Rehab Almakdesi a remporté une bourse de 1000$ pour son courage et sa persévérance. Elle est ici entourée de ses trois enfants, Ibrahim, Georget (à droite) et Meriam Hajjar.

Elle a fui la guerre en Syrie: la persévérance de Rehab

Retourner sur les bancs d’école, lorsqu’on est mère monoparentale, comporte déjà son lot de défis. Lorsqu’on vient d’immigrer en sol canadien, qu’on ne parle pas français et qu’on a fui la guerre civile, retourner à l’école est synonyme d’exploit. C’est pourtant ce qu’a fait Rehab Almakdesi, une dame d’origine syrienne qui est étudiante en soins infirmiers à la Commission scolaire De La Jonquière. Son parcours a d’ailleurs été souligné, mardi, lors de la remise des bourses Maman à l’école. Mme Almakdesi, qui était accompagnée de ses trois enfants, a reçu la plus importante bourse, qui représente un montant de 1000 $.

Rehab Almakdesi est arrivé au Québec avec ses trois enfants, Georget, Ibrahim et Meriam Hajjar. Ils ont fui la Syrie en pleine guerre civile. Le papa est mort durant des affrontements et Rehab Almakdesi a décidé de fuir pour protéger ses enfants. Arrivée au Québec il y a deux ans et demi, la petite famille s’est installée à Saguenay. Ne parlant pas un mot français, la maman s’est immédiatement inscrite à des cours de francisation, afin de faciliter son intégration. Depuis, elle a appris la langue de Molière, bien qu’elle ne maîtrise évidemment pas encore toutes ses subtilités. Ses enfants, maintenant âgés de 16, 15 et 6 ans, ont pu s’intégrer assez facilement à l’école et discutent avec aisance.

Voulant être un actif pour la société québécoise, Rehab Almakdesi ne s’est pas contentée d’apprendre le français. Elle s’est inscrite en santé, assistance et soins infirmiers au Centre de formation professionnelle De La Jonquière, afin de décrocher son diplôme d’infirmière auxiliaire.

La remise de bourses avait lieu mardi matin, à la Pomme d’Api de Jonquière. La fondatrice de Maman à l’école, Paula Duguay, s’adresse aux invités.

« Elle a vraiment travaillé très fort pour arriver où elle en est aujourd’hui. Elle étudie tout le temps ! Notre mère a vécu la guerre, elle a perdu son mari, notre père. Elle a fui pour nous protéger et elle s’est installée ici avec nous. Elle est vraiment forte ! », a lancé Georget Hajjar, très fière que le travail de sa mère soit souligné par le programme Maman à l’école.

La petite Meriam se collait sur sa mère, afin de lui signifier sa fierté. « Elle est vraiment bonne, elle étudie le soir et va à l’école », a noté la charmante petite.

Le programme Maman à l’école salue le parcours de mères monoparentales qui décident de retourner aux études. Cette année, le programme provincial ouvrait un chapitre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, après que la Commission scolaire De La Jonquière ait décidé d’organiser un volet local l’an dernier.

Les autres lauréates

Outre Mme Almakdesi, qui a remporté une bourse de 1000 $, les parcours de Mélissa Laprise, Karine Boily, Valérie Néron, Sabrina Girard et Valérie Dufour ont été salués. Des bourses de 750 $ et 500 $ leur ont été remises.

Valérie Néron, qui est âgée de 25 ans et qui est maman de trois petits garçons, a décidé de retourner à l’école et s’est inscrite au diplôme d’études professionnelles en cuisine. « Ce n’est pas facile tous les jours, mais on s’arrange bien ! Je suis contente que ce genre de programme existe, c’est motivant », a souligné Valérie Dufour. L’un de ses garçons, Nathan, tenait d’ailleurs à dire à quel point il était fier de sa maman. « Elle est tellement bonne », a dit le petit garçon de quatre ans.

« L’organisme Maman va à l’école a comme mission d’aider les mères de famille monoparentale à obtenir un premier diplôme et à intégrer le marché du travail, tout en développant leurs habiletés parentales. C’est scientifiquement prouvé qu’une mère scolarisée est un exemple de persévérance pour ses enfants », a souligné la fondatrice du programme, Paula Duguay.

Rehab Almakdesi a fui la Syrie en pleine guerre civile, alors qu’elle avait perdu son mari. Elle s’est installée au Québec pour protéger ses enfants, a appris le français et suit des cours en soins infirmiers.

Si Maman à l’école s’adresse uniquement aux mères et pas aux pères, Mme Duguay explique que cette décision est fondée sur des données sociologiques. « Nous savons que le niveau de scolarité des mères joue un rôle sur le cheminement académique et la réussite de leurs enfants. De plus, dans les milieux défavorisés, les femmes sont beaucoup plus pauvres que les hommes. Nous voulions vraiment donner une chance à ces mères », a affirmé Paula Duguay.

« À quelques jours de la fête des Mères et dans un souci de bienveillance envers nos élèves et leur famille, nous sommes particulièrement honorés de supporter ces femmes dans leur démarche de formation et de pouvoir les encourager », a souligné de son côté Jacynthe Bond, directrice générale de la Commission scolaire De La Jonquière.

Le programme Maman à l’école a été fondé en 2009.