Le grand-père de Cédrika Provencher, Henri Provencher, a été horrifié par le sort qu’a subi la fillette de Granby.

Drame de Granby: une responsabilité collective, estime le grand-père de Cédrika

Trois-Rivières — Horrifié et choqué par le triste sort de la petite martyre de Granby, Henri Provencher estime que «toute la société» a une part de responsabilité dans ce drame. Le grand-père de Cédrika Provencher, cette fillette de Trois-Rivières tristement célèbre pour avoir été enlevée puis assassinée, implore nos dirigeants à se préoccuper réellement des enfants.

Dans une lettre envoyée au Nouvelliste, Henri Provencher soutient qu’on a une responsabilité collective dans le décès de la fillette de Granby. «Il semble que plein de gens savaient, mais personne n’agissait. Ce ne sont pas que les parents, la famille, les proches, le voisinage, l’école, la DPJ, les seuls coupables, mais plutôt toute la société», a-t-il écrit dans cette lettre. 

En entrevue, Henri Provencher approfondit sa pensée. «On joue souvent à l’autruche», soutient-il en ajoutant que l’indignation populaire qui a suivi le drame de Granby n’est que temporaire. 

«Tout le monde crie que ça n’a pas de bon sens et il y a un mouvement épouvantable. Eh bien ce mouvement, je suis bien placé pour le savoir, à la longue il s’estompe. Et puis ça recommence au prochain drame. Il faut toujours que quelqu’un paye pour motiver tout le monde.»

La collaboration de tout un chacun est essentielle pour garantir la protection des enfants de notre société, croit Henri Provencher qui se dit aussi «horripilé» par le triste sort de l’enfant de Granby. «Ce n’est pas juste l’affaire de la police ou du gouvernement. C’est l’affaire de tout le monde. Si tu vois un enfant traverser la rue alors qu’une voiture s’en vient et que ses parents ne sont pas là, le minimum que tu dois faire c’est d’aller sauver l’enfant et le ramener», estime l’instigateur de la Fondation Cédrika Provencher qui exhorte en même temps la population à ne pas avoir peur de la DPJ. 

«Quand tu vois de quoi qui n’a pas de bon sens, tu avertis qui de droit. On ne devrait pas avoir peur de la DPJ. L’organisme est là pour protéger les enfants.»

L’expérience a aussi démontré à Henri Provencher qu’il existe des «chasses gardées» en matière de protection de l’enfance qui n’ont pas lieu d’être selon lui. «Ce n’est pas un organisme, la police ou le gouvernement qui sont les responsables. C’est tout le monde», affirme-t-il. 

«Dans l’ère de collaboration où nous sommes rendus, il faut le prouver et il faut être capable de dire si un enfant est en difficulté. Ce n’est pas se mêler des affaires des autres, c’est se mêler des affaires de la société.»

Le grand-père de Cédrika Provencher œuvre depuis 12 ans à la prévention des enlèvements d’enfants. Après toutes ces années, il constate que la protection de la jeunesse est très bureaucratique. «Ce que je trouve épouvantable, c’est que ça devient presque inhumain comme système», soutient Henri Provencher. «On doit traiter les dossiers en humain. C’est toujours compliqué.»

Henri Provencher espère que le gouvernement actuel du Québec prenne les actions nécessaires pour réformer le système afin de mettre véritablement l’enfant au cœur des préoccupations. La prévention devrait aussi être plus considérée dans les stratégies de protection de l’enfance. 

«C’est toujours à recommencer. Tant que ça n’arrive pas, les gens n’agissent pas. Il y a beaucoup de chemin à faire. J’espère qu’on va accepter de travailler tous ensemble et de faire en sorte qu’on ait un milieu qui protège les enfants», affirme le grand-père de Cédrika.