La députée de Sherbrooke, Christine Labrie

DPJ : la tutelle est «peut-être une bonne nouvelle»

La mise sous tutelle de la DPJ de l’Estrie, jeudi, est « peut-être une bonne nouvelle », exprime la députée de Sherbrooke Christine Labrie.

« J’espère que le ministère (de la Santé et des services sociaux) et le gouvernement vont réaliser que l’organisation des services et les conditions de travail posent problème pour offrir le soutien nécessaire aux familles qui ont besoin de la DPJ. Maintenant qu’ils seront eux-mêmes responsables et imputables, peut-être qu’ils comprendront l’ampleur des problèmes et qu’ils seront plus pressés de les régler. »

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Quand elle a appris que la DPJ de l’Estrie avait été mise sous tutelle, Christine Labrie a pris la chose positivement. « Pas parce que je pense que ceux et celles qui y travaillent font mal leur travail. Au contraire, je sais qu’ils font ce qu’ils peuvent avec des ressources limitées. » 

« La mission de la DPJ est de faire respecter les droits des enfants pour assurer leur sécurité et leur développement. On ne peut pas se permettre qu’elle n’ait pas les moyens d’accomplir cette mission dans les délais les plus brefs. »

La journée de la députée avait « commencé raide », en apprenant que des enfants de la région de Granby avaient été victimes d’un autre cas grave de négligence et que leur dossier avait traîné à la DPJ.

« Encore un cas de négligence grave envers des enfants qui a été échappé par la DPJ. Encore en Estrie, lance-t-elle sur Facebook. Déjections de chiens se trouvant partout dans le logement, nourriture moisie laissée dans des assiettes, matelas sales et aucun drap pour dormir, manque de nourriture et presque aucun suivi médical même si les quatre présentent des troubles ou des retards de développement. »

« C’est difficile d’imaginer que des enfants peuvent vivre dans des conditions aussi horribles tout près de chez nous, mais c’est encore plus difficile d’imaginer qu’on les a laissés subir ça aussi longtemps parce qu’on ne fournit pas pour traiter les signalements. On parle d’un délai de cinq mois entre le signalement et le traitement, alors que pourtant il y a eu cinq signalements envers cette famille depuis 2013. »

Peu importe où ça se passe dans la province, la situation est tout aussi préoccupante, mais souligne-t-elle, « il y a de quoi s’inquiéter de voir que c’est encore dans notre région qu’on a échappé des enfants entre les mailles du filet. »

« Les circonstances ont fait que c’est la DPJ de l’Estrie qui a été sous les projecteurs dans la dernière année, ajoute-t-elle. Mais je doute que les situations qui sont vécues ici soient spécifiques à notre région. Je pense qu’il y a des problèmes majeurs ailleurs au Québec aussi. »

Financement en amont

L’une des pistes de solution passe par les services en première ligne donnés par les organismes communautaires selon Christine Labrie.

« La DPJ devrait être le dernier recours, lance-t-elle. C’est une démarche importante à faire. On ne veut pas que les familles se rendent à la DPJ. Ça devrait être exceptionnel. »

Le ministre des Finances Eric Girard déposera le budget 2020-2021 de son gouvernement le 10 mars. Christine Labrie a beaucoup d’attente envers ce budget.

« Je m’attends à ce qu’il y ait des montants significatifs investis pour les organismes communautaires et je m’attends à ce qu’on réfléchisse sérieusement aux conditions de travail dans le réseau de la santé dans le cadre des négociations dans le secteur public. »

« Il faut évidemment donner les ressources nécessaires à la DPJ, mais si on ne travaille pas parallèlement sur la prévention, on va continuer d’avoir une hausse des signalements », résume-t-elle. 

Avec Simon Roberge