Meilleur après est le premier album de Diane Dufresne depuis la sortie d’Effusions, il y a 11 ans. Ce projet lui a donné l’occasion de travailler avec des collaborateurs appartenant à d’autres générations que la sienne, de Moran à Daniel Bélanger, en passant par Jean-Phi Goncalves et Antoine Gratton.

Diane Dufresne, des chansons et des photos

Pas diva pour deux sous, Diane Dufresne affichait la sérénité tranquille de l’artisan, jeudi dernier, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Deux ans après avoir lancé le chantier qui a donné naissance à l’album Meilleur après, disponible à compter de vendredi, la chanteuse était heureuse de constater que cet enregistrement qui ne comprend que des titres originaux, le 14e de sa carrière, ajoute une pierre de plus à l’édifice que constitue son œuvre.

« Tout est tombé à la bonne place. Il y a eu un état de grâce », mentionne l’artiste. Elle fait allusion au nombre élevé de partenaires qui ont apporté leur couleur aux dix compositions, des gens comme Moran et Catherine Major, Jean-Phi Goncalves, Daniel Bélanger, Antoine Gratton, Alexandre Beaupain, et Cyril Mokaiesh, auteur de quatre textes. Le risque de se retrouver avec un ensemble disparate était bien réel.

Or, l’écoute des dix pièces ne laisse voir aucune faute de goût, nulle trace d’incohérence, alors que Diane Dufresne aborde des thèmes qui lui sont chers. L’arche et Aimer ce qui nous tue, par exemple, exprime son désarroi face à ce qu’on fait subir à la planète. « L’écologie, je ne chanterais que ça, confie-t-elle. C’est grave, ce qui se passe. On l’a dit que ça allait arriver et on est en plein dedans. Pour que ça change, il faudra que les politiciens deviennent les premiers héros. »

Une autre question pointe tout naturellement le bout de son nez, par l’entremise des plages Le temps me fait la peau et Mais vivre. Elle fait écho aux 74 ans de l’artiste, qui aborde cette tranche de vie avec lucidité. « Il y a une gravité et une liberté qui vont avec ça. Tu ne reconnais plus ton corps, mais la tête est plus flyée, note Diane Dufresne. Le bagage est là et il n’y a pas de limite. »

En filigrane, bien sûr, il y a l’idée que Meilleur après pourrait être son dernier album. Rien ne permet de le nier ou de le confirmer à ce stade-ci, mais la chanteuse a appliqué le principe de précaution en insérant la pièce Je me noue à vous à la toute fin. Peut-être s’agira-t-il de l’ultime salut adressé à ses fans. Si tel est le cas, elle aura présenté deux facettes de sa personnalité artistique par le truchement des arrangements, puisque d’une plage à l’autre, ils balancent entre modernité et classicisme.

Dans cette perspective, elle a aimé travailler avec des artistes provenant de générations différentes. Ils l’ont aidée à réaliser son vœu, qui consistait à interpréter du nouveau matériel, au lieu de recycler les succès passés. « Tu sais que tu vas rechanter et tu veux faire du nouveau. C’est ça qui m’attirait. Au départ, je prévoyais mettre des blocs de chansons sur Internet. En cours de route, c’est devenu un album », raconte la chanteuse.

Plusieurs de ces titres seront repris dans les concerts qui auront lieu en septembre et novembre 2019, alors qu’elle se produira avec l’Orchestre symphonique de Montréal (10 et 11 septembre), l’Orchestre du Centre national des arts d’Ottawa (4 novembre) et l’Orchestre symphonique de Québec (26 et 27 novembre). Des inédits pourraient également se frayer un chemin dans le programme.

Sur scène ou sur disque, ses fans noteront que les capacités vocales de l’artiste demeurent impressionnantes, sans toutefois emprunter les mêmes chemins que dans les années 1970. Il y a moins d’effets pyrotechniques, ce qui n’a pas érodé son expressivité, bien au contraire. « Ma voix est plus grave, ce qui me permet de créer des notes plus fragiles. J’aime ce que ça donne comme résultat. Je suis contente de ma voix de vieille », lance Diane Dufresne d’un ton enjoué.

Richard Langevin partage la vie de Diane Dufresne depuis les années 1990. Lui-même artiste, ce dont témoignent ses états de service dans le champ des arts visuels, le Saguenéen ne se contente pas de l’épauler quand vient le temps de monter un spectacle ou de produire un album. Il lui arrive aussi de se faire archiviste, comme l’illustre le livre Diane Dufresne - Aujourd’hui, hier et pour toujours.

Cet ouvrage publié par les Éditions Libre Expression brosse le portrait de la femme et de l’artiste, de l’enfance à aujourd’hui. On la voit d’abord en compagnie de ses parents, sur l’une des rares images qui ont subsisté à la suite d’une inondation. Puis, elle apparaît à Paris, au moment où son répertoire empruntait au classicisme de la chanson française. Vint ensuite la revue Les Girls, conçue par Clémence Desrochers. Ce fut le prélude à une métamorphose spectaculaire, amorcée au début des années 1970.

« J’ai voulu montrer son évolution, de la chanteuse de cabaret à la rockeuse, en présentant des photographies qui parlent d’elles-mêmes, a expliqué Richard Langevin lors d’une entrevue accordée au Quotidien. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de bas de vignettes, ni d’étude du personnage. J’avais accumulé de 900 à 1000 images et j’ai gardé ce que je considère comme le « best of ». »

Les sources sont variées. Elles comprennent les boîtes que l’homme déplace depuis une vingtaine d’années à la maison, des archives personnelles auxquelles s’ajoutent les photographies soumises par des collectionneurs et des fans, de même que celles qui ont émergé sur Internet. Elles montrent l’artiste sur scène et dans la sphère privée, mais aussi en studio, notamment lors de la séance consacrée à l’album Striptease.

« Je suis content parce que tout le voyage est là, la qualité aussi. On voit le travail réalisé par de grands photographes comme Pierre Dury, ainsi que des pépites comme cette image très cool captée sur une plage en Californie. En même temps, j’ai voulu illustrer le fait que Diane a chanté avec les plus grands. Elle figure aux côtés de Georges Brassens, Johnny Hallyday, Juliette Gréco », rapporte Richard Langevin.

Sa conjointe a rédigé une préface, sans toutefois s’immiscer dans le processus de sélection. Ce n’est que jeudi dernier qu’elle a examiné le livre pour la première fois et le résultat lui a plu. « Richard a tellement travaillé sur ce livre, qui montre que je ne faisais pas les choses à moitié. Au moment de préparer mes spectacles, j’étais inspirée par des gens comme Janis Joplin et Elton John. J’allais voir des couturiers qui, parfois, m’amenaient plus loin que je l’avais anticipé. Il fallait oser », relate Diane Dufresne.

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SA VIE RACONTRÉE EN PHOTOS

Richard Langevin partage la vie de Diane Dufresne depuis les années 1990. Lui-même artiste, ce dont témoignent ses états de service dans le champ des arts visuels, le Saguenéen ne se contente pas de l’épauler quand vient le temps de monter un spectacle ou de produire un album. Il lui arrive aussi de se faire archiviste, comme l’illustre le livre Diane Dufresne — Aujourd’hui, hier et pour toujours.

Cet ouvrage publié par les Éditions Libre Expression brosse le portrait de la femme et de l’artiste, de l’enfance à aujourd’hui. On la voit d’abord en compagnie de ses parents, sur l’une des rares images qui ont subsisté à la suite d’une inondation. Puis, elle apparaît à Paris, au moment où son répertoire empruntait au classicisme de la chanson française. Vint ensuite la revue Les Girls, conçue par Clémence Desrochers. Ce fut le prélude à une métamorphose spectaculaire, amorcée au début des années 1970.

« J’ai voulu montrer son évolution, de la chanteuse de cabaret à la rockeuse, en présentant des photographies qui parlent d’elles-mêmes, a expliqué Richard Langevin lors d’une entrevue accordée au Quotidien. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de bas de vignettes ni d’étude du personnage. J’avais accumulé de 900 à 1000 images et j’ai gardé ce que je considère comme le “best of”. »

Les sources sont variées. Elles comprennent les boîtes que l’homme déplace depuis une vingtaine d’années à la maison, des archives personnelles auxquelles s’ajoutent les photographies soumises par des collectionneurs et des fans, de même que celles qui ont émergé sur Internet. Elles montrent l’artiste sur scène et dans la sphère privée, mais aussi en studio, notamment lors de la séance consacrée à l’album Striptease.

« Je suis content parce que tout le voyage est là, la qualité aussi. On voit le travail réalisé par de grands photographes comme Pierre Dury, ainsi que des pépites comme cette image très cool captée sur une plage en Californie. En même temps, j’ai voulu illustrer le fait que Diane a chanté avec les plus grands. Elle figure aux côtés de Georges Brassens, Johnny Hallyday, Juliette Gréco », rapporte Richard Langevin.

Sa conjointe a rédigé une préface, sans toutefois s’immiscer dans le processus de sélection. Ce n’est que jeudi dernier qu’elle a examiné le livre pour la première fois et le résultat lui a plu. « Richard a tellement travaillé sur ce livre, qui montre que je ne faisais pas les choses à moitié. Au moment de préparer mes spectacles, j’étais inspirée par des gens comme Janis Joplin et Elton John. J’allais voir des couturiers qui, parfois, m’amenaient plus loin que je l’avais anticipé. Il fallait oser », relate Diane Dufresne.