Le nombre de signalements à la DPJ est en hausse de 12 % depuis deux ans.

DPJ Mauricie-Centre-du-Québec: plus de 200 dossiers en attente

Trois-Rivières — Les abus physiques et la négligence subis par des enfants en Mauricie et au Centre-du-Québec sont les deux principales raisons de signalement auprès de la Direction de la protection de la jeunesse qui doit composer avec une hausse du nombre de signalements et un manque de bras pour s’occuper des dossiers, ce qui entraîne du retard dans le traitement de certains d’entre eux. Actuellement, 205 dossiers sont en attente d’être évalués.

Selon des données compilées par la Direction de la protection de la jeunesse et fournies dans son rapport de 2017-2018, 7485 signalements ont été reçus. Quelque 3188 signalements ont été retenus sur l’ensemble des cas soumis. De ce nombre, plus des deux tiers sont reliés à de la négligence et de l’abus physique.

«Nous avons une hausse du nombre de signalements reçus de 12 % depuis deux ans, déclare Geneviève Jauron, porte-parole du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Cette hausse peut s’expliquer par un ensemble de facteurs: un meilleur dépistage, une plus grande sensibilité de la population, une augmentation de la maltraitance et des facteurs de pauvreté et d’isolement.»

Quelque 200 personnes travaillent en protection de la jeunesse. Il en faudrait davantage pour faire face à cette croissance du nombre de signalements et à la complexité des situations vécues par les enfants. Le délai moyen pour évaluer les cas sur la liste d’attente est de 34 jours.

«Les situations sont codées de 1 à 3. Le code 1 est pour un risque imminent immédiat d’un abus sexuel, par exemple. Le code 2 est un risque imminent à court terme. Les situations 1 et 2 sont traitées immédiatement. Le code 3 est, par exemple, un adolescent qui a des troubles sérieux de comportement, mais sans risque imminent envers lui-même et autrui. Les cas de code 3, pour lesquels on sait qu’il y a un filet de sécurité, que les gens peuvent recevoir des services d’intervention de proximité, sont mis en attente», déclare Mme Jauron, tout en reconnaissant qu’un jeune mis en attente est un cas de trop.

Le CIUSSS a adopté en mars dernier une mesure visant à offrir du soutien clinique et de la formation à ses intervenants. Le recrutement et la rétention du personnel sont visés par cette mesure.

3613 enfants pris en charge

De tous les signalements retenus en 2017-2018, 877 concernent des abus physiques, soit 27,5 % de tous les dossiers. La négligence représente 21,3 % des signalements avec 678 dossiers. Si on inclut les 168 dossiers de risque sérieux d’abus physique et les 430 dossiers de risque sérieux de négligence, ces problèmes représentent 67,5 % de tous les signalements.

Sur les 3613 enfants pris en charge par la DJP l’an dernier, 984 ont été impliqués dans des cas de négligence et 782 étaient à risque sérieux d’en être victimes, alors que 364 enfants ont subi un abus physique et 128 étaient reliés à un risque sérieux de subir un tel sévice. Les victimes étaient principalement âgées de 6 à 12 ans (1549 enfants). Quelque 806 enfants avaient 5 ans et moins.

Entre 2017-2018 (3613) et 2016-2017 (3323), la croissance du nombre d’enfants dont la situation a été prise en charge par la DPJ atteint 8,73 %.

Sévères critiques

La DPJ de la Mauricie -Centre-du-Québec a fait l’objet de sévères critiques ces dernières années. Il y a environ six mois, la juge Marie-Josée Ménard estimait que l’organisme de protection de la jeunesse était responsable de l’abandon d’une enfant au sein d’une famille d’accueil toxique et dysfonctionnelle pendant six mois. Il avait écrit dans son jugement que le travail de la DPJ était un «échec lamentable».

Avec la collaboration de Gabriel Delisle