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La conjointe de Jocelyn Laliberté, Céline Hade, fait partie des quatre victimes de l’éclosiuon de COVID dans le département d’oncologie à l’hôpital Fleurimont. Il qualifie «d’aberrant le fait que des membres du personnel de cette unité ne soient pas vaccinés.
La conjointe de Jocelyn Laliberté, Céline Hade, fait partie des quatre victimes de l’éclosiuon de COVID dans le département d’oncologie à l’hôpital Fleurimont. Il qualifie «d’aberrant le fait que des membres du personnel de cette unité ne soient pas vaccinés.

Éclosion mortelle en oncologie: «Des gens auront des comptes à rendre»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
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Céline Hade est l’une des quatre victimes de la récente éclosion de COVID-19, survenue dans le département d’oncologie de l’Hôpital Fleurimont. Son conjoint, Jocelyn Laliberté, est sous le choc. Amer, blessé, bouleversé, consterné, il passe par toute une gamme d’émotions. Il a décidé de sortir publiquement pour que des correctifs soient apportés et ainsi éviter que d’autres familles vivent un tel drame.

«Ma femme, il lui restait un traitement de chimiothérapie à suivre. Elle était presque guérie. On devait passer l’été tranquille ensemble. Mais plutôt que d’avoir été soignée, elle est morte. (...) C’est cher payer pour de la négligence. Des gens auront des comptes à rendre», clame Jocelyn Laliberté.

La Granbyenne Céline Hade a été admise il y a quelques jours, en mai, au CHU Fleurimont alors qu’elle combattait un lymphome. On l’a rapidement transférée de chambre parce qu’on avait détecté un cas de COVID sur le même étage, a relaté son conjoint. Malheureusement, elle a contracté le virus. En quatre jours, son état s’est dégradé, au point on a dû la transporter aux soins intensifs. «J’ai pu être avec elle juste avant son dernier souffle», confie-t-il, des trémolos dans la voix.

Au total, 16 patients de l’unité d’oncologie de l’hôpital sherbrookois ont contracté la COVID-19. Quatre d’entre eux sont décédés des suites d’une infection. Deux personnes sont toujours aux soins intensifs, a rapporté La Tribune.

Sept membres du personnel ont été infectés lors de cette éclosion. « La majorité de ceux-ci n’avaient pas été vaccinés jusqu’à maintenant », ont déploré 15 médecins du CIUSSS dans une missive adressée au ministère de la Santé, Christian Dubé, dont Le Devoir a obtenu copie. Dans leur lettre, les médecins exigent notamment «un resserrement des mesures de contrôle auprès du personnel soignant » dans ce type de département à travers la province.

«Aberrant»

Jocelyn Laliberté est estomaqué que des effectifs du réseau de la santé fassent fi de la vaccination contre la COVID alors qu’ils travaillent auprès de patients à la santé fragilisée. «On demande à la population de se faire vacciner, mais du personnel qui travaille dans le département d’oncologie, auprès de patients vulnérables au plus haut point, ne l’est pas. C’est aberrant. Que tu ne veuilles pas te faire vacciner, c’est tes affaires. Mais tu ne dois pas mettre la vie des autres en danger. Si tu rentres travailler à l’hôpital même si tu n’es pas protégé, tu dois minimalement te faire tester. C’est de la pure logique.»

Le directeur de la Santé publique en Estrie, Dr Alain Poirier s’est dit stupéfait de la situation. « Je suis toujours surpris que des travailleurs dans le réseau de la santé ne soient pas vaccinés. C’est à se demander où est-ce qu’ils ont été formés », a-t-il réagi en point de presse mercredi.

«Je suis fâché, frustré. C’est comme si ma conjointe courait un marathon. Et comme elle était pour franchir la ligne d’arrivée, quelqu’un l’a fait tomber et elle ne peut plus se relever, a illustré M. Laliberté. Tu as travaillé fort, tu es à bout de souffle, et là, on t’empêche d’atteindre ton but. Tout ça parce que des gens ont manqué de jugement.»

De son côté, le CIUSSS tente de rassurer la population. «L’éclosion actuellement en cours dans le service d’hospitalisation d’oncologie de l’Hôpital Fleurimont est sous contrôle et l’ensemble des services d’oncologie est sécuritaire», a mentionné l’organisation par voie de communiqué. Le CIUSSS, souligne-t-on, «encourage tous les membres de sa communauté interne [employés, médecins, gestionnaires, etc.] à se faire vacciner.»

Nouvelles mesures

En point de presse jeudi, le ministre Dubé a déploré la situation à l’hôpital Fleurimont. «Ce que j’ai entendu nous force à creuser», dit-il. De nouvelles mesures seront rapidement mises en place, a-t-il assuré. «Demain matin, une directive va obliger les travailleurs de la santé en oncologie à être vaccinés ou dépistés trois fois par semaine. Si ça ne fonctionne pas, on vous replace ailleurs. Et s’il n’y a pas de place, vous n’êtes plus à l’emploi.»