Du lait ontarien au Saguenay

Le lait offert en godet dans les restaurants McDonald’s de la région provient de l’Ontario.

La multinationale, qui a mis fin à son contrat d’approvisionnement avec Nutrinor il y a plus d’un mois, achète désormais ses produits laitiers de Saputo, son fournisseur national. Une décision qui, rappelons-le, avait suscité une vague de déception au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il s’agissait d’une des seules régions au pays où les succursales pouvaient s’approvisionner auprès des transformateurs locaux. 

À la suite de cette décision, la multinationale a envoyé une lettre à diverses organisations du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour expliquer leur position et garantir que le lait vendu proviendrait d’usines québécoises. 

« Dans les faits, tous les produits laitiers servis chez McDonald’s proviennent de producteurs de lait locaux, mais sont fournis par Saputo Canada, un fournisseur de longue date. Au Québec, le lait provient de producteurs laitiers du Québec et est transformé dans les installations de Saputo de la province », peut-on lire dans la lettre notamment envoyée à la Société des fabricants régionaux et dont Le Quotidien a obtenu copie.

Un détour dans deux restaurants de McDonald’s de la région a permis de constater que le lait offert avec le café est produit dans l’usine Saputo de Georgetown, en Ontario. L’Agence canadienne d’inspection des aliments oblige les entreprises a indiquer le numéro d’usine sur les produits. Dans deux restaurants du Saguenay-Lac-Saint-Jean, situés dans deux villes différentes, les godets affichent le numéro d’usine 1590. 

L’Agence canadienne d’inspection des aliments oblige les entreprises à indiquer le numéro d’usine sur les produits laitiers. Dans deux restaurants du Saguenay-Lac-Saint-Jean, situés dans deux villes différentes, les godets affichent le numéro 1590. Il s’agit d’une usine ontarienne, selon la liste publiée sur le site du gouvernement canadien.

Pour les producteurs du lait du Québec, cette importation de l’Ontario n’a aucun impact sur leur industrie. L’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Québec et l’Ontario ont signé une entente pour partager les revenus de la vente de tout le lait, de même que les coûts de transport.

C’est davantage les conséquences environnementales du transport du lait de l’Ontario vers la région qui préoccupent le milieu agricole. Une décision qui s’inscrit mal dans la démarche de développement durable que McDonald’s publicise.

« Le parcours de McDonald’s du Canada vers l’approvisionnement durable commence par les fournisseurs directs et s’étend à un réseau complexe de fournisseurs indirects qui fournissent les ingrédients de nos produits au menu. Nous sommes conscients de l’importance de l’effet d’une grande chaîne d’approvisionnement mondiale comme la nôtre », écrit la chaîne de restauration rapide sur son site Internet. 

Est-ce que cette façon de s’approvisionner est temporaire ou permanente ? Le Quotidien a tenté d’obtenir plus d’informations sur la provenance du lait, mais McDonald’s n’a pas été en mesure de donner des réponses en fin d’après-midi, vendredi. Aucun porte-parole de Saputo n’a retourné le message laissé sur la ligne média de l’entreprise.

Nutrinor fournissait près de 300 000 litres de lait par année dans les restaurants de la région, un contrat qui a duré plusieurs décennies. Cette relation de proximité, unique à la région, avait été créée à l’initiative des franchisés de la région qui tenaient à offrir du lait d’ici. Tim Hortons a aussi fait le même virage, il y a quelques années, en cessant de s’approvisionner auprès de transformateurs de la région.