Les parents de Raphaëlle ont remis, touchés, un chèque de 4 355 $ à la Fondation Justin-Lefebvre. La maman de Justin, Marie-Pier Savaria, pose avec eux.

Des dons qui sauvent de petites vies

SHERBROOKE — Il est difficile de parler de dons d’organes. Lorsque ce sont des organes d’enfants qui sont en cause, le sujet devient encore plus tabou. Quand la petite Raphaëlle est décédée il y a un peu plus de deux mois à l’âge de quatre ans, ses parents, Catherine Gosselin-L’Heureux et Maxime Lapointe Bélair, l’ont rapidement appris à leurs dépens. Somme toute, la fillette a pu sauver quatre petites vies en perdant la sienne.

Et c’est pour sensibiliser les gens à signer la carte de don d’organes que les parents de Raphaëlle se sont mobilisés et ont amassé un peu plus de 4000 $ pour la Fondation Justin-Lefebvre, qui promeut le don d’organes et qui aide les enfants à s’équiper pour pratiquer leur sport préféré. La Fondation aide également les parents en situation de pauvreté à acheter le matériel scolaire de leur enfant. 

Raphaëlle et Justin ont beaucoup de points en commun : ils ont sauvé chacun quatre vies en acceptant de donner leurs organes. « Il y a beaucoup de similitudes. Ç’a commencé avec le don d’organes. La Fondation fait la promotion du don d’organes et aide les jeunes. [...] Ce n’est pas un choix facile. Il n’y a pas beaucoup de jeunes enfants qui décèdent jeunes et qui acceptent de faire le don. C’est très important », commente la maman de la fillette, émotive. 

« De plus, la Fondation aide les jeunes défavorisés à faire du sport, renchérit le papa de Raphaëlle. Ma gang et moi, on vient d’un secteur qui n’est pas le mieux nanti de Sherbrooke. De voir un organisme avoir un impact dans notre région, c’est important. On le voit et on le sait. »

Le support des amis et de la famille a un grand impact sur ce couple. « Le groupe d’amis a des enfants qui ont pratiquement tous le même âge. Plusieurs se connaissent depuis le secondaire. On s’est connus en faisant des mauvais coups et là, on a des enfants. Qu’un membre de notre groupe perde un enfant, c’est venu nous toucher solidement », décrit M. Lapointe Bélair.

L’un des amis de la famille a alors décidé d’encourager plus concrètement la cause du petit Justin. L’objectif de départ de 1000 $ a largement été dépassé. « Ce sont les amis qui ont géré ça. Nous, on suit la vague, car notre énergie est ailleurs. Ils se sont occupés de tout », affirme-t-il, visiblement touché. 

Support et entraide

La maman de Justin Lefebvre, Marie-Pier Savaria, affirme avoir trouvé des amis en Catherine Gosselin-L’Heureux et Maxime Lapointe Bélair. Comme quoi dans toute tragédie, un peu de positif ressurgit : des vies sont sauvées et de nouvelles amitiés sont créées. « Nous avions été approchés par l’hôpital pour aller rencontrer le couple pendant que leur fille était en fin de vie, un peu pour les guider. Ç’a été toute une rencontre, autant émouvant que bénéfique, pour eux et pour nous. Ils sont devenus de réels amis et se sont mis à suivre notre fondation. Ils ont décidé d’amasser des sous en l’honneur de leur petite, remis à la Fondation », dit-elle, ajoutant que l’argent du tournoi s’ajoutera aux sous donnés en l’honneur de Raphaëlle.

« Je tenais à être là pour la remise du chèque de ce gentil couple, continue-t-elle. Je suis toujours impressionnée. Ça va faire deux ans en juin que Justin est décédé et chaque événement, de voir les gens qui mettent la main à la pâte, qui investissent leur temps, leur fin de semaine, ça me touche énormément. Je me dis qu’au travers de tout, on parle encore de Justin. C’est une grande fierté. Il n’est plus là, il ne grandit plus physiquement, mais il est maintenant plus grand que grand », commente-t-elle.

Tournoi de hockey

La Fondation Justin-Lefebvre a organisé pour la première fois un tournoi de hockey pour adultes. Quelque 34 équipes d’un peu partout au Québec se sont inscrites. « Sylvain Donahue réfléchissait à cela depuis quelques années. Il ne savait pas à quelle fondation donner ces fonds. Comme c’est un événement sportif, il voulait que ça ait un lien. Le hasard a fait qu’on s’est rencontrés. À la suite de discussions, ça a cliqué. L’accès au sport et le fait de redonner aux enfants moins nantis, c’était en plein dans le mille. On n’a pas tout le mérite par rapport à ce beau week-end, il y a tout un comité », résume la maman de Justin.