pas avant, ne se sont jamais plus rencontrés et rien au cours de la soirée, la seule soirée où ils ont été ensemble, ne justifierait qu’ils mentent en l’accusant faussement », a fait valoir le magistrat.